La fin de “l’american nightmare” ?!

Rédigé le 4 novembre 2008 par | Apprendre la Bourse Imprimer

« Il n’y a pas de chute de l’Amérique pour la simple raison que l’Amérique n’a jamais été innocente. Il est impossible de perdre ce qu’on n’a jamais possédé » écrivait, avec sarcasme et autodérision, James Ellroy. Certes, ça pourrait paraître un avis sévère mais il me semble que c’est un avis assez pertinent.

A l’heure où nous rédigeons ces lignes, et malgré les sondages, nous ne pouvons pas savoir de façon catégorique qui de McCain ou d’Obama siègera à la Maison Blanche à la rentrée 2009. Quoi qu’il en soit, ce résultat dans l’économie américaine et internationale n’aura pas, selon nous, un impact suffisamment divergent pour devoir en tenir compte dans une analyse technique.

En effet, la manne financière a pris de telles ampleurs ces derniers temps que nous devons faire fi des conventions et autres consensus. Après un été en pente raide, c’est une rentrée parsemée d’événements majeurs qui a envahi la planète Bourse mondiale et nous sommes entrés en récession.

Fin de la déroute : l’Europe suivra…

La question est plutôt de savoir si, comme à l’accoutumée, les Etats-Unis repartiront avec un train d’avance sur leurs voisins européens ou si, pour une fois, la machine sera inversée.

Au regard de la conjoncture, et en comparant les graphiques des deux régions, je dirai que la règle ne trouvera pas encore ici l’exception qui pourrait la confirmer et je donne à nos cousins d’Amérique une coutumière petite avance.

Il manque encore une vague de baisse sur le S&P500

Regardez le graphique du S&P500.

S&P 500

Depuis octobre 2007, les cours ont perdu plus de 40% de leur valeur et ce de façon vertigineuse et sans appel. Et ça ne devrait pas être terminé ! Je tiens ici à m’expliquer sur deux angles principaux.

D’abord, d’un point de vue fondamental : en effet, il existe en ce moment un véritable fossé entre l’euphorie actuelle sur les marchés et les réalités des nouvelles en provenance des entreprises, qui relèvent d’un pessimisme en total désaccord avec le rebond actuel. Je plaide à nouveau pour le feu de paille.

Ensuite, d’un point de vue technique : un décompte elliottiste nous montre très clairement qu’il manque au moins une vague de baisse (vague manquante sur l’ensemble des indices boursiers mondiaux au demeurant) au sein de la chute actuelle, ce qui remettrait en cause l’hypothèse du rebond-retournement initié depuis le 10 octobre dernier.

Un large canal horizontal

En observant l’évolution du graphique depuis le sommet de mars 2000, nous pouvons aisément tracer un large canal de consolidation horizontal. Ce canal serait ainsi en train de dessiner une grande phase de consolidation en trois temps traditionnels que nous avons noté A, B et C sur le graphique ci-dessus (avec la vague A qui a pris fin en octobre 2002 et la vague B en octobre 2007). Or, pour confirmer la thèse dudit canal, il faudrait que la vague C puisse se prolonger pour atteindre la zone des 800pts avant d’envisager le scénario du fameux rebond.

Nous viserons alors les objectifs situés sur les 1.135 puis jusqu’à 1.310pts en extension. En revanche, la nette cassure des 800pts conduirait tout droit au prochain support situé sur les 630pts !

Que devrait-il donc se passer ?

Tant que les 1.135pts ne sont pas dépassés, j’attends donc une nouvelle phase de baisse avec un objectif majeur sur la fameuse zone des 800pts, qui correspond donc à la borne inférieur du large canal horizontal. Le test de cette zone sera alors véritablement déterminant pour la suite des événements.

En effet, le net passage sous ce niveau induirait une poursuite irrémédiable de la déroute jusqu’au prochain objectif de projection situé sur le seuil des 630pts. A contrario, si le palier parvient à contenir les pressions vendeuses, il y aura fort à parier sur un rebond majeur très significatif, voire même un retournement, et un retour à la tendance haussière (tant attendu !).

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marc-dagher
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