Jérusalem reconnue capitale d’Israël par Trump : Wall Street ne s’en soucie pas

Rédigé le 7 décembre 2017 par | Toutes les analyses Imprimer

Un coup de mou dans la dernière ligne droite, à 6 séances de la dernière séance des 4 sorcières de l’année (vendredi 15 décembre). Avouez que cela tombe plutôt mal.

Le Dow Jones et le S&P500 viennent d’aligner une quatrième séance de stagnation. Pourtant tout semblait bien parti en début de semaine, avec une pluie de records absolus. Et puis… les premiers arbitrages sectoriels sont apparus. Ils ont ainsi pénalisé les GAFA et les semi-conducteurs, au profit des bancaires et de la distribution. Mais sur ce secteur gare au « rebond de chat mort ».

Le S&P500 a fini mercredi soir en repli de -0,01%, à 2 629,3 points (contre 2 629,6 la veille). L’indice reflète ainsi le parfait équilibre entre les valeurs « matures » (que les opérateurs redécouvrent) et les « technos » (que même Goldman Sachs juge un peu chères). Nous assistions donc à une simple séance de transition, bien banale, peu volatile (0,3% d’écart en intraday). Et surtout dépourvue de catalyseurs macro-économiques et géopolitiques.

Comment imaginer un seul instant, en contemplant ce marché aussi réactif qu’un flan au caramel, que cette journée allait être ponctuée par un événement. Un événement aussi crucial et historique que la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël par Donald Trump !

Jérusalem Donald Trump a franchi la ligne rouge avec Jérusalem

Cette décision est condamnée dans tout le monde arabe. Elle est déplorée par l’ensemble des diplomaties occidentales. Les réactions négatives à l’encontre de cette décision s’accumulent d’heure en heure. Donald Trump a franchi une ligne rouge… et accompli ce qu’aucun président américain n’avait osé en plus de 60 ans.

Mais pour Wall Street cela ne semble pas avoir plus d’importance que si Trump avait envoyé ses voeux de bonne année à Benyamin Netanyahou.

C’est vrai, remarquez. Pourquoi Wall Street s’alarmerait-il de quoi que ce soit puisque le marché pétrolier ne s’émeut pas ? C’est même tout l’inverse avec une chute de -3% du cours du baril à New York. C’est comme si Israël et le Proche-Orient ne faisaient plus partie de l’équation.

Les robots-traders équipés du logiciel America First ?

Ce qui se passe hors des frontières américaines est de peu d’intérêt. L’avis des pays du Golfe à propos de la diplomatie américaine est de ceux que le NYMEX se sent bien inspiré d’ignorer.

Retour donc aux fondamentaux. Regardons ce qu’il se passe d’une semaine sur l’autre dans les cuves de stockage de l’industrie pétrolière américano-américaine (les stocks chinois, russes, indiens… qui s’en soucie ?). Les variations hebdomadaires des réserves de brut (-5,6 millions de barils) ou d’essence (+6,8 millions de barils) : voilà ce qui importe vraiment pour les traders !

Difficile de manifester moins d’émotivité, moins de réceptivité aux signaux de tension géopolitique qui ont de nouveau surgi ce mercredi. Oui, il semblerait bien que les robots-traders qui gèrent l’évolution de l’or noir soient équipés du logiciel America First.

Mots clé : - - -

Philippe Béchade
Philippe Béchade
Rédacteur en Chef de la Bourse au quotidien

 

Philippe Béchade rédige depuis 15 ans des chroniques macro-économiques et boursières ainsi que de nombreux essais financiers.

Intervenant régulier sur BFM Business depuis mai 1995, il est arbitragiste de formation, analyse technique et fut en France l’un des tout premiers traders et formateur sur les marchés à terme. Rédacteur et analyste contrarien pour la Bourse au Quotidien, vous trouverez son fil de news en temps réel sur cette page ou sur Twitter

Laissez un commentaire