Intelligence artificielle : « Les entreprises ont compris leur intérêt » | La Bourse au Quotidien


Intelligence artificielle : « Les entreprises ont compris leur intérêt »

Rédigé le 12 juin 2018 par | Actions, Indices, sociétés et marchés, Mid et Small Caps Imprimer

Intelligence ArtificielleCher lecteur,

J’étais hier à l’édition 2018 du Salon AI Paris, grand-messe française de l’intelligence artificielle organisée à la Cité de la mode et du design. Une immersion particulièrement intéressante dans un secteur en pleine ébullition.

78 exposants étaient présents quai d’Austerlitz pour parler de l’« IA ». De ses possibilités, de ses déclinaisons, de ce qu’elle apporte déjà ou peut apporter aux entreprises ainsi qu’aux particuliers.

Parmi eux, Thales (FR0000121329-HO), big cap qui a dévoilé la semaine dernière ses objectifs à horizon 2021 et qui s’apprête à s’emparer du géant de la sécurité numérique Gemalto. Pour ce poids lourd de la cote, l’IA est déjà « en cours d’investigation » dans tous les métiers, « y compris les fonctions support », m’a rapporté sa représentante, qui a cité l’exemple de la direction juridique.

D’une manière générale, l’intelligence artificielle présente bien des avantages pour Thales, parmi lesquels la détection d’anomalies, l’observation de comportements suspects ou encore la reconnaissance d’objets et de personnes. « La maintenance s’en trouve optimisée », a résumé mon interlocutrice, qui distingue en fait deux grandes catégories d’« IA » : l’IA des données (machine learning, deep learning, data analytics) et l’IA symbolique (programmations par contraintes, algorithmes génétiques, etc.), toutes deux permettant in fine de résoudre des problèmes complexes et participant à la prise automatique de décision.

« Les entreprises ont compris leur intérêt »

L’autre société qui a attiré mon attention n’est pas (encore ?) cotée. Il s’agit de Neurochain, véritable « blockchain 2.0 » dont la vocation profonde est d’aller au-delà de l’échange de monnaies à travers la création d’algorithmes de consensus plus intelligents et basés sur trois grands principes : l’entropie, l’enthalpie et l’intégrité.

Concrètement, le but est d’abord de mesurer les interactions entre les écosystèmes, puis la qualité des échanges, et enfin de déterminer comment ceux-ci sont perçus par les autres. « Il n’y a aujourd’hui que peu de projets de production dans la blockchain. Les clients ont besoin de beaucoup plus que ça », m’a rapporté Frédéric Goujon, CEO de Neurochain, après avoir rappelé à juste titre que « l’automatisation de la blockchain a été l’initiateur du Bitcoin ».

Proposant une version augmentée et améliorée de la blockchain, Neurochain dispose déjà d’une visibilité à l’échelle internationale et aspire à (ou a déjà noué) des partenariats dans les secteurs de la banque, de l’assurance, du retail et des transports. Surtout, la société a donné son nom à une technologie révolutionnaire, adaptable à bien des process business et qui permet de « lisser » les risques. Elle a créé « une application décentralisée qui permet aux entreprises de travailler entre elles sans point de contrôle unique. Grâce à elle, tout le monde partage l’information », synthétise Frédéric Goujon, persuadé que « sa » blockchain peut revêtir un intérêt majeur en matière de compétitivité.

« En un an, quelqu’un peut aujourd’hui bouleverser un métier », souligne également le dirigeant. Un argument de poids pour que le gigantesque réseau de neurones que Neurochain est en train de développer devienne incontournable.

Pour cette société aussi, l’intelligence artificielle est utile, facilitant grandement l’analyse des fraudes et la détection d’anomalies dans la blockchain.

Tout en regrettant des réticences tenaces dans le secteur bancaire concernant cette dernière, Frédéric Goujon m’a aussi rassuré quant à la perception de l’IA dans nos frontières. « Les entreprises sont curieuses, elles ont compris leur intérêt alors que nous sommes en pleine période de transformation digitale et sont ouvertes à de nouvelles réflexions », m’a-t-il confié, par-delà la frilosité des pouvoirs publics.

Neurochain a mené une ICO qui lui a permis de lever 23,4 M€ et n’a entraîné aucune dilution du capital, dixit Frédéric Goujon. La société n’envisage cependant pas à ce stade d’entrer en Bourse.

Il est en revanche une entreprise cotée qu’Eric Lewin tient en haute estime et qui, il n’en doute pas une seconde, jouera un rôle majeur dans la révolution de l’intelligence artificielle. Il a rédigé un dossier sur le sujet, auquel vous pouvez accéder en cliquant ici.

Bonne séance à tous… et, définitivement, vive l’intelligence artificielle !

Guillaume

La Chine croit fermement en l’intelligence artificielle

Mots clé : - - -

Guillaume Duhamel
Guillaume Duhamel

Guillaume Duhamel suit l’actualité boursière au quotidien depuis plus de 5 ans. Historien diplômé de l’Université de Paris IV-Sorbonne et journaliste de formation, passé également par le sport et le développement durable, il voue un intérêt particulier aux small et midcaps, ainsi qu’aux secteurs de l’énergie et de l’aéronautique

Un commentaire pour “Intelligence artificielle : « Les entreprises ont compris leur intérêt »”

  1. Article très intéressant! Pour ceux qui veulent en savoir plus sur l’IA → https://goo.gl/Jkxhyz

Laissez un commentaire