La Chine ne veut plus financer le monde

Rédigé le 16 février 2012 par | Apprendre la Bourse Imprimer

Alerte à la disparition ! Le dernier prêteur de la planète vient de se volatiliser. Après avoir essoré leurs citoyens, les pays développés étaient tout heureux de pouvoir s’endetter auprès de la Chine : Pékin recyclait la dette publique américaine et européenne, et tout le monde était content.

Sauf que la fête est finie. Les réserves de change de la Chine reculent, tout comme les réserves en dollars des banques centrales déposées auprès de la Fed. Cette dernière, n’ayant plus personne pour la financer, ne pourra qu’imprimer encore davantage de monnaie.

« Voilà, c’est fini », comme dirait Jean-Louis Aubert
Pour la première fois en dix ans, les réserves de change de la Banque populaire de Chine ont reculé fin 2011. De 21 milliards de dollars par rapport au troisième trimestre, alors qu’elles avaient augmenté de 4 milliards entre le deuxième et le troisième trimestre. Certes, le pays détient toujours près de 3 200 milliards de dollars d’obligations souveraines US et de dollars… Mais ce renversement de tendance n’est pas anodin, il s’accompagne d’un ensemble de données inquiétantes pour l’économie chinoise.

Au cours de la première semaine de janvier, en Chine, les ventes de postes de télévision ont reculé de 20% par rapport à 2011 et les transactions immobilières portant sur des biens neufs de 42% ; les prix de la pierre ont reculé de 18% dans sept villes importantes. L’an dernier, les ventes de voitures ont ralenti par rapport aux années précédentes, avec 3% de croissance seulement. Moralité : les autorités chinoises se préparent à un atterrissage brutal et ne veulent plus financer le reste du monde.

La dette américaine n’inspire plus confiance
Cette volonté se voit également dans le compte de dépôt de la Réserve fédérale américaine. C’est là que des institutions officielles étrangères – les banques centrales – conservent leurs obligations souveraines américaines et les titres de dettes émis par des agences publiques US comme Fannie Mae et Freddie Mac, les rois de l’immobilier.

Après avoir progressé de manière plus rapide depuis 2002, les montants concernés ont cessé d’augmenter en septembre, reculant même par moment. Comme souvent, un graphique sera plus parlant.

Graphique: La dette US n'inspire plus confiance
Pour agrandir le graphique, cliquez dessus

Qu’est-ce que cela signifie ?
Dans le détail, on voit que le volume de titres des agences publiques est pratiquement stable depuis début 2009. Cela signifie que l’érosion du compte de dépôt de la Fed est surtout le fait des dépôts des banques centrales étrangères. La Banque populaire chinoise n’est pas le seul acteur utilisant ce compte, mais l’un des principaux. De là à en déduire qu’elle a retiré des billes…

Cela poserait évidemment un problème considérable aux Etats-Unis, dont le déficit public se creuse bon an mal an de 1 000 à 1 500 milliards de dollars par année. Près de la moitié de ce stock de dettes est détenue par des investisseurs étrangers.

De chaque côté de l’Atlantique, les Etats auront des besoins de refinancement colossaux en 2012. Les prêteurs de dernier ressort devenant plus réticents à prêter à Washington, quelle solution reste-t-il au gouvernement Obama ? Faire tourner la planche à billets, évidemment. Dès que la vélocité de l’argent aura cessé de s’effondrer, cela signifiera une forte inflation. A nous de savoir en profiter…

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Marc Mayor
Marc Mayor

Marc Mayor est le fondateur et président d’Inside ALPHA, une entreprise helvétique spécialiste des approches financières éliminant le risque de marché (investissements dits « ‘neutres au marché »). Depuis plus de 10 ans, Marc analyse avec humour et sagacité le comportement des initiés de la Bourse, notamment dans les colonnes de sa rubrique hebdomadaire « Le Coin des Insiders », qui paraît chaque vendredi dans le quotidien financier L’Agefi (Suisse).

Auteur à succès, il préside aussi un cycle régulier de conférences réunissant des investisseurs, tant professionnels que privés, notamment sur le thème des métaux (de base ou précieux) et de l’énergie (fossile, nucléaire ou renouvelable).

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