Il n’y a pas de honte à gagner facilement en Bourse ! (1)

Rédigé le 25 mars 2008 par | Autres indices Imprimer

La Bourse n’est qu’un vaste champ de spéculation. Non pas au sens de « spéculation financière » (encore que !) mais au sens de « spéculation intellectuelle sur l’avenir ». L’avenir qui est, par définition, incertain.

Les cours actuels reflètent l’avenir Les anticipations des agents (dont grosso modo la moitié aura raison et l’autre moitié tort) vont les conduire à acheter et à vendre des actions, des options, des obligations et tous les autres instruments financiers, en espérant une hausse ou une baisse, en fonction de leur positionnement. La valorisation des actifs boursiers n’est donc pas vraiment fonction du passé (par exemple, les résultats des entreprises lors des exercices ou trimestres précédents), mais de l’AVENIR, tel qu’anticipé par les investisseurs.

Si les investisseurs croient que le dollar vaut quelque chose, la puissance de la monnaie américaine se maintiendra contre vents et marées, contre toute raison. C’est ce qui a valu au billet vert plusieurs décennies d’existence paisible et confortable… Et c’est ce qui a permis au gouvernement américain de l’imposer au monde entier puisque l’inflation américaine était financée par tous les détenteurs de dollars — majoritairement étrangers.

Et puis il a suffi d’une prise de conscience à l’échelle mondiale (mieux vaut tard que jamais !) pour que le marché voue le dollar aux gémonies, et que la devise américaine se fasse massacrer — là aussi, de façon sans doute exagérée.

Même si tout va mal, les marchés peuvent fort bien monter du moment que les intervenants anticipent une embellie. Inversement, les anticipations d’une récession peuvent faire chuter les indices mondiaux avant que cette récession ne se manifeste vraiment.

L’analyse technique ne vous aidera pas à comprendre la vraie économie… Une fois qu’on a compris que les marchés financiers ne sont qu’une dérivée de l’économie réelle (et les options, une dérivée seconde donc !), on ne s’étonne plus de voir s’envoler des titres de sociétés qui ne gagnent rien et ne font que « bouffer » l’argent des actionnaires… ou au contraire s’écrouler les fleurons de l’économie sans difficultés apparentes.

Ajoutez-y le règne de l’irrationnel, la domination du court-termisme, l’ébullition des émotions humaines exacerbées par l’appât du gain, l’avidité et la peur de perdre, l’amour du risque de certains et l’allergie au risque des autres, les phénomènes moutonniers, et vous aurez là un cocktail boursier bien explosif, que seuls les cœurs solides peuvent supporter.

Mais tout cela, c’est ce qui permet à l’analyse technique de tenter de définir les probabilités de mouvement dans tel ou tel sens de manière à obtenir une espérance positive pour la méthode suivie. Vous le savez comme moi, elle est un outil indispensable pour qui veut se positionner à court terme, et jouer des allers-retours rapides. Les niveaux sont si précis, et les mouvements si rapides que vous ne pouvez vous en passer. Evidemment, dans mon service sur les Turbos je me base sur des outils techniques et mathématiques. C’est ce qui nous permet d’engranger des gains en quelques séances à peine (même si, évidemment, nous faisons parfois des erreurs).

Oui mais… les turbos par exemple sont des produits ultra-réactifs, et si leur potentiel est de 50%, 70%… ou même 100% en quelques jours, ils ne doivent représenter qu’une infime partie de votre portefeuille car ils sont très risqués. Le reste de votre capital, vous devez le consacrer à des investissements plus sûrs, et de plus long terme.

Et c’est justement en cela que l’analyse fondamentale vous permet parfois d’avoir un éclairage très utile, destiné à sortir de ce bouillonnement de court terme et de regarder les choses de manière plus objective.

… Alors, apprenez à regarder aussi du côté des fondamentaux L’analyse fondamentale ne vous permettra sans doute pas de gagner de l’argent à court terme ; en revanche elle vous aidera à définir avec un haut degré de certitude si une baisse ou une hausse deviennent irrationnelles et exagérées.

Attention, ça ne signifie pas qu’un mouvement inverse va forcément se produire aussitôt. Le marché peut très bien poursuivre ses excès encore pendant de longues semaines et même des mois : souvenons-nous des sommets de la bulle 1998-2000… Mais l’analyse fondamentale vous aidera à garder la tête froide.

Utilisez par exemple le PBR Pour définir le plancher en-dessous duquel un titre est « trop bas », plutôt que d’utiliser le classique PER (galvaudé et souvent peu fiable, puisque dépendant trop du secteur concerné), je préfère utiliser le PBR (price-to-book ratio) : c’est le rapport entre la capitalisation boursière et la valeur comptable des fonds propres d’une société.

Ce ratio d’analyse fondamentale, très simple et qui ne demande pas d’avoir fait une école d’ingénieur pour être calculé et utilisé, se situe généralement aux alentours de 1,5 à 3,5 — voire bien plus pour les valeurs de croissance dont la valorisation est due aux anticipations des gains futurs, et non à la valeur de ses actifs, trop faibles.

Bien entendu, une société solide et stable qui génère des bénéfices d’année en année, ne peut pas vraiment coûter MOINS que sa valeur « à la casse » (dont la valeur comptable est une bonne approximation). Sans oublier le fait qu’une société industrielle ancienne possède généralement plusieurs biens (terrains, immeubles, outils…) qui n’ont plus qu’une valeur comptable très faible voire nulle. Par conséquent, la valorisation boursière (la capitalisation) de ces sociétés ne devrait en aucun cas descendre sous la valeur comptable. Autrement dit, le PBR ne devrait jamais être inférieur à 1.

Pourtant, un PBR inférieur à 1… c’est ce que je constate depuis quelques jours voire semaines sur certains titres. Voyons comment vous pouvez en profiter.

Mots clé : - - - - - - - -

marc-dagher
marc-dagher

Laissez un commentaire