L’impossible sauvetage des banques

Rédigé le 20 octobre 2011 par | Apprendre la Bourse Imprimer

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Directeur économique du site AuCoffre.com
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Il y a plus d’un an, j’attirais l’attention de mes lecteurs sur l’aspect inévitable d’un nouveau plan de soutien au secteur financier et bancaire. Force est de constater qu’après la première intervention des Etats fin 2008/début 2009, aucune des raisons ayant conduit à cette crise n’ont été traitées.

En 2011, il arrive ce qu’il devait arriver. Les banques sont fragiles et manquent cruellement de fonds propres puisqu’elles se sont évertuées – sous l’amicale compréhension de nos gouvernants – à distribuer en dividendes et bonus ce qu’elles auraient pu conserver sous forme de réserves pour se renforcer. Souvenez-vous des grands titres de la presse financière de l’année dernière : « Record historique de bénéfices pour les Banques », « les bonus à nouveau au plus haut ».

Une fois encore, nous assistons à une nationalisation des pertes mais à la privatisation des gains. Il faut tout de même noter un changement d’envergure par rapport au climat de 2008. Il y a trois ans nous ne parlions pas, ou peu, de faillite d’Etat. Cela restait une hypothèse de travail à peine crédible. Celui qui l’évoquait était très vite taxé de « déclinologue » – Bill Bonner et Simone Wapler passaient alors pour être un peu fous à cause de leurs analyses… Bref, la réalité actuelle est que les Etats ne sont tout simplement plus en capacité d’agir et de sauver à nouveau le système bancaire.

La preuve est venue il y a quelques jours de Belgique : nos voisins belges sont désormais menacés par Moody’s de dégradation de leur note en raison de leur soutien à DEXIA (BE0003796134 – DEXB). Il est important de rappeler que DEXIA est une « petite » banque. La taille de son bilan est d’environ 500 milliards d’euros. En France rien que BNP-Paribas a un bilan d’une taille supérieure à 2 000 milliards d’euros ! Nos banques sont désormais trop grosses pour être sauvées par les Etats sans entraîner ceux-ci dans leur chute…

L’accord de principe franco-allemand sur la nécessaire recapitalisation des banques achoppe encore sur la meilleure des solutions pour y parvenir ; Merkel et Sarkozy ont renvoyé les aspects concrets au prochain sommet du G20 qui se tiendra le 3 novembre prochain… Pourquoi une telle absence de solution ? Pour une raison finalement assez simple. Si les Etats prennent en charge la recapitalisation de chacune de leur banques respectives, cela aura pour conséquence quasi mécanique la dégradation, par les agences de notation, de la note des pays concernés.

La France ne veut pas de cette solution qui entraînerait une augmentation importante du coût de notre dette puisqu’une dégradation de la note conduit à une augmentation du taux d’intérêt. Donc la dette devient plus chère. Pour rappel, à ce jour, la charge de la dette – c’est-à-dire les intérêts de la dette seulement – est de 45,4Mds d’euros ; c’est le troisième poste de dépenses et il absorbe 16,5% des recettes et 80% de l’impôt sur le revenu. Pas de chance, la France est depuis quelques jours mise sous « surveillance » par Moody’s.

La France souhaiterait donc faire intervenir le FESF (fonds européen de stabilité financière). Le FESF emprunterait dans ce cas directement les sommes nécessaires à la BCE (banque centrale européenne) qui imprimerait le nombre de billets correspondants. De cette solution, les Allemands ne veulent pas, car faire fonctionner la « planche à billets » est à terme hyper inflationniste. Nos amis d’outre-Rhin restent traumatisés par la période d’hyperinflation des années 1920 qui avait conduit à l’avènement du nazisme. Ils n’accepteront cette solution qu’en dernier recours – d’ici un mois par exemple.

Encore une fois, nous n’avons plus le choix des solutions. Il ne reste plus que la monétisation, c’est-à-dire le recours massif à la planche à billets. Cela fera baisser l’euro et va renchérir le coût de nos importations dans les prochains mois à commencer par le prix du litre d’essence. Mais c’est à ce prix que le système économique et financier pourra continuer à tourner… jusqu’à l’apparition, hélas, parfaitement prévisible de nouvelles pertes du système bancaire qu’il faudra à nouveau combler.

Les banques ne peuvent pas avouer l’étendue de leurs erreurs. Elles feront tout pour sauvegarder leurs intérêts. Elles cacheront la réalité, encore une fois. Il faudra à nouveau les sauver pour la troisième fois. Sans doute en 2014, lorsque les pertes causées par la future explosion de la bulle immobilière en Europe ne pourront plus être masquées.

Face à ces banqueroutes programmées…

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Charles Sannat
Charles Sannat

Un commentaire pour “L’impossible sauvetage des banques”

  1. […] parution dans le Billet du Trader le 20/10/2011. AKPC_IDS += […]

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