Jay Powell : le nouveau président de la Fed qui ne changera rien

Rédigé le 10 novembre 2017 par | A la une, Fed, Taux & Devises Imprimer

La grande nouvelle de la semaine dernière est la nomination par le président Trump de Jerome « Jay » Powell comme nouveau président de la Réserve fédérale pour remplacer Janet Yellen à partir de février prochain.

J’ai travaillé avec Jay Powell lorsqu’il était au Trésor américain ; j’étais alors l’avocat d’un important négociant en obligations du gouvernement. Ces négociants agissent en tant qu’acheteurs fermes lors des adjudications de bons du Trésor américain, de sorte que Jay était en fait le plus important client de ma firme. J’ai eu l’impression qu’il était très professionnel et qu’il agissait toujours dans le meilleur intérêt du Trésor et des contribuables. Il est intelligent, d’une grande intégrité et il a fait une brillante carrière tant dans la fonction publique qu’à titre privé au sein de fonds d’investissement et de groupes de réflexion.

Jay Powell est quelqu’un qui est apprécié et respecté par les républicains et par les démocrates. C’est un attribut rare dans la scène politique profondément partisane d’aujourd’hui.

Mais le fait le plus important au sujet de sa nomination… c’est qu’il n’y aura aucun changement dans la politique monétaire de la Fed. En tant qu’un des gouverneurs de la Fed, Powell n’a jamais voté contre Janet Yellen sur aucune décision de politique de taux d’intérêt. Ses discours témoignent d’un fort soutien à l’approche de Yellen. En bref, Powell sera « Yellen bis » quand il s’agira de la politique de taux d’intérêt. La présidence de la Fed est en train de changer, mais pas la politique des taux d’intérêt.

A partir de décembre 2015, Janet Yellen a indiqué que la Fed relèverait ses taux de 0,25% en mars, juin, septembre et décembre, soit au rythme de 1% par an jusqu’en 2019 ; à ce moment, les taux d’intérêt auraient été normalisés autour de 3%. La seule exception qu’elle ferait à ce rythme de 1% serait une « pause » si les créations d’emplois et la stabilité des prix n’était pas respectée. Résultat, elle n’a relevé ses taux que trois fois depuis cette annonce.

La création d’emplois a été forte ces derniers temps (malgré un léger creux lié à l’ouragan en septembre), mais la Fed fait face à des vents contraires concernant son objectif d’inflation. La Fed vise un taux d’inflation annuel de 2%, tel que mesuré par un indice appelé indice de référence PCE Core Inflation d’une année sur l’autre, publié mensuellement (avec un décalage d’un mois) par le département du Commerce.

Cet indice d’inflation est passé de 1,9% à 1,3% sur les neuf derniers mois. Tous les rapports mensuels depuis décembre 2016 sont soit en baisse, soit inchangés par rapport au mois précédent. Il s’agit d’une tendance persistante et ancrée dans la mauvaise direction, qui devrait inquiéter la Fed alors qu’elle envisage une prochaine hausse de taux lors de la réunion du FOMC du 13 décembre.

Actuellement, le marché indique une probabilité de hausse des taux de 90% en décembre. Je suis sceptique à ce sujet (j’explique pourquoi en détail depuis le mois de mars) en raison de la faiblesse des données sur l’inflation. Il y aura une autre publication des données de base de l’indice « CPE Core Inflation » avant la réunion du 13 décembre. Cette publication est prévue pour le 30 novembre.

Si le score est élevé, disons de 1,6% ou plus, cela validera l’opinion de Yellen selon laquelle la faiblesse de l’inflation était « transitoire » et confortera la Fed de relever les taux en décembre. Par contre, si ce chiffre est faible, disons de 1,3% ou moins, il y a de bonnes chances que la Fed n’augmente pas les taux en décembre. Dans ce cas, les investisseurs doivent s’attendre à un renversement rapide et violent des tendances récentes.

Les marchés ont donné dernièrement beaucoup de force au dollar, et fait baisser l’euro, le yen, l’or et les obligations sur la base de l’anticipation d’une hausse des taux en décembre. Si cette hausse des taux ne se produit pas en raison de la faiblesse de l’inflation, il faut s’attendre à de fortes hausses des obligations, de l’euro, du yen et de l’or.

De mon côté, je pense toujours que l’inflation ne pointera pas le bout de son nez mais que les données seront soit stables, soit en baisse. Mais la publication des chiffres de l’inflation du 30 novembre nous le dira.

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Jim Rickards
Jim Rickards
Rédacteur en chef de Strategic Intelligence

James G. Rickards est le rédacteur en chef d’Intelligence Stratégique, la toute nouvelle lettre d’information lancée par Agora Financial aux Etats-Unis. Avocat, économiste et banquier d’investissement avec 35 ans d’expérience sur les marchés financiers de Wall Street, Jim est également l’auteur de Currency Wars et de The Death of Money, deux ouvrages devenus best-sellers du New York Times. Enfin, Jim est également chef économiste pour le fonds d’investissement West Shore Group.

Il est également rédacteur en Chef de Trades Confidentiels et Alerte Guerre des Devises.

En savoir plus sur le service d’Intelligence Stratégique.

4 commentaires pour “Jay Powell : le nouveau président de la Fed qui ne changera rien”

  1. On ne change pas une équipe qui gagne ! Qui gagne quoi ? Je vous le laisse deviner…

  2. Ça y est ……monsieur rickards se dégonfle.
    Après avoir déclarer sur tout les toits quel la fed n augmentera pas ses taux en décembre,le voilà qui est moins sûr à présent.
    Quand on a pas de conviction, on fait la girouette.

  3. Bonjour
    IL serait surtout étrange que Jim Rickards n’actualise pas ses positions selon l’évolution des données. Jim Rickards a anticipé depuis des mois que la Fed ne relèverait pas ses taux à moins (1) d’une bonne surprise sur l’emploi (2) de chiffres de l’inflation meilleurs qu’attendus ou (3) un krach des marchés actions ;
    Il actualise simplement ses données au regard de ces éléments, ce qu’il explique parfaitement dans ses articles.

  4. Bonjour
    IL serait surtout étrange que Jim Rickards n’actualise pas ses positions selon l’évolution des données. Jim Rickards a anticipé depuis des mois que la Fed ne relèverait pas ses taux à moins (1) d’une bonne surprise sur l’emploi (2) de chiffres de l’inflation meilleurs qu’attendus ou (3) un krach des marchés actions ;
    Il actualise simplement ses données au regard de ces éléments, ce qu’il explique parfaitement dans ses articles.

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