KEYRUS : +266% en deux ans. Quel potentiel de progression reste-t-il ?

Rédigé le 3 mai 2011 par | Mid et Small Caps Imprimer

La société KEYRUS (FR0004029411 – KEY) est l’une des spécialistes françaises de la business intelligence. C’est-à-dire qu’elle accompagne les entreprises dans la définition, la mise en oeuvre et l’amélioration continue de leurs solutions de gestion de la performance. La société a réalisé l’an dernier un chiffre d’affaires (CA) de 119,7 millions d’euros, en croissance organique*, tirée essentiellement par les activités grands comptes. Sa rentabilité a explosé avec une hausse de 80% de son résultat net à 2,7 millions d’euros avec une progression de 53% de son résultat opérationnel à 4,6 millions d’euros.

La capitalisation boursière du groupe est de 31 millions d’euros et le titre a pris, tenez-vous bien, 266% depuis deux ans. Y a-t-il encore un potentiel de progression boursière ?

Graphique de Keyrus

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Pour faire le point sur les perspectives et les prochains objectifs de la société, j’ai donc pris rendez-vous avec Eric Cohen et je me suis rendu dans les bureaux, à Levallois-Perret.

Eric Lewin (EL) : 2010 a été une année de forte hausse de votre rentabilité avec +80% de votre résultat net. Allez-vous être capable de reproduire une telle amélioration en 2011 ?

Eric Cohen (EC) : A ce stade, le marché reste dynamique et nous pouvons envisager une croissance organique supérieure au marché tirée par nos activités grands comptes et notre positionnement de spécialiste.

Nous poursuivons également nos investissements en matière d’innovation et de nouvelles offres à forte valeur ajoutée combinant l’ensemble de nos savoir-faire métiers et technologiques.

Notre ambition s’inscrit sur le moyen terme avec une amélioration progressive de notre rentabilité et l’émergence d’une marque forte du conseil et des technologies au service du pilotage et de l’efficacité et des organisations. Il est toutefois difficile à ce stade de l’année de faire plus de prévisions mais nous sommes dans un bon trend. Si les conditions restent favorables, nous pourrions dépasser les 130 millions d’euros de CA cette année.

EL : Votre situation financière s’est nettement améliorée avec une trésorerie nette de dettes ramenée à 0,8 million d’euros. Allez-vous vous relancer dans une politique de croissance externe ? Ya t-il des cibles déjà identifiées?

EC : Une stratégie de croissance externe est clairement à l’ordre du jour. C’est ainsi que nous prévoyons des acquisitions dans notre segment middle market pour accroître nos bases clients et pour rechercher des compléments géographiques et compétences produits. Nous avons également identifié des cibles qui viendront renforcer nos positions en France ou à l’international dans nos activités de conseil ou de technologies business intelligence. L’objectif étant de pouvoir déployer rapidement les savoir-faire de ces cibles acquises sur l’ensemble de nos clients en France et à l’étranger. Vous comprendrez aisément que je ne peux pas vous donner des noms par souci de confidentialité.

EL : Vous venez de créer Keyrus Management. Qu’attendez-vous de cette structure ? Qu’espérez-vous en termes de rentabilité et de chiffre d’affaires?

EC : Cette structure nous permet de positionner la marque KEYRUS encore plus en amont dans les organisations de nos clients, d’attirer les meilleurs professionnels pour délivrer une offre de conseil spécifiquement destinée à traiter les problématiques des organisations du XXIe siècle et tirer parti des grandes forces du groupe KEYRUS en matière de valorisation des données.

Notre première étape sera d’atteindre à moyen terme les 10 millions d’euros avec une rentabilité supérieure à 10%. Cette activité apportera donc une contribution largement positive à notre groupe.

Mon avis sur KEYRUS…

Le discours d’Eric Cohen est très langue de bois, et j’en suis un peu déçu.

Il faut dire que le P-DG a été échaudé par les mauvais résultats de 2007 et surtout de 2008 où la perte nette avait atteint 3,6 millions d’euros. A cette époque, les prévisions étaient sans doute trop optimistes et c’est pour cela que le P-DG se montre ultra-prudent — ce que je regrette évidemment.

La seule prévision intéressante concerne son estimation du chiffre d’affaires de l’année qui pourrait dépasser les 130 millions d’euros. C’est bien maigre et cela peut vous laisser sur votre faim, d’autant que les réponses sont assez évasives. Mais je me devais de vous rapporter fidèlement cette conversation pour que vous puissiez juger de l’extrême prudence du dirigeant. Donc au final, quel est mon sentiment ?

Au niveau boursier, il me semble qu’il ne faut pas regarder seulement la progression de 266% depuis deux ans mais bien la chute de 65,6% en cinq ans. A cette époque, l’action tutoyait les 6 euros contre 1,83 actuellement.

Ensuite, voici quelques prévisions que je viens de faire en travaillant sur le dossier. Je pars d’un CA de 130 millions d’euros sur l’année et j’applique une rentabilité légèrement supérieure à celle de 2010 — ce qui est largement jouable car l’apport de Keyrus Management, même marginal, entraînera une amélioration des comptes. En partant donc d’une rentabilité opérationnelle de 3,8% (contre 3,5% en 2010) et d’une rentabilité nette de 2,5% (contre 2,2% en 2010), on obtient un résultat opérationnel de 4,9 millions d’euros et un résultat net de 3,2 millions d’euros.

Si l’on se base sur ses prévisions, l’action se paye à peine 10 fois ses résultats 2011 — et vous l’avez vu, je suis assez conservateur dans mes prévisions. Je pense donc que le titre devrait continuer sa progression.

Par contre, n’espérez pas d’opération financière sur le groupe pour l’instant. J’ai longuement évoqué ce sujet avec Eric Cohen, actionnaire à hauteur de plus de 58%. A 45 ans, il est fermement décidé à rester à la barre de son groupe et n’envisage absolument pas de se retirer. Il est bien trop jeune pour cela.

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* Décryptage : CROISSANCE ORGANIQUELa croissance organique désigne la progression du chiffre d’affaires d’une entreprise résultant soit d’une augmentation de ses ventes en volume et/ou en prix, soit d’une augmentation de ses parts de marché ou de son implantation sur de nouveaux marchés.

 

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Eric Lewin
Eric Lewin
Rédacteur en Chef de La lettre PEA et Mes valeurs de Croissance

Journaliste pour BFM Business et dans d’autres médias… conseiller pour un fonds Small Caps chez CFD Asset Management… responsable de la salle de marché chez EuroLand Finance… consultant pour dirigeants d’entreprise…

Le parcours professionnel d’Eric Lewin est tout simplement remarquable – et représente un atout considérable pour vos investissements : un carnet d’adresses rempli, l’expérience de la réalité des publications de résultats, de la manière dont les « insiders » et les institutionnels fonctionnent…

Cette expérience multi-facettes lui permet de lire entre les lignes des marchés – et de révéler aux lecteurs de La lettre PEA des conseils de tout premier ordre pour se constituer un PEA alliant solidité… et économies d’impôts !

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