La dette US : 1 Mds$ par contribuable. Prouvez-moi le contraire !

Rédigé le 27 février 2014 par | Autres indices, Matières Premières Imprimer

Prouvez-moi que j’ai tort et empochez le million !

Je vous propose un pari : si vous parvenez à prouver que j’ai tort, je vous paie un million d’euros. Voici le fait à réfuter : le plafond à l’endettement de l’État fédéral américain s’élève, à la rédaction du présent texte, à plus d’un milliard de dollars par contribuable US. Alors, vous pariez avec moi ? Si vous prouvez que j’ai tort, ça peut vous rapporter gros…

Quelle sera la réaction de l’investisseur lambda ? Il ira sur Internet pour voir ce que disent les « médias de référence ». Je cite LesEchos.fr : « États unis : la Chambre approuve le relèvement du plafond de la dette » ; L’Express : « États-Unis : crise évitée sur le plafond de la dette jusqu’à 2015 » ; Le Temps (je suis citoyen helvétique, après tout) : « Trêve sur le plafond de la dette aux États-Unis ».

Donc tout le monde est d’accord : tout problème lié au plafond de la dette américaine ne concernera pas l’année 2014, pour l’instant il s’agit d’un non-événement. Dormez, braves investisseurs, les « médias de référence », qui ne vous veulent évidemment que du bien, vous le disent de la manière la plus limpide possible.

D’accord, me direz-vous, mais alors à combien s’élève maintenant ce plafond, puisque voilà désormais l’enjeu de notre pari ? Je vous répondrais bien, mais vous n’allez pas me croire…

Pourquoi ? Parce que ma version diffère légèrement des titres lénifiants de ces médias « de référence » – dont un nouveau titre fait faillite périodiquement, on se demande pourquoi.

Mais d’abord, en quoi est-ce important ?

270214_USdebtEn 2011, l’ancien secrétaire du Trésor des États-Unis (donc l’ex-ministre des Finances, si vous préférez) Larry Summers, pressenti comme successeur de Ben Bernanke à la tête de la Fed, avait expliqué que les conséquences d’une absence de relèvement du plafond de la dette pourraient provoquer une panique au moins aussi sévère que celle de 2008.

Nous voilà donc avertis : tout problème lié à cet endettement maximum de l’Oncle Sam met en péril le système bancaire et financier mondial, rien que ça. D’ailleurs Tim Geithner, également ex-ministre des Finances US, avait parlé de « conséquences économiques catastrophiques qui dureraient plusieurs dizaines d’années ». Mazette, heureusement que le problème est écarté…

Bon, maintenant que nous voilà avertis, quelle est la vraie réponse à ce problème épineux ? Citons Wikipédia : « après avoir trouvé un soutien insuffisant pour le relèvement du plafond de la dette, la Chambre a adopté un projet de loi suspendant le plafond de la dette sans condition jusqu’au 15 mars 2015. Le Sénat a adopté le projet de loi sans amendement le 12 février 2014 et il a été signé par le président le 15 février ».

Par conséquent, il n’y a plus, pour l’instant, de plafond ; le gouvernement fédéral américain peut s’endetter à l’infini. Il peut imprimer suffisamment de billets de 100 dollars pour faire mille fois le tour de la galaxie si ça lui chante ; par conséquent vous n’arriverez pas à prouver que le plafond n’est pas supérieur à un milliard de dollars par contribuable yankee, et ne gagnerez pas le million ; désolé pour vous…

Même si cela n’a d’importance que pour ceux qui aiment rigoler, ayez maintenant l’amabilité de répondre à la question suivante : avez-vous l’impression que les « médias de référence » vous ont bien expliqué la situation, avec leurs gros titres rassurants ? Je crois qu’on se comprend, vous et moi.

Pour ceux qui piquaient un roupillon en classe de mathématiques, au cours de leurs jeunes années, je rappelle le principe suivant : infini divisé par 300 millions de personnes (le nombre d’habitants aux USA), cela donne infini. Infini divisé par 7 milliards d’individus donne aussi le même résultat : infini.

Il n’y a pas de plafond, donc la dette potentielle est infinie ; divisé par le nombre de contribuables, cela donne un endettement infini de chacun de ces pigeons de contribuables dirigés par des ânes de politicards, eux-mêmes contrôlés par des chacals de l’hyperclasse…

Le GAO américain, c’est l’équivalent de la Cour des comptes en France ; son ancien patron, David Walker, estime la dette réelle totale des USA à 70 000 milliards de dollars à fin 2012. Or l’intérêt moyen officiel est à l’heure actuelle de 2,5%, ce qui nous donne 1 750 milliards de dollars par an, aussi longtemps que les taux demeurent bas.

Maintenant une projection : puisqu’entre 2008 et 2012 la dette a progressé de plus de 13% par an, on atteindra à ce rythme les 745 836 milliards en 2031, ce qui fera une charge d’intérêts de 18 646 milliards d’intérêts, pour autant que les taux demeurent bas ; et 18 646 milliards, c’est davantage que le PIB actuel du pays, qui peine à progresser.

Vous imaginez : votre salaire est de 100 000 euros par an et les intérêts à payer sur votre dette représentent 111 492 euros par année… Vous faites comment ? Vous empruntez davantage, bien sûr ! Mais n’ayez pas peur : l’Express l’a bien dit (et les autres aussi) : la crise a été évitée, donc tout va très bien, Madame la Marquise.

Si vous choisissez de ne pas croire à la version lénifiante, dont le seul défaut est d’être sans lien avec les faits, il est possible que vous preniez peur ; or la peur, c’est une partie de votre cerveau qui vous dit qu’il faudrait peut-être faire attention… Et si vous faites partie de ceux qui ont compris la situation, réjouissez-vous : c’est un peu comme si vous étiez à la place de Noé, seul sur terre à savoir la date et l’heure précise du prochain déluge.

Certes, vous auriez préféré le beau temps ; néanmoins tout déluge, en finance, permet aux gens bien informés de passer l’épaule. L’importance des gains dépend d’une seule chose : combien de pigeons y a-t-il pour avaler la thèse officielle, et combien de personnes rationnelles connaissent-elles au contraire la vérité ? S’il y a un pigeon pour dix personnes sérieuses, les gains sont proches de zéro ; s’il y a des centaines de millions de pigeons pour une poignée de gens qui ont les pieds sur terre, les profits sont fabuleux et les risques relativement faibles.

C’est ce genre de choses, ainsi que les solutions pratiques y relatives, que nous aborderons au cours du Sommet 2014, qui réunira les investisseurs décidés de se mettre à l’abri une fois pour toutes, avec garantie de performance à la clé ; en d’autres termes, le premier événement lié à l’investissement dont les participants ne peuvent pas ressortir perdants. Avec comme corollaire que vous n’en entendrez pas parler dans les « médias de référence »… Si vous voulez nous rejoindre…

Marc Mayor

Fondateur

Inside ALPHA

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Marc Mayor
Marc Mayor

Marc Mayor est le fondateur et président d’Inside ALPHA, une entreprise helvétique spécialiste des approches financières éliminant le risque de marché (investissements dits « ‘neutres au marché »). Depuis plus de 10 ans, Marc analyse avec humour et sagacité le comportement des initiés de la Bourse, notamment dans les colonnes de sa rubrique hebdomadaire « Le Coin des Insiders », qui paraît chaque vendredi dans le quotidien financier L’Agefi (Suisse).

Auteur à succès, il préside aussi un cycle régulier de conférences réunissant des investisseurs, tant professionnels que privés, notamment sur le thème des métaux (de base ou précieux) et de l’énergie (fossile, nucléaire ou renouvelable).

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