Indices : le rebond me parait bien faiblard…

Rédigé le 29 janvier 2016 par | Autres indices, Cac 40, Indices, sociétés et marchés, Statistiques et données macro Imprimer

Fin du mois de janvier, dressons un premier bilan. Ce que je retiens, c’est beaucoup d’hésitation et d’indécision dans un contexte qui n’a eu de cesse de surprendre les opérateurs. Pour ce qui est du CAC par exemple, je pense à ce fameux gap baissier ouvert le lundi 4 janvier. On parle ici non pas d’un trou de cotation hebdomadaire, ni même mensuel. Mais d’un gap annuel ! Chose rarissime.

En tout au long du mois, regardez le nombre de trous de cotations ouverts sur le CAC40 et témoignant des revirements brutaux du marché.

gaps sur CAC40

En seulement 20 séances de bourse, notre indice a quasiment passé la moitié du temps à ouvrir sur des gaps journaliers, dans un sens ou dans l’autre et avec des écarts de cotation relativement marqués. Encore aujourd’hui en vendredi 29 janvier : après l’hésitation d’hier après-midi, nouvelle ouverture en gap ce matin.

Regardez ce qu’a été le mois de janvier sur le S&P 500

hésitation des marchésAprès une accélération linéaire jusqu’au 18 janvier, le S&P500 n’a depuis cessé d’inscrire de nettes mèches d’essoufflement, à la hausse comme à la baisse.

Ces mouvement n’ont pas été aisés à trader pour les swing trader : en général une mèche est un signe… d’essoufflement d’une tendance et les prix repartent en général en sens inverse dès le lendemain.

Or ici, cela n’a pas vraiment été le cas : au lendemain de mèches hautes, ont suivi des mèches basses, comme ce fut le cas des mardi 19 (mèche haute) et mercredi 20 janvier (mèche basse). Idem pour les gap du CAC entre les 19 et 22 janviers derniers.

De manière plus prospective désormais, à quoi faut-il s’attendre en février ?

En synthèse, je garde en tête que ce rebond actuel n’est que technique ; la baisse n’est pas terminée à moyen terme.

Après… rien n’est jamais si simple.

Signaux contradictoires sur les marchés

En général, après une phase de capitulation, il y a une consolidation en sens inverse.

La séance du 20 janvier a ainsi constitué, à mon sens, un paroxysme baissier ; après une telle capitulation, nous avons généralement une phase de rebond contestataire.

Or si ce rebond contestataire s’est amorcé, il reste (vendredi 29 janvier au matin) relativement faiblard. Le fait que les acheteurs ne « relancent pas » pas de manière plus dynamique (et ce malgré la reprise du pétrole) peut aussi être vu comme un signe de prudence.

rebond du SP500

Car après deux semaines de rebond et un WTI revenu sur les 35 $ (objectif dont je vous parlais hier), je pense qu’il faut plutôt tabler sur un nouveau repli des cours du pétrole. Or si le pétrole retombe, pas sûr que Wall Street apprécie…

Et puis, il faut dire que le newsflow corporate est pour le moins… mitigé, avec d’un côté des gadins dignes de ce nom quand la publication trimestrielle est inférieure aux attentes (cf. les chutes d’Apple, Boeing, eBay, ou encore Amazon) et, à l’inverse, des envolées assez folles (je pense ici aux +15% de Facebook hier). Or cette grande disparité des comportements n’est pas sans rappeler certains aspects du présage d’Hindenburg. Et ça, c’est moche, en général (si vous voulez savoir ce que ce présage signifie, reportez-vous à cet article).

Voilà donc deux facteurs (crainte de rechute du pétrole et résultats mitigés) qui expliqueraient la prudence des acheteurs.

Et n’oublions pas non plus que le S&P500 est sur un niveau extrêmement important.

S&P500 : ça passe ou ça… crash

Pour moi, le S&P500 a finalisé une figure de renversement en tête-épaules et prend appui en ce moment sur la ligne de cou.

tête épaule sur le SP500

Donc certes, un rebond technique contestataire est engagé. Mais statistiquement, plus l’indice met de temps à tergiverser (j’entends ici sans reprise des acheteurs qui engagerait l’indice vers les retracements journaliers de Fibonacci), et plus le risque de cassure de support augmente. Une phase de réflexion et d’indécision si proche d’un important support peut vraiment être le prélude à une cassure. Et encore une fois, le rebond me parait bien faiblard.

Car c’est vrai que quand j’y pense, quand on raisonne en termes de corrélations inter-marchés, je m’attendais plus à voir le S&P 500 sur 1950 points avec un WTI 35 $ qu’à le voir toujours osciller difficilement au-dessus des 1900 points.

Les indicateurs de risque que je regarde me disent que le rebond n’est peut-être pas complément fini… mais plus le temps passe et plus le « doute » s’installe malgré tout.

Gardez donc bien cela en tête, et surveillez le pétrole.

Mathieu Lebrun
Mathieu Lebrun
Rédacteur en Chef d'Agora Trading

Mathieu Lebrun est analyste financier. Il commence sa carrière chez Fortis Banque pour intégrer la table de négociations sur devises au sein de la salle des marchés du groupe Natexis Banques Populaires. En 2004, il intègre un cabinet de conseil sur produits dérivés en tant qu’analyste technique et obtient son diplôme d’Analyste Technique délivré par la STA (Society of Technical Analysis).

Depuis près de 10 ans, il s’est forgé une solide expérience sur les marchés financiers. En juin 2013, il décide de créer un service de trading simple et efficace : Agora Trading. Pour ses abonnés, il combine à merveille sa lecture des différentes classes d’actifs et leur corrélation pour en tirer le meilleur. Vous pouvez ainsi vous positionner en toute simplicité, en exploitant des outils de trading ultra-efficaces, les certificats Turbos.

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