« La consolidation des actions, c’est l’occasion à ne pas rater ». Si, si, promis !

Rédigé le 15 mai 2015 par | Cac 40, Matières Premières, Toutes les analyses Imprimer

King Permabull et son grand orchestre a rebranché les amplis et nous ressert son tube favori : « la consolidation des actions, c’est l’occasion à ne pas rater ».

Mais non voyons ! La hausse des taux n’est pas un souci : 0,33% ou 0,93%, cela reste  historiquement très bas… et puis, les niveaux affichés en début de semaine (1% sur les OAT, 0,75% sur les Bunds) ne correspondent pas à un ajustement normal des cours puisque la BCE va continuer d’injecter, encore et encore, cet été. (Je vous conseille sur le sujet l’analyse de mon confrère Gilles Leclerc).

On vous JU-RE : le repli du CAC40 vers 4.900 points, c’est une des rares chances de sauter dans le train pendant qu’il ralentit ! Mais vite, vite ! Les gérants n’ont pas l’intention d’arbitrer en faveur des produits obligataires, il faut s’empresser de pro-fi-ter de cours « pas chers ».

Autrement dit – vous connaissez les paroles – comme des liquidités viennent de déserter les dettes souveraines et qu’il n’y a pas d’alternative aux actions, il est NOR-MAL que le CAC40 rebondisse !

Logique, non ?

Mais le pourra-t-il longtemps avec des taux longs à 1% sur les OAT et 2,25% sur les T-Bonds US ?

Le dernier rapport de l’AIE dont j’ai déjà un peu parlé aurait dû convaincre les opérateurs de ne pas persévérer dans un scenario haussier sur le pétrole… mais le bougre ne lâche rien, ni à Londres ni à New York !

Voilà un comportement qui a de quoi aiguiser notre curiosité – voire susciter du scepticisme, vous nous connaissez.

L’or noir n’a pas de raisons fondamentales de s’apprécier, d’autant que le cycle saisonnier n’est pas favorable… Mais nous ne décelons pas de signe de faiblesse avec une poursuite des achats entre 61 et 62 $ sur le NYMEX.

Se pourrait-il… se pourrait-il que des investisseurs commencent à diversifier leur patrimoine ?

Après tout, une fois acheté une sculpture de Giacometti à 110 M$ puis un Picasso à 179 M$, se mettre de côté quelques barils de pétrole à 60 $, ce n’est pas payer un prix de folie… et puis, ce n’est pas un produit périssable comme les céréales ou le café.

En ce qui concerne le CAC40, l’orchestre King Permabull monte le son à mesure que les heures avancent, mais les volumes ne suivent pas. C’est un élément technique dont il faut tenir le plus grand compte (à peine 2,5 Mds€ échangés hier, mercredi, à une heure de la clôture contre 3,6 Mds€ à la baisse la veille à la même heure).

Dans ces conditions, une nouvelle cassure des 4.940Pts préfigurerait une rechute vers le gap des 4.766Pts du 17 février.

Attention cependant à la séance de jeudi où tous les pièges sont possibles : avec l’étroitesse des volumes, un « grand nettoyage » des stops à la baisse comme à la hausse reste un scénario vraisemblable.

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Philippe Béchade
Philippe Béchade
Rédacteur en Chef de la Bourse au quotidien

 

Philippe Béchade rédige depuis 15 ans des chroniques macro-économiques et boursières ainsi que de nombreux essais financiers.

Intervenant régulier sur BFM Business depuis mai 1995, il est arbitragiste de formation, analyse technique et fut en France l’un des tout premiers traders et formateur sur les marchés à terme. Rédacteur et analyste contrarien pour la Bourse au Quotidien, vous trouverez son fil de news en temps réel sur cette page ou sur Twitter

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