Il faut trouver une tendance

Rédigé le 26 août 2008 par | Big caps Imprimer

Cher trader

« Pfffff… Tu vois, je te l’avais dit. J’ai bien fait de ne pas prendre de calls vendredi. C’est sûr que sur certains titres, ça aurait pu faire de belles perfs sur la journée. Mais c’est typiquement un marché où je préfère m’asseoir sur quelques pourcents que risquer un retournement. J’ai préféré attendre de voir si on franchissait les 4460 pts. Heureusement…« , me dit Marc Dagher en arrivant au bureau ce matin.

Oui, en effet. Je me dis que ces marchés ont vraiment de quoi rendre dingues nos analystes. Il leur faut pas mal de rigueur pour s’en tenir à leur stratégie initiale et ne pas succomber aux chants des sirènes. Plan your trade and trade your plan. On en revient toujours à la même chose.

Un collègue américain ironisait l’autre jour : « Maintenant, avec ces marchés schizophrènes, vous comprenez pourquoi il y a tant d’alcooliques dans les salles de marché ! »

C’est vrai qu’après plusieurs séances de hausse autour du 15 août, le CAC perdait dès le lundi 18 août -0,11%, puis -2,61%… avant de grignoter +0,76%, d’en reperdre 1,40%, d’en regagner 2,23% hier et aujourd’hui s’enfoncer dans la baisse.

Et non, contrairement à ce que vous croyez, ce n’est absolument pas confortable pour du trading ! Même en intraday on trouve une volatilité démesurée. Un trader aime qu’il y ait un minimum de tendance, même à très court terme. Dans l’horizon de trading qu’il a déterminé, il lui faut un plan, une stratégie claire. Il lui faut des supports nets, des niveaux enfoncés ou dépassés, des signaux forts pour pouvoir initier une position ayant un bon risk/reward.

Or là, trader et prendre position dans des marchés si volatiles, et a fortiori sur des produits dérivés, c’est risqué et tendu. Très tendu. Il faut voir nos analystes, au bureau, quand ils ont des lignes ouvertes et qu’ils doivent quitter leurs écrans quelques instants pour une réunion. C’est quasiment un drame ; « bon, OK, mais on fait vite. J’ai un put avec un stop serré, c’est chaud là« . Alors on fait vite — ou on décale la réunion à la clôture.

De tels marchés demandent à ce que l’on s’adapte. Quand on pouvait tranquillement viser 100% en quelques séances sur des turbos, il faut en ce moment se contenter de prendre ses gains à 30% ou 50%, parfois en une ou deux séances… quitte à rater le reste de la hausse le lendemain. C’est bien, évidemment, mais il faut s’obliger à être plus prudent. Il en va de même pour les stops ; il faut avoir des niveaux rigoureux et s’y tenir. Mais le plus important, en ce moment, c’est de revoir son espérance de gain à la baisse. Sinon, Monsieur le Marché vous fera vite payer votre gourmandise.

Enfin, le côté positif, c’est que chaque jour a son lot d’adrénaline et que même dans des marchés baissiers, on peut toujours s’en sortir haut la main avec des produits dérivés. [Ndlr : Je vous ai parlé des derniers gains de Marc sur turbos ? Deux gains de +70,37% et +95,90% pour une seule perte de 23% seulement], Sur ces belles paroles, je vous laisse justement avec Marc qui fait un point sur le CAC.

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Nathalie Boneil
Nathalie Boneil
Directrice de la rédaction aux Publications Agora

Nathalie Boneil est Directrice de la rédaction aux Publications Agora. Elle a travaillé dans l’univers de la Bourse plus de 4 ans – mais c’est depuis toute petite que son grand-père lui parle des marchés et de l’investissement. Aujourd’hui, elle travaille avec nos rédacteurs et analystes sur les marchés actions pour qu’ils vous proposent les meilleurs services, les meilleures idées d’investissements, de manière la plus simple et la plus profitable qui soit pour vous.

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