La débandade du secteur pétrolier

Rédigé le 16 décembre 2014 par | Big caps, Matières Premières Imprimer

2014 restera dans les annales comme une année extrêmement difficile pour le secteur parapétrolier. Le WTI a en effet chuté de 47% depuis le mois de juin 2014. C’est est un énorme coup porté au secteur parapétrolier.

chute WTI

Le secteur dans son ensemble souffre bien plus que les grosses majors pétroliers car on arrive au point où de nombreux projets sont soit remis en cause, soit annulés. Dites-vous bien qu’extraire du pétrole vendu à 55 $ le baril n’est plus rentable pour tout un pan du secteur. Par exemple, dans le Dakota ou en Louisiane, l’extraction de baril peut coûter jusqu’à 70 $, ce qui veut dire qu’à l’heure actuelle les groupes pétroliers travaillent à perte. On estime également que de 5% à 15% de la production de pétrole de schiste pourraient disparaître dès le début de l’an prochain si les cours du pétrole ne remontent pas (mon collègue Philippe Béchade vous en a parlé dès début décembre).

Les grosses majors sont-elles à l’abri ? Certes, elles n’en sont pas au point de devoir arrêter leurs investissements parce qu’elles ne peuvent pas en supporter les coûts ; certes, elles ne sont pas encore mises en danger par la chute du baril. Mais… elles commencent à peser chaque chose et risquent de réduire leurs investissements pour pouvoir continuer de verser de copieux dividendes à leurs actionnaires et soutenir ainsi leur cours de Bourse ! D’ores et déjà, le brésilien Petrobras a annoncé un net recul de sa production en eaux profondes. Et l’on évoque chez Chevron ou encore Repsol des reports de projets, tout simplement pour ne pas dégrader leur rentabilité.

Très franchement, je me suis longuement penché sur les prévisions des experts du secteur réalisés début 2014. Ils se sont lourdement trompés. La plupart d’entre eux voyaient le cours du baril osciller entre 86 à 125 $ en fin d’année… Encore une fois, les prévisions sur le pétrole ou sur le marché des changes sont un exercice hasardeux : de trop nombreux éléments exogènes au secteur déterminent l’évolution du cours du pétrole.

Que faut-il attendre dans le secteur pétrolier ?

A mon avis, il va y avoir de nombreuses consolidations. Les sociétés vont se rapprocher pour générer des économies d’échelle issues – comme la plus récente aux Etats-Unis entre Halliburton et Baker Hugues mais les synergies sont en général longues à se mettre en place. Et comme le secteur est très capitalistique, « 1+1 » met du temps à faire 2 !

Est-ce la raison pour laquelle Technip (FR0000131708) a renoncé à racheter CGG (FR0000120164) ? Les actionnaires de Technip voyaient d’un mauvais oeil la fusion, peu créatrice de valeurs à leurs yeux. Du coup, CGG a perdu plus de 30% en séance…

Mais même si Technip est la star incontestable du secteur, la valeur abandonne quand même plus de 33% depuis le 1er janvier. Vallourec (FR0000120354), retombe également à ses plus bas niveaux depuis… mais 2005 !

 Et d’une manière générale, les résultats de 2014 vont être mauvais…

Bourbon (FR0004548873), spécialisé dans les prestations de services maritimes, notamment les prestations de services pétroliers offshore réussit l’exploit de ne perdre que 5% depuis le début de l’année, et se maintient très sérieusement.

Heurtey Petrochem (FR0010343186), le spécialiste dans les prestations d’ingénierie, de construction ou encore d’installation de fours d’hydrocarbure, perd plus de 26% et revient sur ses niveaux d’il y a 2 ans. Pour tout vous avouer, je connais très bien le management de cette société qui pèse en Bourse 121 M€. C’est un très beau dossier avec notamment un carnet de commandes 508 M€ au 30 septembre, mais tout laisse supposer que la fin d’année a été beaucoup plus difficile pour l’entreprise… comme pour toutes celles du secteur, comme le montre l’indice global le DJ Oil & Gas.

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Eric Lewin
Eric Lewin
Rédacteur en Chef de La lettre PEA et Mes valeurs de Croissance

Journaliste pour BFM Business et dans d’autres médias… conseiller pour un fonds Small Caps chez CFD Asset Management… responsable de la salle de marché chez EuroLand Finance… consultant pour dirigeants d’entreprise…

Le parcours professionnel d’Eric Lewin est tout simplement remarquable – et représente un atout considérable pour vos investissements : un carnet d’adresses rempli, l’expérience de la réalité des publications de résultats, de la manière dont les « insiders » et les institutionnels fonctionnent…

Cette expérience multi-facettes lui permet de lire entre les lignes des marchés – et de révéler aux lecteurs de La lettre PEA des conseils de tout premier ordre pour se constituer un PEA alliant solidité… et économies d’impôts !

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