Jean-Claude Lumaret : « En France nous avons les moyens de soutenir l’innovation »

Rédigé le 5 juillet 2013 par | Biotechs et Medtechs, Interviews, Mid et Small Caps Imprimer

Par G. Habault

Emballages, meubles, Tupperware, maroquinerie, électroménagers… le champ d’application des matières plastiques est extrêmement vaste. De fait, nous en produisons chaque année quelque 285 millions de tonnes avec un taux de croissance annuel de 5%. Parmi ces 285 millions de tonnes, plus de 100 millions finiront en déchets et 7 millions rejoindront le « 7e continent » – cette grande décharge à ciel ouvert dont la taille avoisine les 3,5 millions de kilomètres carrés qui dérive dans le nord de l’océan Pacifique.

Ainsi, pour lutter contre la pollution, repenser le cycle de vie des polymères (matière de base du plastique) est devenu un enjeu d’ordre environnemental. Notamment pour les plastiques à usage unique type sacs plastiques et autres emballages. Et c’est sur ce créneau qu’interviennent CARBIOS – biotech spécialisée en chimie verte – et son partenaire Deinove (FR0010879056) via le projet collaboratif THANAPLAST. Initié par CARBIOS, l’objectif de ce projet est de développer des technologies permettant d’influer sur le cycle de vie des polymères. L’idée ? Les rendre entièrement biodégradables et/ou recyclables à l’envie. Et ce, bien entendu, à grande échelle.

• CARBIOS à l’assaut de la pollution plastique

A l’origine de ce projet, dont CARBIOS est le chef de fil, deux découvertes. D’abord celle du Professeur Thierry Ferreira qui avait identifié des bactéries pouvant dégrader un polymère naturel dans des conditions normales de température. Puis, celle réalisée conjointement avec Valagro qui a combiné ces enzymes avec un polymère. De façon surprenante il a été démontré que ce polymère se dégradait même après avoir été soumis à des températures élevées lors du processus de fabrication – ce qui est assez inédit.

Ces deux découvertes ont fait l’objet de deux brevets. CARBIOS en détient les licences exclusives et mondiales. En effet, l’activité principale de cette biotech consiste à exploiter les propriétés biologiques des enzymes pour développer des bioprocédés industriels innovants pour produire des polymères. Le groupe cherche par exemple à développer une forme de polymère intelligent qui stopperait son processus de dégradation à un stade permettant de le recycler afin de produire de nouveau du plastique sans aucune perte de matière. Ce système permettrait de recycler le plastique à l’infini. Puisque les matières fossiles ne sont pas réutilisées pour créer de nouveaux polymères, l’impact sur l’environnement serait plutôt positif.

Dans cette quête, le défi de CARBIOS est également d’ordre économique. « Nos polymères doivent être compétitifs car les coûts d’accès restent encore plus chers que pour des matériaux d’origine fossile » précise Jean-Claude Lumaret, le DG de CARBIOS que j’ai eu l’occasion d’interviewer fin juin. Mais, pour ce faire, encore faut-il trouver l’enzyme qui offrira les propriétés recherchées au polymère…

• Deinove, un partenaire indispensable

Dans le cadre du projet THANAPLAST, Deinove, société bien connue des investisseurs, est entrée au capital de CARBIOS à hauteur de 2,45% (une participation qui pourrait tripler en cas d’exercice de bons de souscription). Pour rappel, cette biotech verte est spécialisée dans la manipulation de bactéries polyvalentes, les Déinocoques. En s’appuyant sur leurs propriétés génétiques, le groupe conçoit et développe, selon ses propres termes, « une nouvelle génération de procédés industriels et pharmaceutiques ». Quel lien y-a-t-il entre les bactéries de Deinove et les plastiques de CARBIOS ? Comment expliquer un tel partenariat ? La réponse est évidente, les deux biotechs ont des intérêts convergents.

Pour rendre certaines matières plastiques autodégradables, il faut pouvoir y incorporer l’enzyme adéquate, celle qui va « manger » le polymère de l’intérieur. Et, à ce titre, la souchothèque de Déinove intéresse fortement CARBIOS. Jean-Claude Lumaret m’a d’ailleurs confié que, dans cette dernière, le groupe pourrait bien trouver des souches susceptibles de dégrader les 10 polymères retenus dans leur projet. Ce partenariat est également intéressant pour Deinove dans la mesure où il lui permet de diffuser largement sa technologie basée sur les Déinocoques dans le tissu industriel. Par ailleurs, le marché visé étant conséquent, le projet intéresse fortement les fonds d’investissement. De fait, le projet dispose d’une source de financement on ne peut plus stable.

• Un fonds d’investissement en soutient

CARBIOS a donc comme actionnaire principal le fond d’investissement Truffle Capital, acteur majeur dans l’aide au développement des biotechs françaises. Et Jean-Claude Lumaret de déclarer, « Aujourd’hui, nous sommes accompagnés par Truffle Capital mais nous ne sommes fermés à aucune opportunité ou source de financement. Comme la recherche reste notre priorité, le soutien de Truffle Capital nous donne les moyens de nous focaliser dessus plutôt que de faire du financement ».

D’ailleurs, lorsque je lui ai demandé s’il était facile d’innover en France aujourd’hui, celui-ci m’a répondu « oui, si on comprend le fonctionnement de l’innovation et de l’accompagnement de l’innovation ». Il s’est dit très satisfait d’OSEO, qui est, selon lui, « un outil extrêmement performant ». Et de conclure, « en France, nous avons les moyens de soutenir l’innovation. Aussi, il faut reconnaître quelles sont les attentes qui sont porteuses de l’innovation. Et il faut admettre que les fonds d’investissements peuvent être des véhicules extrêmement intéressants pour porter l’innovation, et pas toujours les critiquer ».

• Une biotech à suivre

Bien que Carbios soit jeune (2 ans d’existance), la biotech est déjà à un stade de développement avancé. Elle a ainsi commencé la partie préindustrielle en modélisant des enzymes-candidates dans une fermentation, ce qui lui permet d’ores et déjà de régler toute la partie procédé. Dans une autre mesure, avoir un fonds tel que Truffle Capital en soutient financier est extrêmement positif. Le risque est ainsi limité d’un point de vue financier, alors que les retombées peuvent être importantes eu égard à l’importance du marché visé.

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4 commentaires pour “Jean-Claude Lumaret : « En France nous avons les moyens de soutenir l’innovation »”

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