Italie – Les jeunes italiens fuient le Titanic de dettes transalpine

Rédigé le 21 juillet 2017 par | BCE, Europe, Statistiques et données macro, Toutes les analyses Imprimer

« L’Italie va mieux » se plaisent à répéter médias ainsi qu’experts des hautes instances bruxelloises et de la BCE.

Même si c’est faux et que la prévision d’une hausse +1,3% du PIB en 2017 est exagérément optimiste, il faut ancrer dans les esprits le concept d’une « trajectoire positive », parce que le pays est financièrement au bord du gouffre.

Avec 20 000Mds€ de dette à refinancer autour de 2,25% quand la France, pour un même montant de 20 000Mds€ ne débourse plus de 0,50%, l’Italie va droit dans le mur… surtout avec un taux de créances douteuses supérieur à 12%. A seulement 6% de taux de défaut, le château de cartes des « subprime » s’est effondré.

Même en excluant le risque systémique inhérent aux 250Mds€ de créances pourries, un  coût de l’argent de 2,25% quand la croissance atteint péniblement +0,8% (à fin 2016), cela signifie un gonflement mécanique de +1% au minimum de la dette supplémentaire chaque année.

Cette situation serait supportable si les recettes fiscales augmentaient, grâce notamment à un marché de l’emploi dynamique. Or c’est tout l’inverse qui se perpétue depuis la crise. En effet, l’Italie affiche un taux de chômage officiel supérieur à 11%. Comptez le double pour approcher de la réalité sur le terrain. De plus, le taux atteint – toujours officiellement- est de 37% chez les 15-24 ans. Autrement dit, nous ne sommes pas loin de 50% en pratique. Cependant beaucoup de jeunes touchent des revenus « au noir » et ne sont donc pas totalement sans ressources, comme au Portugal, en Espagne ou en Grèce.

Sans espoir de trouver un emploi, les jeunes diplômés italiens s’expatrient en masse, à un rythme de 40 000 par an chez les 18/34 ans.

En regard de la population globale, cela représente un taux à peine supérieur à ce qui a cours en France, en Belgique ou aux Pays Bas. Il est normal pour un jeune en « mastère » de passer 1 ou 2 ans à l’étranger. Mais les jeunes italiens eux, ne reviennent pas au pays !

Alors le gouvernement à inventé une disposition fiscale sensée encourager les « revenants »: une exonération d’impôt à hauteur de 50% des revenus sur une période de 5 ans.

Encore faut-il gagner assez d’argent pour être imposable, car depuis 2009, les salaires italiens à l’embauche pour les jeunes -y compris diplômés- diminuent inexorablement. Au reste, il faut en plus bénéficier de solides « pistons » pour se faire une place au soleil !

 

 

 

Philippe Béchade
Philippe Béchade
Rédacteur en Chef de la Bourse au quotidien

 

Philippe Béchade rédige depuis 15 ans des chroniques macro-économiques et boursières ainsi que de nombreux essais financiers.

Intervenant régulier sur BFM Business depuis mai 1995, il est arbitragiste de formation, analyse technique et fut en France l’un des tout premiers traders et formateur sur les marchés à terme. Rédacteur et analyste contrarien pour la Bourse au Quotidien, vous trouverez son fil de news en temps réel sur cette page ou sur Twitter

Un commentaire pour “Italie – Les jeunes italiens fuient le Titanic de dettes transalpine”

  1. 20 000 Mds, c’est la dette publique US. Heureusement.

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