La Bourse : quel impact sur votre pouvoir d’achat ?

Rédigé le 4 novembre 2008 par | Big caps Imprimer

Depuis 20 ans, la performance moyenne du CAC40 au mois d’octobre est de +2,85% (et le mois de novembre est statistiquement, toujours, le troisième meilleur mois de l’année). Cette année, la performance sur les neuf premiers mois est de -15,6%. Déprimant, mais normal : nous sommes en année de krach, d’explosion de bulle(s), de crises financière et économique.

Statistiquement, les neuf premiers mois donnent l’orientation de l’année. Mieux : la performance annuelle du CAC40 = performance des neuf premiers mois + 7,2%.

Ce qui nous donnerait donc, théoriquement, du -37,8% + 7,2% = -30,64%. Pas glorieux comme bilan de fin d’année. Mais à mon avis, cette fois-ci, ce sera pire.

Car ajouter 7,2% aux neuf premiers mois suppose que le dernier trimestre soit à la hausse – ce qui, statistiquement, arrive dans 84% des cas… sauf quand la conjoncture économique est morose… pour ne pas dire mauvaise : 1991, 1994, 1997 et 2000.

Or vous le savez, le mois d’octobre a été calamiteux. Ce ne sont pas les cinq séances de hausse qui nous réconfortent pour l’instant sur novembre. Il nous reste donc théoriquement deux mois pour gagner ces 7,2% statistiques. Et nous doutons fort y arriver. Nous allons avoir les débouclages de quelques 5 à 6.000 milliards de dollars de CDS (seulement 200 ont été débouclés dernièrement !) ; nous sommes en récession et il est fort à parier que la bonne humeur ne soit ni dans la tête des ménages, ni dans celle des industriels ou investisseurs.

A ce propos, tordons le cou à ce qui est peut-être une idée reçue. On vous a toujours dit que « la Bourse était le meilleur investissement à faire sur le long terme ». Qu’à horizon de huit ans, vous ne pouviez pas être perdant. Le corollaire étant qu’investir en Bourse est censé améliorer votre pouvoir d’achat, logiquement. Sauf que, évidemment, cela dépend de quels huit ans on parle.

J’ai regardé à nouveau l’évolution du pouvoir d’achat d’un investissement boursier, corrigé de l’inflation. Eh bien… le miracle boursier est à relativiser, cher trader.

Si vous aviez investi 100 euros dans le SBF250 en 1900, vous vous retrouveriez en 2008 avec vos 100 euros de départ. Pas de pertes, mais pas de gains. Corrigé de l’inflation, ce n’est déjà pas si mal. Sauf qu’au bout de 108 ans, vous risquez de ne pas profiter beaucoup de votre « maintien » de pouvoir d’achat.

Resserrons un peu notre horizon. Les meilleures années pour investir auraient été 1950 et 1980 : en investissant 100 euros ces années, vous auriez aujourd’hui respectivement 855 euros et 595 euros (performance toujours corrigée de l’inflation). C’est largement mieux. A cette période, la Bourse a réellement été un investissement efficace qui a maintenu votre pouvoir d’achat, et l’a largement augmenté. Mais qui en a réellement profité jusqu’au bout ? Qui a investi durant 58 et 28 ans ? Cela nous semble bien improbable.

Resserrons donc encore notre horizon aux années 2000 puisque l’engouement des particuliers pour la bourse a éclaté dans ces années-là… Et que l’on nous dit que l’horizon d’investissement idéal est de sept à huit ans.

Eh bien, j’ai l’honneur de vous annoncer que non seulement l’indice SBF250 a chuté de 43% en huit ans, donc que vos 100 euros seraient devenus 57 euros. Mais qu’en plus, avec l’inflation qui a été de 17,6% durant cette période, ils seraient devenus 40 euros. Quelle rentabilité !! Donnez 100 au marché, huit ans après, il vous en rend 40.

Mais ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit. J’ai pris sciemment cette période critique : des années 2000 à 2008, et en postulant que vous investissez de manière statique sur un indice.

Ce qui n’est pas censé arriver, vous êtes d’accord. Vous êtes censé être réactif, vous adapter au marché. Surtout en ces temps mouvementés. J’insiste depuis quelques temps sur le fait que vous devez absolument être mobile. En ce moment, ce sont nos stratégies de court terme qui performent le mieux. Evidemment, quand vous avez une telle volatilité sur les marchés, vous ne pouvez pas restez scotché sur un investissement de longues semaines, ou de longs mois. Surtout quand la tendance est baissière !

Donc, je résume : oui, sur de très longues périodes d’expansion, la Bourse est sans doute le meilleur moyen d’augmenter votre capital et votre pouvoir d’achat. Mais dès que l’on entre dans des périodes un peu plus courtes, difficiles et complexes sur le plan économique… le risque est grand de perdre de l’argent. Sauf à calquer votre stratégie sur le marché : il est agressif, sans pitié ? Soyez agressif et sans pitié avec lui. Car, encore une fois, la meilleure des défenses, c’est l’attaque !

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Nathalie Boneil
Nathalie Boneil
Directrice de la rédaction aux Publications Agora

Nathalie Boneil est Directrice de la rédaction aux Publications Agora. Elle a travaillé dans l’univers de la Bourse plus de 4 ans – mais c’est depuis toute petite que son grand-père lui parle des marchés et de l’investissement. Aujourd’hui, elle travaille avec nos rédacteurs et analystes sur les marchés actions pour qu’ils vous proposent les meilleurs services, les meilleures idées d’investissements, de manière la plus simple et la plus profitable qui soit pour vous.

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