Les investisseurs se trompent en pariant sur une baisse du marché obligataire 1/2

Rédigé le 12 octobre 2018 par | Analyses indices, Indices, sociétés et marchés, Statistiques et données macro, Trading, Bourse Imprimer

Le marché haussier obligataire, qui dure depuis trente-sept ans, est-il mort ?

Les rendements à maturité sur les Bons du Trésor à 10 ans affichent désormais leurs plus hauts niveaux depuis avril 2011. Le rendement à maturité actuel est de 3,227%, soit une hausse considérable, en partant des 1,387% enregistrés le 7 juillet 2016, juste après le Brexit et la fuite en direction des valeurs refuges que représentent le dollar US et les Bons du Trésor américains.

Le marché des Bons du Trésor est volatil et subit une multitude de rallys et de retournements mais, depuis 2016, globalement, la tendance s’est orientée vers une hausse des rendements et une chute des cours.

graph 1

Cliquez ici pour agrandir

Selon l’opinion consensuelle, le marché haussier qui a débuté en 1981 se serait finalement achevé, et un nouveau marché baissier (« Bear ») se serait amorcé : cela signifie une hausse des rendements et des pertes pour les détenteurs de Bons. Tout le monde – de Bill Gross, le gourou de l’obligataire, à Jeff Gundlach, le roi de l’obligataire – annonce que le marché baissier est enfin arrivé.

Mais nous ne sommes pas d’accord.

Il est vrai que les rendements obligataires ont nettement grimpé et que les cours ont baissé, ces derniers mois. Mais c’est quelque chose que nous avons déjà vécu. Les rendements sont passés de 2,4% à 3,6% entre octobre 2010 et février 2011, avant de chuter à 1,5% en juin 2012. Ils ont également grimpé de 1,67% en avril 2013 à 3% en décembre 2013, avant de chuter à nouveau à 1,67% jusqu’en janvier 2015. Bref, au cours de ces dix dernières années, de nombreuses débâcles obligataires ont été suivies de rallys.

Pour paraphraser Mark Twain, les nouvelles concernant la mort du rally obligataire « sont largement exagérées ». Le « Bull » obligataire en a encore sous le pied.

Les investisseurs qui ne parieront pas sur un marché baissier et achèteront des Bons du Trésor pourraient réaliser d’énormes gains.

Le graphique ci-dessous illustre cette opportunité. Il compare les positions « long » (haussières) et les positions « short » (baissières). Le Bon du trésor américain à 10 ans y figure sous le libellé « 10Y US ». Comme on peut le constater, il s’agit de la position « short » la plus extrême, sur les marchés, à l’heure actuelle. Elle l’est encore plus que sur l’or et le soja, qui sont tombés en disgrâce. Il faut être un investisseur courageux pour prendre des positions « long » alors que le reste du marché est largement « short ».

graph 1

Cliquez ici pour agrandir

Mais c’est précisément la raison pour laquelle il est si attractif de se positionner « long » sur les Bons du Trésor.

Tous les acteurs majeurs (hedge funds, banques, gérants de fortune) s’étant regroupés d’un côté du bateau, la moindre petite perturbation pourrait déclencher un rachat massif des couvertures short (« short-covering ») qui s’empresseront d’acheter des obligations pour réduire leurs pertes.

Quelles sont les chances que les obligations flambent ? Elles sont assez élevées.

D’abord, cela s’est produit cinq fois ces dix dernières années : d’abord en octobre 2008, puis en avril 2010, février 2011, mars 2012 et décembre 2013. Chaque fois que les rendements des Bons du Trésor à 10 ans ont atteint un plus haut intermédiaire se situant entre 3 et 4%, le marché s’est retourné et les rendements se sont effondrés vers une fourchette variant de 1,5 à 2,5%, générant ainsi d’énormes gains financiers sur les titres.

En fait, les gourous de l’obligataire et les traders professionnels font un pari différent cette fois.

Ils parient que les changements économiques initiés par Trump, ainsi que les allègements fiscaux, ont produit une croissance tendancielle soutenable, que les indicateurs du marché de l’emploi présagent une hausse de l’inflation, et que les investisseurs étrangers se débarrassent des Bons du Trésor en anticipant cette inflation.

Mais à mon sens, de solides éléments prouvent que toutes ces suppositions sont fausses. Je vous expliquerai pourquoi lundi prochain.

Béchade sur BFM Business – tendance à la baisse des marchés financiers, ça continue ?

Jim Rickards
Jim Rickards
Rédacteur en chef de Strategic Intelligence

James G. Rickards est le rédacteur en chef d’Intelligence Stratégique, la toute nouvelle lettre d’information lancée par Agora Financial aux Etats-Unis. Avocat, économiste et banquier d’investissement avec 35 ans d’expérience sur les marchés financiers de Wall Street, Jim est également l’auteur de Currency Wars et de The Death of Money, deux ouvrages devenus best-sellers du New York Times. Enfin, Jim est également chef économiste pour le fonds d’investissement West Shore Group.

Il est également rédacteur en Chef de Trades Confidentiels et Alerte Guerre des Devises.

En savoir plus sur le service d’Intelligence Stratégique.

Mots clé : - -

Laissez un commentaire