CAC40 – Impossible de perdre de l’argent depuis 1 mois

Rédigé le 5 octobre 2017 par | Toutes les analyses Imprimer

C’était bien parti pour une 7e hausse d’affilée pour le CAC40 hier… mais la chute de -3% de Madrid a un peu plombé le secteur bancaire, l’unique responsable d’un infime tassement des cours de -0,08% mercredi soir.

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Voilà une raison supplémentaire d’aller chercher refuge à Wall Street. Cet afflux ainsi que quelques raisons « objectivement positives » comme le bons ISM des Services et une bonne surprise de l’emploi dans le secteur privé ont favorisé une nouvelle cascade de records sur les indices US. Cela dit, quand les actualités apparaissent « objectivement négatives », cela n’entame pas davantage la confiance du marché.

Quand bien même la Corée du Nord tirerait une escadrille de missiles, quand bien même le spectre de la répression franquiste s’accentuerait en Catalogne, quand bien même un tireur fou ferait 100 morts et 1 000 blessés au Madison Square Garden, rien ne dévierait les indices boursiers de leur trajectoire haussière. Même Art Cashin – le directeur des opérations de marché chez UBS, qui figure dans le top-5 des opérateurs les plus influents au monde – affirme qu’en 50 ans de carrière, il n’a jamais vu les marchés fonctionner de la sorte.

« Impossible de perdre de l’argent depuis 1 mois »

perdre de l'argent CAC40 - Impossible de perdre de l'argent depuis 1 moisEt s’il fallait choisir en Europe un indice illustrant de la façon la plus parfaite la tutelle implacable des algos, c’est le CAC40 qui en fournit l’illustration la plus saisissante (voyez les analyses de Gilles pour le détail). Le CAC40 ne s’est jamais replié de plus de 0,3% depuis le 6 septembre dernier (la progression cumulée atteint +6,2%).

Même si ces +6,2% ne représentent pas la hausse la plus impressionnante de la décennie, l’indice n’a même pas consolidé de -1% (en additionnant tous les replis !) depuis 4 semaines, ce qui en fait la période la plus irréductiblement haussière depuis janvier 1988.

Il est littéralement impossible de perdre de l’argent depuis 1 mois, même en achetant au plus haut en vendant au plus bas, puisque l’indice n’a jamais enchaîné deux séances dans le rouge et a toujours inscrit de nouveaux plus-hauts intraday à pratiquement à chaque séance, (sauf les 8 et 25 septembre et le 4 octobre).

Paradoxalement, les volumes deviennent de plus en plus indigents au fil des séances : les gérants ne vendent plus, tant il s’avère difficile de racheter du papier depuis février 2016 ; les short sellers savent qu’ils sont confrontés à la puissance de feu des colonnes de chars soviétiques des QE et se terrent au fond de leurs abris tant que le sol continue de trembler au-dessus de leur tête.

Car chacun a bien compris que, depuis le Brexit, depuis la Corée du Nord, depuis le carnage de Las Vegas, les banques centrales ne laisseront plus jamais les marchés baisser, quel que soit le motif. Nous n’avons pas affaire à une bulle mais à une fuite en avant éperdue face à un risque de désintégration du prix des actifs et de l’argent fictif sorti de nulle part et qui a vocation à y retourner

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Philippe Béchade
Philippe Béchade
Rédacteur en Chef de la Bourse au quotidien

 

Philippe Béchade rédige depuis 15 ans des chroniques macro-économiques et boursières ainsi que de nombreux essais financiers.

Intervenant régulier sur BFM Business depuis mai 1995, il est arbitragiste de formation, analyse technique et fut en France l’un des tout premiers traders et formateur sur les marchés à terme. Rédacteur et analyste contrarien pour la Bourse au Quotidien, vous trouverez son fil de news en temps réel sur cette page ou sur Twitter

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