L’impact d’un divorce sur vos investissements

Rédigé le 28 janvier 2015 par | Apprendre la Bourse, Toutes les analyses Imprimer

Source de stress majeure, le divorce est aussi terrible pour l’investisseur. Les divorcés, hommes et femmes, sous-performent significativement le marché sur une période de trois ans autour de la séparation officielle. Avec, par ailleurs, une certaine injustice : les femmes s’en remettent mieux que les hommes – du moins pour ce qui est de la performance de leurs investissements en bourse.

Le bonheur d’un ménage se ressentirait donc dans le portefeuille. Une recherche académique a effectivement étudié sérieusement cette question, en analysant les conséquences d’un divorce sur les performances boursières des participants et participantes.

En deux mots, les divorcés perdent en bourse. L’étude* que je vous présente aujourd’hui montre que les investisseurs qui se séparent officiellement de leur tendre moitié sous-performent de 17% par rapport à des profils similaires mais toujours mariés.

Ils ne sous-performent pas pendant quelques mois, mais sur une période de trois ans s’étalant entre l’avant et l’après-divorce. On comprend aisément que les événements qui conduisent à un divorce – et en résultent –  distraient immanquablement l’investisseur.

L’étude s’appuie sur l’analyse de 17 ans de performances boursières de 322 578 ménages finlandais (entre 1995 et 2011). La taille de l’échantillon est donc colossale, ce qui permet d’obtenir des résultats représentatifs.

Sur ces plus de 320 000 ménages, 1 590 ont été impliqués dans un divorce ayant donné lieu à un partage de biens immobiliers. Soit une proportion de 0,49%, ce qui veut dire que soit ces ménages investissent peu dans la pierre, soit qu’ils divorcent moins que les Français. Ou les deux. L’analyse de ces 1 590 futurs ex-couples nous donne toutefois un nombre largement suffisant pour en tirer des conclusions.

L’article montre que les futurs ex-époux réduisent d’environ 20% leur performance boursière après leur divorce. Une perte importante donc, qui s’ajoute aux difficultés des personnes récemment divorcées. En outre, une fois qu’ils sont séparés, leurs portefeuilles ne retrouvent que lentement leurs performances passées.

Dans le détail, les hommes et les femmes subissent le même recul de leurs performances immédiatement avant et après un divorce. Mais l’âge semble avoir un réel impact : la performance des investisseurs plus âgés au moment du divorce pâtit moins de la séparation.

En revanche, la reprise est nettement plus prompte du côté de la gent féminine. Deux ans après une séparation, les femmes retrouvent leurs performances de trading d’avant-divorce. Les performances des hommes, en revanche, demeurent inférieures à ce qu’elles étaient, et de manière significative.

Pour expliquer ces résultats, les chercheurs font une incursion du côté de la recherche en psychologie, dont certaines études ont démontré que les hommes et les femmes ne sont pas égaux devant le divorce. Ils ne le seraient donc pas non pas plus devant ses conséquences boursières.

D’après les auteurs de ces études, les hommes connaissent un niveau de stress maximal une fois que le divorce est consommé (ou finalisé, si vous préférez), alors que le stress des dames atteint un pic quand est prise la décision de se séparer (c’est-à-dire avant le divorce). De même, les hommes sont plus enclins à faire le deuil de leur mariage en buvant davantage d’alcool ou en travaillant plus, ce qui ne favorise pas la lucidité nécessaire à l’investissement.

Enfin, les investisseurs réagissent différemment au stress engendré par un divorce. Les hommes ont tendance à augmenter leur allocation en actifs risqués (actions, par exemple), tandis que les femmes abaissent généralement leur niveau de risque suite à une séparation. Ce qui a des répercussions supplémentaires sur leurs performances respectives. Et sur votre portefeuille si vous vous posez ce genre de questions.

* Les études mentionnées dans cet article, et bien d’autres encore, peuvent être consultées en vous enregistrant sur notre page spéciale “Agora”.

Mots clé : - -

sylvainfrochaux
sylvainfrochaux
Directeur de la recherche chez Straight from The Lab

Sylvain Frochaux est le directeur de la recherche chez Straight from The Labet fondateur de Solution ORION© (https://ra113.infusionsoft.com/go/so/Agora/). Il est surnommé par ces pairs le « Japonais blanc » de la finance, en raison de son caractère jusqu’au-boutiste et de son parcours de vie.

Après des études brillantes à HEC Lausanne (où il finit premier de sa volée, avec notamment une thèse de master en économétrie financière), il se dirige vers le Japon pour y effectuer son doctorat. De retour en Suisse, il devient responsable de l’analyse financière et de la recherche académique pour le quotidien financier L’Agefi.

En 2009, il quitte le journalisme pour créer le groupe Straight from The Lab (https://ra113.infusionsoft.com/go/sftl/Agora/) qui a pour objectif de rendre accessible, aux investisseurs privés, les dernières recherches en finance. En 2013, après trois ans de recherche, il lance avec son équipe le service Solution ORION© (https://ra113.infusionsoft.com/go/so/Agora/), une solution d’investissement basée exclusivement sur l’analyse scientifique des marchés. Unique en son genre, cette stratégie fournit aux investisseurs un portefeuille clé en main, avec une garantie de performance (minimum 50% en cinq ans).

Toutes les études mentionnées dans les articles signés par Sylvain Frochaux peuvent être consultées en vous enregistrant sur la page commune des Publications Agora et de Solution ORION© (https://ra113.infusionsoft.com/go/so-agora/Agora/).

Laissez un commentaire