Il n’y a pas de honte à gagner facilement en Bourse ! (2)

Rédigé le 25 mars 2008 par | Autres indices Imprimer

Je vous disais ci-dessus que beaucoup de valeurs sont massacrées, et que leur PBR est inférieur à 1. Ce qui est complètement aberrant !

C’est ce qui me fait dire que nous sommes sans doute en train de vivre les dernières séances de baisse — dont le signal a été donné l’été dernier par la crise des subprimes. Elle pourrait bien se poursuivre encore un peu, mais nous ne sommes plus dans la nécessaire prise en compte de la crise américaine, des risques nouveaux, des changements liés à la chute du dollar et à l’euro fort, etc.

Nous sommes déjà dans le domaine de l’irrationnel, de l’excès. Là, le marché est prêt pour une vraie hausse (et non plus un simple rebond technique), sauf à supposer (comme on entend désormais par-ci par-là) une grosse récession mondiale, une nouvelle crise de 1929. Ce qui ne me paraît pas très réaliste.

EADS, par exemple, ne peut que rebondir Prenons l’exemple parlant d’EADS. Après toutes les péripéties que vous connaissez, et la chute incessante du titre, le PBR de l’action n’est plus que de… 0,85 ! Or, sauf à supposer carrément la mort du groupe, son démantèlement, sa banqueroute, en aucun cas l’action EADS ne peut valoir aussi peu. Le petit calcul tout bête que vous et moi sommes capables de faire en deux minutes (capitalisation/fonds propres), est fait (de manière certes plus subtile et complexe) par des milliers d’analystes financiers dans le monde.

Les gérants qui lisent les rapports de ces analystes sont aujourd’hui souvent obligés de vendre, puisque les investisseurs retirent leurs fonds. Et pourtant, vous le savez, il faut vendre au son des violons et acheter au son des canons ! Je suis prêt à parier que dès que les gérants pourront se permettre de revenir à l’achat, EADS sera parmi les premiers à rattraper le terrain perdu. Et pour votre fond de portefeuille, du long terme (entre 2-5 ans), vous pouvez sans trop de risque acheter de l’EADS sur la simple foi de l’analyse financière de base.

Et ce, sans même parler de l’évident attrait de cette action sur le plan spéculatif, puisque l’actionnariat d’EADS sera amené à bouger même si le groupe n’est pas facilement opéable pour des raisons politiques.

Il est clair en même temps qu’un analyste technique attendra les premiers signes d’un rebond significatif avant de se placer, car l’action EADS n’a pas du tout un profil graphique attirant pour acheter maintenant ! Donc sur les turbos par exemple, j’attendrai il est vrai les premiers signes techniques pour jouer des calls à très court terme. Car actuellement, je ne peux pas prendre le risque d’être pris à contre-pied sur ces produits à très fort levier (et qui ont en plus une barrière désactivante !)

Prenez du recul : vous gagnerez plus facilement sur le long terme Mais pour investir sur du long terme, vous trouverez bien d’autres exemples d’actions « trop » massacrées. Par exemple (évidemment!!) la malheureuse Générale, dont le PBR se traîne vers 0,91. Croyez-vous que la banque va disparaitre ? Qu’elle va subir cinq ou six autres cas Kerviel ? Ou bien que le marché reviendra à plus de raison et, accessoirement, que des prédateurs pourraient s’intéresser à cette entreprise intrinsèquement prospère ? Idem pour AXA (PBR inférieur à 1, là aussi) et pour plusieurs autres valeurs financières, ce qui est du reste logique, les banques et les assurances étant parmi les premières victimes de la crise des subprimes.

Si on veut gagner en Bourse de façon stable et récurrente, on peut certes, tenter des coups boursier, mais il convient surtout d’ouvrir les yeux, de réfléchir, de cesser de courir avec les autres, pour éviter le sort des moutons de Panurge.

Vous devez vous efforcer d’être objectif, d’analyser la réalité sous tous les angles, en évitant tout sectarisme.

L’analyse technique, grâce à laquelle je vis, ne m’empêche pas de lorgner quelquefois sur des méthodes tirées de l’analyse fondamentale,à laquelle j’ai été formé jadis. Et en ce moment, quand l’excès des marchés obère toute réflexion froide, j’ai pensé que cela pourrait aussi vous faire réfléchir et intéresser certains.

Il n’y a pas grand-risque à miser aujourd’hui à la hausse sur des valeurs comme EADS, la Société Générale ou Axa. Vous pouvez facilement en trouver une bonne trentaine d’autres sur la cote parisienne, c’est presque « trop facile » ! Mais il n’y a pas de honte à gagner en Bourse de façon facile !

Mots clé : - - - - - - - - - - -

marc-dagher
marc-dagher

Laissez un commentaire