La Chine, une hausse aux forceps

Rédigé le 22 octobre 2012 par | Autres indices Imprimer

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Les opérateurs les attendaient fébrilement, les chiffres de la croissance chinoise sont tombés, jeudi dernier. Ils sont, comme par hasard, strictement conformes aux prévisions avec un score de +7,4% et une production industrielle en hausse de +9,2%.

C’est un effort volontariste et pleinement assumé qui permet d’éviter le développement d’un chômage de masse. Malgré tout, la Chine n’est plus en mesure d’absorber les flux de jeunes diplômés rentrant sur le marché du travail.

Malgré un sursaut de 14,2% des ventes de détail (en rythme annuel) au mois de septembre — un petit miracle qui laisse beaucoup d’économistes sceptiques –, le pays affiche des surcapacités de production vertigineuses, ce qui entraîne l’explosion du taux de faillite des PME chinoises dépendantes des exportations. Car si les exportations avaient rebondi de 9% en août, se pose la question des débouchés : exporter vers où ? Ce ne sont certainement pas l’Europe ni les Etats-Unis qui ont permis ce rebond de leurs commandes le mois dernier. Il y a donc la zone Asie-Pacifique, l’Australie, très importantes comme partenaires de la Chine.

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On se souvient des déclarations du Premier ministre Wen Jiabao, au milieu de l’été, pour le quotidien officiel Chine Nouvelle : « le rebond économique n’est pas stable et les difficultés pourraient continuer pendant un moment ». Depuis, le gouvernement est pratiquement muet sur les perspectives du pays et se préoccupe surtout de maintenir la stabilité intérieure en plaçant la mandature du prochain premier Secrétaire du Parti sous le signe de la « croissance harmonieuse ».Comprenez : la réduction du grand écart entre l’ultra-richesse et le niveau de vie des populations rurales ou des grandes banlieues des métropoles industrielles.

Pour mieux se rendre compte du ralentissement qui affecte la Chine depuis maintenant sept trimestres, regardons du côté de Singapour. La cité-Etat constitue un baromètre avancé de la conjoncture économique à Hong Kong, Shanghai et Shenzhen. Or Singapour affiche depuis six mois un PIB en chute libre : il a même baissé de 1,1% au deuxième trimestre 2012 !

Mais nous pouvons considérer que, contrairement aux places occidentales — dont la bonne tenue constitue un enjeu politique qui justifie toutes les manipulations pour maintenir les indices boursiers en lévitation –, les places chinoises présentent toutes les caractéristiques d’un « marché d’initiés ». Comprenez-moi bien : il ne s’agit pas d’une appréciation péjorative. Cela signifie que la valorisation des entreprises coïncide avec leurs perspectives réelles et non celles que certains Occidentaux imaginent (parce qu’elles servent leurs scénarios de découplage et de rôle moteur de la Chine).

Il n’en sera pas ainsi éternellement.

Un jour ou l’autre, les algorithmes, le trading quantique et la fausse monnaie des banques centrales occidentales pénètreront directement au coeur de la Bourse de Shanghai. Pour l’heure, Shanghai demeure un baromètre fiable d’une réalité économique locale enjolivée par des statistiques officielles hédonistes.

Le pire semble alors avoir été pricé car Pékin ne tolérera pas que la conjoncture économique se dégrade davantage et soutiendra l’activité quoi qu’il en coûte. Les gesticulations militaro-nationaliste au sujet d’îles dont la souveraineté est disputée au Japon sont un bel ersatz de protectionnisme, une manière déguisée d’infliger des barrières non douanière aux produits nippons et de soutenir son outil industriel… Et ça fonctionne !

Il vous sera dur aujourd’hui de jouer le rebond technique du SSE car il s’est amorcé il y a trois semaines maintenant (le 26 septembre) avec le retracement du niveau symbolique des 2 000 points.

Graphique du SSE
Pour agrandir le graphique, cliquez dessus

Pas de précipitation cependant car si un plancher semble avoir été testé, à court terme le rebond est épuisé.

Et à moyen terme, vous pouvez voir sur ce graphique hebdo qu’il y a un fort support sur les 1 790 points.

Graphique du SSEà moyen terme
Pour agrandir le graphique, cliquez dessus

Donc pour l’instant pour jouer un scénario haussier, attendez que la hausse soit franchement validée avec le franchissement de la résistance des 2 140 points (qui coïncide avec la MM100), ce qui ouvrirait un potentiel jusqu’aux 2 230 puis 2 253 points…

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Philippe Béchade
Philippe Béchade
Rédacteur en Chef de la Bourse au quotidien

 

Philippe Béchade rédige depuis 15 ans des chroniques macro-économiques et boursières ainsi que de nombreux essais financiers.

Intervenant régulier sur BFM Business depuis mai 1995, il est arbitragiste de formation, analyse technique et fut en France l’un des tout premiers traders et formateur sur les marchés à terme. Rédacteur et analyste contrarien pour la Bourse au Quotidien, vous trouverez son fil de news en temps réel sur cette page ou sur Twitter

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