Les riches heures de l’immobilier américain… façon Maharadja

Rédigé le 25 janvier 2016 par | Indices, sociétés et marchés, Toutes les analyses Imprimer

C’est à se demander si le modèle social des Etats-Unis n’est pas en train de basculer vers un scénario de type « Indes des Maharadjas » alors que, selon les statistiques de la NAHB (National Association of Home Builders), la taille moyenne d’une maison mise en construction l’année dernière a dépassé les 300 mètres carrés.

Mais cette moyenne trahit un phénomène en spectaculaire accélération depuis 2 ans, celle de la construction de méga-maisons de 800 à 1 300 mètres carrés avec salle de fitness, salon d’apparat de 150 mètres carrés, etc.

Sans aller jusque vers ces extrémités, pratiquement une maison sur deux, construite en 2015, comprenait quatre chambres ou plus ; 40% comportaient trois salles de bain, un quart d’entre elles un parking couvert pour trois voitures ou plus – c’est d’autant plus paradoxal que plus les familles sont riches, moins elles sont nombreuses : 3 chambres suffisent le plus souvent.

Et plus d’un tiers de ces biens à 350 000 $ et plus sont acheté cash par des acquéreurs qui n’éprouvent aucune difficulté à compléter l’équipement de la maison avec des cuisines à 50 000 $…

Pendant ce temps, les primo-accédants sont complètement exclus du marché (moins de 5% des transactions signées en 2015) ; plus de 50% de jeunes américains âgés entre 18 et 24 ans vivent chez leurs parents, un score sans précédent… et ils sont encore 15% de la tranche des 25 et 34 ans (même assumer un petit loyer est compliqué).

L’écrasante majorité des Américains souhaitant accéder à la propriété se contenteraient d’une maison de 180 à 200 mètres carrés d’une valeur médiane de 250 000 $… mais les vendeurs de maisons haut de gamme se frottent les mains ; pour leur cœur de clientèle « big is beautiful »…

Jamais dans l’histoire des Etats-Unis l’écart n’a été aussi abyssal entre la taille moyenne des maisons construites et celles que peuvent s’offrir les 90% des Américains les moins fortunés.

Quant à la jeune génération… avec 50 000 à 75 000 de prêts étudiants sur le dos en moyenne à l’entrée dans la vie professionnelle, il leur faudra attendre d’atteindre 34 ans et plus avant de songer à devenir propriétaire… sauf si papa et maman possèdent déjà plusieurs maisons à 350 000 $ et plus !

Mots clé :

Philippe Béchade
Philippe Béchade
Rédacteur en Chef de la Bourse au quotidien

 

Philippe Béchade rédige depuis 15 ans des chroniques macro-économiques et boursières ainsi que de nombreux essais financiers.

Intervenant régulier sur BFM Business depuis mai 1995, il est arbitragiste de formation, analyse technique et fut en France l’un des tout premiers traders et formateur sur les marchés à terme. Rédacteur et analyste contrarien pour la Bourse au Quotidien, vous trouverez son fil de news en temps réel sur cette page ou sur Twitter

Laissez un commentaire