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La France va-t-elle arrêter de consentir des cadeaux sociaux aux seniors ?

Rédigé le 31 mai 2016 par | Indices, sociétés et marchés, Parole aux patrons, Toutes les analyses Imprimer

Selon La Tribune, un rapport du Conseil d’analyse économique (CAE) cosigné par Pierre Cahuc, Jean-Olivier Hairault et Corinne Prost suggère d’aligner la durée de l’assurance chômage des séniors sur celle des moins de 50 ans, soit de la réduire de trois à deux ans maximum.

Selon le CAE, la France doit arrêter de consentir des cadeaux sociaux aux seniors !

Ces 3 ans d’indemnisations constitueraient une incitation pour les 55/59 et plus encore pour les 55/64 à quitter le monde du travail.

La France souffre effectivement d’un taux d’emploi des seniors inférieur de 10 points à la moyenne de l’OCDE. Il s’agit encore d’une illusion statistique liée au faible taux de personnes encore salariées dans la  tranche des 60/64 ans (25%) alors qu’il est de 68% pour les 55/59 ans (un chiffre en progression de +12 points en 15 ans).

Autrement dit, non seulement, les 3 ans dont bénéficient les séniors ne les incitent pas à s’installer dans une confortable inactivité (avec une chute de -45% des revenus dans le meilleur des cas, il devient souvent impossible de payer son loyer et de mener une existence décente, surtout s’il faut aider les enfants à payer leurs études) et si les cotisants de la tranche 55/59 font jouer l’assurance chômage, c’est rarement un choix, mais le résultat d’un écrémage des effectifs dans les entreprises visant à se débarrasser des gros salaires pour leur substituer des jeunes beaucoup moins bien payés.

Les auteurs du projet savent-ils ce qui se passe dans le monde réel de 2016 ?

Le FMI vient de publier une étude qui évoque l’incapacité à retrouver un emploi en France pour 90% des personnes licenciées : comme dans toute moyenne, il y a la règle des 80/20 et ce sont les 20% de nouveaux chômeurs les plus âgés qui ont pratiquement 100% de risques de rester sur le carreau.

Il devient donc urgent aux yeux des experts du CAE de leur infliger une réduction d’1 an de leur assurance chômage afin de leur apprendre à ne pas vivre aux crochets de la société (surtout après 60 ans où les chances d’atteindre une retraite à taux plein s’effondrent depuis 15 ans)… sachant que les « sociétés » (les entreprises) ne veulent plus d’eux.

Salauds de vieux !

Grâce à la BCE, leur épargne ne leur rapporte plus rien ?

Bien fait pour eux !

Et pendant ce temps là, la Suisse réfléchit à l’instauration d’un revenu universel ad vitam de 2 600 francs suisses (environ 2 340 €… soit 2 fois le montant d’une retraite moyenne en France).

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Philippe Béchade
Philippe Béchade
Rédacteur en Chef de la lettre Pitbull

 

Philippe Béchade rédige depuis 15 ans des chroniques macro-économiques et boursières ainsi que de nombreux essais financiers.

Intervenant régulier sur BFM Business depuis mai 1995, il est arbitragiste de formation, analyse technique et fut en France l’un des tout premiers traders et formateur sur les marchés à terme. Rédacteur et analyste contrarien pour la Bourse au Quotidien, vous trouverez son fil de news en temps réel sur cette page ou sur Twitter 

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