La Chine annonce son intention de répliquer aux nouvelles menaces commerciales de Donald Trump

Rédigé le 3 août 2018 par | Taux & Devises, yuan Imprimer

Opposition de gants de boxe aux couleurs des drapeaux des Etats-Unis et de la Chine, les bras recouverts de containers de commerce internationalIl fallait s’y attendre ! N’étant pas du genre à tendre l’autre joue, la Chine, lasse des foucades d’un Donald Trump qui ne la lâche plus d’une semelle, vient de faire part de son intention de répondre à la menace récente des États-Unis de relever de 10 à 25% les droits de douane sur 200 Mds$ d’importations.

Aussi passionnant qu’anxiogène, le sujet de la guerre commerciale entre Washington et Pékin a déjà suscité de nombreux articles dans ces colonnes. Il faut dire que c’est un véritable feuilleton qui s’écrit depuis plusieurs mois, avec pour acteur principal un Oncle Sam excessif au moins sur la forme et bien décidé à cantonner l’Empire du Milieu à un rôle secondaire… ou plus modestement à amener une réforme de l’OMC qui servirait davantage ses intérêts fondamentaux.

Il va sans dire que la Chine ne l’entend pas de cette oreille. Face aux pressions américaines, le pays le plus peuplé du monde s’est en effet dit disposé à adopter à son tour de nouveaux droits de douane sur des importations de biens américains pour 60 Mds$.

La riposte ne serait donc pas proportionnée, contrairement à ce qui s’est passé il y a quelques semaines, quand Pékin a répondu aux surtaxes douanières sur 34 Mds$ de produits chinois par des surtaxes d’un même montant sur des importations américaines. Ce montant est néanmoins suffisamment significatif pour espérer frapper de plein fouet des pans entiers de l’économie des États-Unis… et nous devrions pouvoir compter sur le gouvernement chinois pour cibler tout particulièrement les États du Midwest, grands pourvoyeurs de suffrages pour un Donald Trump qui ne peut se passer de leur soutien en vue des élections de mi-mandat.

Pékin ne ferme pas (pour autant) la porte au dialogue

Même si le message de fond est pour le moins limpide, le ministère chinois du Commerce a officiellement opté pour une rhétorique conciliante et une tonalité qui ne donne pas le sentiment que la porte est fermée à double tour. « La Chine est persuadée que le dialogue, sur la base du respect mutuel, de l’égalité et des bénéfices communs, est une manière efficace de résoudre nos différends commerciaux », a-t-il ainsi écrit dans un communiqué, tout en estimant que « toute menace ou tout chantage unilatéral ne fera qu’exacerber les différends et nuire aux intérêts de toutes les parties », c’est-à-dire peu ou prou, soit écrit en passant, la position du FMI.

Bien décidé à ne pas avoir le mauvais rôle et à tenter de garder la face auprès de la communauté internationale, l’Empire du Milieu a surtout précisé que les représailles précitées sont « (suspendues) aux actions des États-Unis ».

En attendant, le déficit commercial américain s’est sensiblement creusé en juin, sur fond de dépréciation du yuan face au dollar (un phénomène qui découle directement du vif regain de tensions entre les deux premières puissances économiques du globe), ressortant à 46,3 Mds$ contre 43,2 Mds$ le mois précédent. La partie n’est donc pas forcément bien engagée pour Donald Trump, comme je le soutiens depuis un certain temps…

Le NFP capte toute l’attention, mais c’est le commerce extérieur américain qui devrait inquiéter Wall Street

Guillaume Duhamel
Guillaume Duhamel

Guillaume Duhamel suit l’actualité boursière au quotidien depuis plus de 5 ans. Historien diplômé de l’Université de Paris IV-Sorbonne et journaliste de formation, passé également par le sport et le développement durable, il voue un intérêt particulier aux small et midcaps, ainsi qu’aux secteurs de l’énergie et de l’aéronautique

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