Investir dans l’or physique : de plus en plus compliqué

Rédigé le 20 février 2014 par | Matières Premières Imprimer

Les craintes d’inflation, voire d’hyperinflation, suscitées par les politiques accommodantes des banques centrales (opérations dites de quantitative easing) ont poussé ces dernières années de plus en plus de personnes à s’intéresser à l’or pour préserver leur patrimoine.

Face aux perspectives d’une perte du pouvoir d’achat des monnaies papier et à la volatilité des bourses, l’acquisition de métaux précieux – notamment d’or et d’argent – est ainsi perçue comme une « valeur refuge » ou une « police d’assurance » permettant de protéger son capital en cas d’effondrement financier et monétaire majeur. L’or a en effet la réputation de garder son pouvoir d’achat lors de tels événements extrêmes, permettant une bonne protection au fil du temps contre les effets de l’inflation (ou de l’hyperinflation).

Graphique Cours_or_2005-2014Si 2013 a été une année d’accalmie relative – le métal jaune ayant perdu environ 30% en dépit des risques de voir son compte bancaire « chypré » –, la tourmente des marchés financiers, notamment émergents, et la perte de confiance qui pointe du nez de nouveau, présagent d’un retour de l’intérêt pour le métal jaune qui est reparti à la hausse depuis le début de 2014.

En tant que lecteur d’Agora, vous êtes sans doute davantage conscient que l’investisseur moyen de tous ces dangers qui planent sur votre patrimoine. Et de l’intérêt, que dis-je, de la nécessité d’investir dans les métaux précieux, or et argent en tête.

J’ai maintes fois mis en garde mes lecteurs concernant les risques qui pèsent sur leur patrimoine. Et il y a urgence. C’est la raison pour laquelle j’ai décidé de faire à nouveau le point sur ce sujet – ainsi que sur les risques d’une inflation forte et les opportunités de profit qu’elle représente – en tant qu’intervenant lors du Sommet de l’investissement 2014, organisé début avril par Inside ALPHA. Car je demeure profondément convaincu que nous nous dirigeons vers un système où non seulement la « planche à billets » continuera à tourner à plein régime mais aussi que les confiscations « à la chypriote » seront généralisées…

… Et vers un système dans lequel acheter et vendre des métaux précieux pour s’en protéger deviendra aussi, dans la pratique, de plus en plus difficile pour des investisseurs comme vous, surtout si vous ne disposez pas des bons « tuyaux ».

Mais, me direz-vous, n’est-il pas au contraire plus facile de se constituer aujourd’hui une réserve d’or, grâce notamment à un prix moins cher et à des frais moindres sur Internet par exemple ?

Certes, la liste des sites d’achats/ventes de métaux précieux est longue et il vous est possible de vous procurer en quelques clics les pièces de votre choix – à l’image du Napoléon d’or, la pièce préférée des Français – ou même des lingots d’or.

Ce ne sont pas des risques entourant l’achat lui-même dont je veux parler dans ces lignes. Ni des risques liés au stockage auprès d’un spécialiste ou d’un établissement bancaire : en cas de problème bancaire et financier majeur, ces derniers seront sans doute les premiers visés par des gouvernements en désarroi. Si vos dépôts bancaires en euros ne sont plus en sécurité, c’est également le cas de l’or que vous détenez sous une forme ou une autre auprès de votre banque. Mais je ne vais pas m’attarder sur le sujet dans ces lignes car j’aurai justement l’occasion de revenir sur ce problème précis lors du Sommet 2014.

Je vais plutôt vous parler ici des obstacles administratifs et réglementaires auxquels on ne pense pas forcément et qui pourtant se multiplient. Quelles que soient les raisons officiellement données par les pouvoirs en place, ils mettent indiscutablement des « bâtons dans les roues » de tous ceux qui veulent se protéger contre l’inflation des milliards d’euros fraîchement « imprimés ».

De quoi s’agit-il ?

L’or interdit des envois postaux en France

Prenons par exemple la question du transport et de la livraison de métaux précieux. À l’image de la plupart des produits échangés à l’heure du commerce électronique, peut-être comptez-vous aussi sur un envoi postal pour livrer l’or que vous avez vendu, ou entrer physiquement en possession de celui que vous avez acheté ?

Bien que logique et pratique, vous devez savoir qu’une telle option n’est pourtant plus légalement autorisée. En effet, la législation a changé, interdisant désormais l’envoi d’or et de métaux précieux dans tous les types d’envois postaux (en recommandé, avec suivi ou une garantie de la valeur déclarée).

Vous avez du en entendre parler : un décret a modifié « en catimini » le Code des postes et des communications électroniques (CPCE). Publié le 23 mai 2013 dans le Journal officiel, il est entré en vigueur dès le lendemain de sa publication, le 24 mai 2013. Les prestataires et les utilisateurs de services postaux sur le territoire français sont donc tenus, depuis cette date, de respecter cette nouvelle législation.

Il s’agit là d’un nouvel obstacle à l’acquisition d’or physique et au commerce de métaux précieux qu’il faut connaître.

Interdiction de payer l’or en liquide en France

Il s’agit d’un autre exemple des restrictions croissantes du commerce libre de métaux précieux, dont vous devez être conscient en tant qu’investisseur. Car sous prétexte de protéger le consommateur, le gouvernement a été à l’origine d’un projet de loi en France qui contient un volet entier sur le commerce de métaux précieux.

Adopté à l’Assemblée nationale au début de l’été dernier, époque à laquelle vous étiez peut-être à la plage, il contient notamment deux dispositions qui permettent une plus grande emprise du gouvernement sur ce commerce.

Premièrement, sous peine de nullité, tout contrat d’achat de métaux précieux doit contenir l’identité complète (nom, adresse, numéro d’inscription au registre de commerce, etc.) du professionnel qui rachète de l’or. Doivent également y figurer, selon la nouvelle législation, « [l]e nom et l’adresse complète du consommateur-vendeur ». Vendre dans l’anonymat une partie de son or physique, préalablement acquis pour protéger son patrimoine, est désormais impossible légalement en France.

Deuxièmement, la nouvelle législation interdit formellement tout paiement en espèces lors du rachat d’or. En effet, elle stipule que lors du rachat d’or : « le paiement doit être effectué par chèque barré ou par virement à un compte ouvert au nom du vendeur. » Il sera donc désormais illégal de recevoir des espèces lors de la vente de son or à un professionnel.

Restrictions des paiements en liquide pour l’achat d’or

Un dernier exemple, enfin, pour vous convaincre qu’il sera de plus en plus difficile d’investir librement dans l’or et les métaux précieux.

Rappelons-nous que sous prétexte de lutte contre la fraude, les paiements en liquide sont déjà restreints en France, et ce quel que soit le bien ou le service acheté. Il existe en effet déjà une interdiction légale pour les résidents français de payer en espèces toute transaction qui dépasse 3000 euros (15 000 euros pour les non-résidents). Ces restrictions générales s’appliquent également dans le cas d’achat d’or physique (pièces et lingots d’or).

Or, on a l’intention d’abaisser ce plafond de 3000 euros à seulement 1000 euros. Si cette restriction devient réalité, et ce n’est sans doute qu’une question de temps, il sera interdit de payer en liquide l’achat de plus d’une once d’or (voire moins quand le prix de l’or en euros aura encore monté).

La France n’est pas la seule concernée. Les investisseurs belges connaissent la même dynamique. La limite des paiements en cash est ainsi passée de 15 000 euros à 5 000 euros en avril 2012, puis à 3 000 euros depuis le premier janvier 2014.

Si la crise s’aggrave – en cas de faillites bancaires ou d’un État, de menaces pour les monnaies papier comme le dollar ou l’euro – et si les pouvoirs publics continuent dans cette logique, le paiement en liquide dans le commerce de métaux précieux sera à terme sans doute complètement interdit.

Je demeure convaincu que votre priorité est d’investir dans l’or et les métaux précieux afin de vous procurer votre « assurance » anti-krach et anti-(hyper)inflation, si vous ne l’avez pas fait. Mais il ne faut pas pour autant s’y prendre n’importe comment, car un tel investissement relève de plus en plus du « parcours du combattant ».

Si vous voulez réussir à franchir ce parcours avec succès et profiter de la bombe à retardement inflationniste en achetant par exemple de l’or physique et du silver (argent métal) hors taxe et au rabais, je vous donne rendez-vous début avril prochain au Sommet 2014 dont le programme complet – riche par ailleurs de nombreuses autres interventions que vous trouverez probablement d’intérêt – est disponible sur un site qui lui spécialement est dédié.

A très bientôt j’espère,

Valentin Petkantchin

Valentin Petkantchin est responsable du Pole « Inflation » du groupe Inside Alpha. Inside Alpha commercialise depuis 2011 une stratégie d’investissement permettant de réaliser des profits grâce à l’inflation. Docteur en sciences économiques et détenant un master en finance, Valentin Petkantchin pratique l’analyse et la finance auprès de diverses institutions académiques et privées.

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