La FED reste patiente ; faites la même chose !

Rédigé le 20 mars 2015 par | Matières Premières Imprimer

Janet Yellen a enfin retiré le mot « patient » de son communiqué. Depuis le début de la semaine, les marchés n’avaient d’yeux que pour ces 7 lettres. Et comme souvent, l’attente était tellement énorme, qu’il ne s’est pas passé grand-chose.

Je vois vos grands yeux. Si, il s’est passé quelque chose ! Le billet vert a fortement reculé, certains n’hésitant pas à parler de mini flash-krach. L’euro passait en quelques minutes de 1.0600 à 1.10, alors que les marchés interprétaient l’annonce comme dovish. C’est-à-dire accommodante.

Dès lors, les algorithmes (Philippe Béchade vous en parlait hier) se sont mis à générer des ordres en rafale arbitrant en faveur d’un repli du billet vert. Qui dit politique accommodante, dit devise faible et abondance de liquidités sur les investissements risqués expliquant par là même, la hausse fulgurante du S&P500.

hausse SP500 Fed

Seulement voilà : la baisse du dollar a été aussi rapide que passagère !

Dès jeudi matin, l’euro revenait sur ses niveaux ante-FOMC, effaçant en quelques heures la hausse de la veille :

euro-dollar et fed

Où va le dollar ?

Très bonne question.

La meilleure chose à faire est de tenter de trouver des signes de faiblesse à la tendance.
Pour cela nous avons plusieurs outils à notre disposition.

1. L’indice de force relative 

Regardons tout d’abord l’indice de force relative à long et à moyen-termes. Ces deux graphiques nous montrent un dollar US (en rouge) toujours très fort. Si à moyen-terme (graph1), la devise semble marquer un temps d’arrêt, à long-terme, elle reste, de loin, la plus solide. (graph2)

INDICE DE FORCE RELATIVE DES DEVISES, MOYEN TERME

indice force relative dollar

INDICE DE FORCE RELATIVE DES DEVISES, LONG TERME 

force relative des devises

 

2. La divergence des politiques monétaires 

D’un point de vue fondamental la politique monétaire est bien sûr le catalyseur majeur du marché des changes.

La FED est une des seules banques des pays développés à retourner dans un cycle de resserrement monétaire. Aussi, le potentiel d’appréciation du dollar reste assez conséquent. Même des devises à taux forts comme le dollar australien ou néo-zélandais voient leur banque centrale devenir de plus en plus accommodante dans leur discours.

Face à l’euro, l’écart est abyssal et l’EURUSD pourrait devenir une véritable paire de carry-trading d’ici quelques mois. Alors que faire ? 

Alors que faire ?

Le dollar est un véritable poids lourd lancé à toute vitesse. Avez-vous envie de vous mettre en face en espérant une panne d’essence avant de vous faire renverser ? Certainement pas.

Tant qu’il n’y aura pas de changements probants dans la psychologie du marché qui voit la FED retourner à une politique monétaire « normalisée », le dollar devrait avoir de beaux jours devant lui.

Bien sûr, cela n’écarte pas de potentiels rebonds à court-terme, mais la tendance de fond est là, et elle, elle n’est pas près de s’éclipser !

Bon week-end.

Mots clé : - - - -

Jérôme Reviller
Jérôme Reviller

Passionné de finance et autodidacte, Jérôme Revillier dirige aujourd’hui une société de gestion spécialisée sur le marché des changes. Il collabore avec des investisseurs particuliers avertis, des institutionnels ou encore des hedge funds cherchant de la performance absolue.

Vous pouvez croiser Jérôme sur des salons comme Actionaria, le salon du Trading ou le salon de l’Analyse Technique – il parcourt aussi la France, la Suisse et la Belgique pour rencontrer les investisseurs et leur faire partager son approche bien particulière des marchés.

Laissez un commentaire