La Bourse et la Vie, Ou petite digression poétique pour une fable des temps modernes…

Rédigé le 17 février 2009 par | Autres indices Imprimer

Qui a dit que les chiffres n’appréciaient pas les mots ? De les en dissuader, je décide aujourd’hui Car de les en convaincre, je relève le défi Et je viens mettre à mal la mère de tous ces maux

Il est certes audacieux de prétendre que la Bourse Se plaît à mélanger la forme avec le fond Et que l’investisseur qui cherche à faire moisson S’attarde en rhétorique en plein coeur de sa course

Pourtant, je me révolte et je m’inscris en faux Contre ces préjugés ô combien ridicules Moi aussi je refuse qu’on me change une virgule Et j’aime à réunir le CAC et Cyrano

Depuis bien des années je me berce de graphes Ils sont ma discipline et ma matière première Ce n’est pas pour autant que lorsque je les gère J’en oublie de soigner toujours mon orthographe

Pourquoi ne pas alors oser une digression ? Et faire rimer « support » sans aucune résistance Avec « niveau record », du temps que les mots dansent Qui pourrait bien se plaindre d’une telle excursion ?

Quoi ? J’en vois des perplexes, je sens des doutes encore Il y en a parmi vous qui semblent tel saint Thomas Qu’importe, je comprends, et ça ne m’effraie pas Voici, en un exemple, de quoi plaire aux retors

Ci-dessous j’ai nommé « Bulletin d’information » Sur notre CAC 40, mais en alexandrins N’en déplaise à quiconque, brigands ou malandrins Qui se poseraient toujours mille et une questions

« Dans un marché tranquille, avec peu de volumes L’indice parisien en cette mi-février Entre nord ou bien sud semble encore hésiter Faisant peur aux manants qui y laisseraient des plumes

Et ce nouveau rebond, datant de trois semaines Marque, comme ses confrères qui l’avaient précédé Quelques signes de faiblesse et quelque temps d’arrêt Rappelant l’hypothèse d’une hausse incertaine

Gap GBP/JPY

Concernant les niveaux, voici ce que j’en pense : Il faudrait, vers le haut, à notre cher indice Dépasser nettement les trois-mil-soixante-dix Pour valider alors une reprise de confiance

Et ce seront alors les trois-mil-deux-cent-trente Qui marqueront le pas avant l’ultime barrage Sur les trois-mil-cinq-cent, là haut dans les nuages Juste au-delà desquels s’inverserait la pente

Tandis que, vers le bas, la barrière à franchir Reste, pour le moment, sur les deux-mil-neuf-cents Et c’est sous ce niveau que sans tâtonnements Il faudra, pour le CAC, craindre à nouveau le pire !

Et, quand je dis le pire, vous l’aurez deviné Je parle de la chute vers mes fameuses cibles Entre deux-mil-quatre-cents et deux-mil-cent-trente pile Qui garde mes faveurs depuis l’été dernier« 

J’espère avoir ainsi pu apporter ma pierre A l’édifice glorieux d’un trésor non coté Je parle, évidemment, de cette langue adorée Qu’est la langue française dont on peut être fiers !

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marc-dagher
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