Indiscrétions : Ma rencontre avec Raphael Gorgé

Rédigé le 29 avril 2016 par | Actions, Indices, sociétés et marchés, Interviews, Mid et Small Caps Imprimer

Comme chaque année, je me suis rendu au Spring Campus organisé par CroissancePlus – une association qui fédère les dirigeants d’entreprises en forte croissance et leurs partenaires. Cette année encore, j’en ai profité pour m’isoler longuement avec Raphaël Gorgé, PDG du groupe éponyme afin de faire le point sur l’impression 3D et sa filiale dédiée à cette activité, Prodways.

Cette 8e édition, qui s’est tenue du 31 mars au 2 avril à La Baule, a rassemblé plus de 350 participants autour du thème « Une France d’entrepreneurs : de la start-up à la scale-up » (c’est-à-dire une entreprise qui change d’échelle).

Si j’y ai récolté bon nombre d’indiscrétions, que je vais évidemment partager avec vous.

Le titre Groupe Gorgé ne valorise pas du tout l’impression 3D !

Comme vous le savez, Groupe Gorgé a d’abord choisi de développer la 3D sur le segment BtoB. Et, pour l’homme fort du groupe, il n’est pas question de changer son fusil d’épaule : « Nous voulons vraiment rester sur le BtoB. Sur ce segment, les machines valent en moyenne 150 000 €. » Cela d’autant que le BtoC est encore trop fragile à ses yeux pour véritablement s’y intéresser : « Tous les acteurs du secteur présents sur les machines 3D à destination des particuliers se sont effondrés en Bourse… »

En matière de chiffres, le patron s’est montré particulièrement silencieux. Et, vous me connaissez, il n’en faut pas plus pour attiser ma curiosité. Je suis donc revenu à la charge, évoquant de moi-même un CA à 30 M€ pour l’activité 3D sur 2016. Alors attentif à la moindre de ses réactions, il m’a finalement souri en me soufflant : « Tu n’es pas loin de la vérité, mais je ne peux vraiment rien te dire. »

Si ce n’est pas grand-chose, c’est tout de même une indication.

Pour le reste, j’ai fait mes propres calculs et déductions.

Tenez, l’an dernier Fimalac a acquis 4,5% du capital de Prodways – ce qui à l’époque (juin 2015), contribuait à valoriser la filiale 3D à quelque 200 M€. Autrement dit, la holding a déposé sur la table plus de 10 fois le CA estimé du groupe (18 M€ de CA en 2015 pour la 3D). Si on applique ces ratios aux prévisions 2016, Prodways vaut actuellement plus de 300 M€ !

C’est bien plus que l’actuelle capitalisation boursière de Groupe Gorgé tout seul (269 M€) ! Donc, si je vais jusqu’au bout de mon raisonnement, les autres activités du groupe ne pèsent pas bien lourd – pour ne pas dire zéro… Sauf que, bien évidemment ce n’est absolument pas le cas. En fait, pour moi, ce calcul nous révèle que la valorisation de Groupe Gorgé prend très très mal en compte l’impression 3D…

Raphaël Gorgé pourrait introduire Prodways en Bourse

Par ailleurs, au cours de notre entrevue, Raphaël Gorgé m’a indiqué ne pas exclure une prochaine introduction en Bourse de Prodways.

Mais rien n’est sûr. C’est juste une réflexion, logique, d’un homme d’industrie. Il y aurait spin-off de l’activité, mais pourquoi pas ?

Après tout, Eca sa filiale de robotique industrielle, est elle aussi cotée en Bourse. Nul doute qu’une telle opération attirerait des investisseurs puisque le secteur ne compte que très peu d’acteurs cotés.

Introduire Prodways en Bourse aurait une vraie logique : faire de cette filiale un vrai pur player du secteur, ce qui l’érigerait mécaniquement comme un acteur incontournable…

Cette idée est d’autant plus intéressante que le marché est en pleine expansion – particulièrement sur le segment médical. « Il y a un gigantesque marché dans le médical. Par exemple, le segment des prothèses a tendance à faire de plus en plus appel à l’impression 3D. Cette nouvelle technologie permet notamment de fabriquer des implants personnalisés qui s’ajustent complètement à la morphologie du patient », me précise Raphaël Gorgé.

Le marché aéronautique commence aussi à être demandeur de pièces réalisées en 3D : le drone Neuron de Dassault Aviation, par exemple, compte une centaine de pièces réalisées par impression 3D. Et les grands industriels sont de plus en plus présents sur le créneau : Michelin et Fives, par exemple, ont annoncé la création de leur joint-venture 3D fin 2015. Fives Michelin Additive Solutions, c’est son nom, est destiné à commercialiser des imprimantes de pièces métalliques que le pneumaticien développe en secret depuis une dizaine d’années…

Alors vraiment je réitère mon enthousiasme sur Groupe Gorgé. Je l’ai dit et redit à mes abonnés de Mes Valeurs de Croissance. Et encore une fois, il n’est pas trop tard pour profiter de cette pépite. Voyez d’ailleurs le dossier que j’ai rédigé sur le sujet.

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Eric Lewin
Eric Lewin
Rédacteur en Chef de La lettre PEA et Mes valeurs de Croissance

Journaliste pour BFM Business et dans d’autres médias… conseiller pour un fonds Small Caps chez CFD Asset Management… responsable de la salle de marché chez EuroLand Finance… consultant pour dirigeants d’entreprise…

Le parcours professionnel d’Eric Lewin est tout simplement remarquable – et représente un atout considérable pour vos investissements : un carnet d’adresses rempli, l’expérience de la réalité des publications de résultats, de la manière dont les « insiders » et les institutionnels fonctionnent…

Cette expérience multi-facettes lui permet de lire entre les lignes des marchés – et de révéler aux lecteurs de La lettre PEA des conseils de tout premier ordre pour se constituer un PEA alliant solidité… et économies d’impôts !

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