La Fed prise au piège

Rédigé le 12 avril 2012 par | Matières Premières Imprimer

L’euro en route vers 1,26$

Je crois avoir été clair dès la semaine dernière, quand mon article titrait « Je vends l’euro, un point c’est tout« . Dès mardi 3 avril, au soir, la devise dévissait de 1,3350 à 1,31$.

La faute à Ben Bernanke qui a, pour le moment, écarté un nouveau plan d’assouplissement monétaire, le fameux QE3.

Des analystes aveuglés…

Et nous n’avons pas eu à attendre longtemps les réactions d’analystes aveuglés :

« Les marchés avaient besoin d’une pause, elle est saine »

« Les fondamentaux restent bons, nous sommes sur des points d’entrée »

Mais la palme revient à :

« La décision de la Fed repose sur un constat positif, la croissance est là et solide »

Il n’y a vraiment qu’un analyste, cherchant à justifier ses récentes erreurs, qui peut sortir un truc pareil.

La Fed prise au piège

J’ai une toute autre interprétation de la décision de la Fed.

Oui, la Fed a choisi le prétexte d’un retour potentiel de la croissance pour mettre à l’écart de nouveaux assouplissements. C’est le moins que l’on pouvait attendre d’une rhétorique plus politique qu’économique. En réalité la Fed n’a pas le choix.

Les pressions inflationnistes générées par les liquidités abondantes de la Fed ont directement alimenté cette inflation. Les investisseurs, peu confiants, se sont rués sur les matières premières et ont fait grimper les prix.

Et alors que la BCE se lance, elle-aussi, dans un programme d’assouplissement déguisé, il était presque impossible à la Fed de justifier, pour l’instant, une telle intervention à quelques mois d’une élection.

Retour de la croissance… molle !

Mais reconnaissez que c’est plus consensuel de justifier ses actes avec un retour de croissance, aussi faible soit-il. Mais cette croissance, elle est où ?

Regardons les quelques chiffres publiés cette semaine aux Etats-Unis :
– dépenses de construction en baisse de 1,1% ;
– commandes industrielles à 1,3%, contre 1,5% attendu ;
– ISM non manufacturier à 56 contre 57,3 attendu le mois dernier ;
– déclarations hebdomadaires d’inscription au chômage : 357 000, au-delà des attentes ;
– et vendredi dernier des créations d’emploi près de 50% en-dessous des attentes !

De son coté, l’Europe n’est pas en reste

– Chômage à 8,8% en Italie.
– Commandes industrielles allemandes décevantes à 0,3%.
– Ventes de détails en baisse de 0,1%.
– Indice PMI des services 49,6, en-dessous du seuil d’expansion.
– Production industrielle allemande en baisse 1,3%.

Et je ne parle pas de la balance commerciale de la France qui se creuse inexorablement.

Je ne vois pas très bien dans ces chiffres où est la croissance qui peut sauver le monde, ni même ce qui justifierait un gain de près de 30% sur les marchés actions. C’est encore moins explicable si on rapproche ce gain des chiffres du crédit que j’évoquais la semaine dernière.

L’étau (et non pas les taux) se resserre

Les banques utilisent les liquidités pour peaufiner des bilans calamiteux et pour monétiser la dette d’état. Le financement de l’économie réelle attendra.

Toutefois, les banques espagnoles semblent à bout de souffle. La dernière adjudication espagnole a tourné au fiasco, avec des taux en nette hausse.

La France a encore fait illusion sans rassurer et voit ses taux se tendre. L’explication est simple, les banques françaises ont encore un peu de liquidités de la BCE à investir.

La monétisation de la dette française tient encore la route, mais plus pour longtemps.

Euro ou dollar ? Peste ou choléra ?

Le prix de l’eurodollar reflète, ni plus ni moins, qu’une bataille entre la peste et le choléra.

D’un côté une croissance faible (voire truquée) financée par une dette abyssale.

De l’autre, des mesures d’austérité louables mais dans une zone économique incohérente où les intérêts de chaque membre sont de plus en plus divergents.

Bref, le choix se résume à la vitesse où vous voulez aller dans le mur. A ce jeu-là, il semblerait que les Etats-Unis parviennent à gagner du temps…

EURUSD : direction 1,26$

Graphique: EURUSD

La vitesse de la baisse de l’euro traduit parfaitement le sentiment global sur la devise européenne qui peine à regagner la confiance.

Le potentiel de baisse me semble élevé désormais avec un premier retour sur 1,2650/1,26 en cas de cassure des 1,3025.

Première parution dans L’Edito Matières Premières le 06/04/2012.

_____________________Pour vous aider dans vos trades______________________

J’EN AI MARRE !!!

J’en ai ASSEZ d’entendre parler des déficits de la zone euro… de la monnaie papier contre l’or… des Triple A ou Triple Z… des problèmes des PIIGS… et autres théories économiques ENNUYEUSES sur lesquelles vous n’avez AUCUN contrôle.

La vérité, c’est que si vous voulez faire des gains dans les marchés actuels, rien de tout ça n’a d’importance !

Il suffit d’aller chercher les opportunités ailleurs : je vais vous montrer comment…

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Jérôme Reviller
Jérôme Reviller

Passionné de finance et autodidacte, Jérôme Revillier dirige aujourd’hui une société de gestion spécialisée sur le marché des changes. Il collabore avec des investisseurs particuliers avertis, des institutionnels ou encore des hedge funds cherchant de la performance absolue.

Vous pouvez croiser Jérôme sur des salons comme Actionaria, le salon du Trading ou le salon de l’Analyse Technique – il parcourt aussi la France, la Suisse et la Belgique pour rencontrer les investisseurs et leur faire partager son approche bien particulière des marchés.

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