L’Espagne redémarre… mais des progrès sont encore à faire

Rédigé le 7 juillet 2015 par | Autres indices, Toutes les analyses Imprimer

J’étais à Madrid le week-end dernier, ma famille m’ayant offert ce superbe week-end pour célébrer mon âge avançant. J’ai donc décidé de ne pas vous parler de la Grèce mais de l’Espagne qui semble bel et bien sur le point de renaître de ses cendres, ce que j’ai pu constater. Certes, le pays peut encore s’améliorer sur de nombreux points : la dette publique devrait atteindre les 100% du PIB cette année tandis que le déficit budgétaire dépasse largement les 5% du PIB – ce qui reste un progrès par rapport à 2012, année où il était supérieur à 10%. Cependant ces écarts budgétaires ne semblent pas inquiéter les investisseurs : dans le sillage de la remontée des taux européens, le 10 ans espagnol s’est évidemment tendu, mais à un niveau qui est loin d’être insoutenable pour le pays : le Bonos affiche actuellement un taux de 2,35%…

Quelle amélioration en 3 ans ! A la mi-2012, quasiment jour pour jour, le Bonos affichait un taux  de 7,5% et l’on parlait de faillite du pays. Il faut se rappeler qu’alors les conditions de crédit étaient insoutenables et entraînaient des frais financiers monstrueusement élevés…

L’autre point négatif reste cependant le chômage qui ne descend pas et reste largement au-dessus des 20% (à 23%). Et nombreux sont ceux dénonçant une précarisation de l’emploi.

Ainsi, 90% des nouveaux contrats de travail signés sont des CDD dont la moitié pour des durées de moins de trois ans. De même, un tiers des salariés touchent moins de 645 €/mois. Difficile de bâtir un avenir sur de tels chiffres…

Néanmoins, j’ai l’impression qu’un art de la débrouille s’est mis en place. Comme dans tous les pays en difficulté, structurellement, les gens finissent pas ne compter que sur eux même, et se débrouillent, ce qui rend ces chiffres moins dramatiques, peut-être, ou du moins moins pertinents. Quand, samedi soir, nous nous sommes rendus dans un restaurant assez cossu, le patron du restaurant m’a proposé de me faire une ristourne de 15% si je payais en espèces… Devant mon étonnement, il m’a indiqué qu’il avait des extras à payer et qu’il lui fallait donc des espèces… Et je vous assure qu’il m’a parlé en toute franchise, m’expliquant que cela se pratique beaucoup en Espagne en ce moment !

Voilà donc comment se met en place une économie souterraine qui fait que les chiffres du chômage, bien que réels, ne décrivent qu’imparfaitement une économie en partie informelle .

L’Espagne va aussi mieux du côté de la croissance : selon les dernières prévisions du Premier ministre Mariano Rajoy, son PIB pourrait progresser de 3,3% cette année, une nette amélioration par rapport aux 1,4% de 2014 (et depuis quand en France avons-nous vu une telle croissance ?). Ces perspectives revues à la hausse ont décidé le gouvernement à réduire de 1% l’impôt sur le revenu, et d’abaisser de 4 points de base (de 19% à 15%) les prélèvements sur les travailleurs indépendants. Cela pourrait n’être que des mesures populaires en vue des élections générales qui auront lieu dans six mois afin de contrer la montée des populismes en Europe — Podemos, le parti antilibéral en Espagne, pousse les gouvernants à agir avant que les critiques ne fusent.

En Bourse, l’indice espagnol, l’IBEX35, a gagné 100% entre la mi-2012 et avril 2015 (le point haut des marchés) ; un peu comme le CAC40 d’ailleurs.

rebond espagnol

L’indice est actuellement dans une phase de consolidation, mais il me semble que sa tendance haussière n’est pour le coup pas remise en cause, contrairement à l’indice parisien. Il y aurait donc peut-être un potentiel boursier à jouer du côté de l’Espagne pour accompagner le redressement du pays !

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Eric Lewin
Eric Lewin
Rédacteur en Chef de La lettre PEA et Mes valeurs de Croissance

Journaliste pour BFM Business et dans d’autres médias… conseiller pour un fonds Small Caps chez CFD Asset Management… responsable de la salle de marché chez EuroLand Finance… consultant pour dirigeants d’entreprise…

Le parcours professionnel d’Eric Lewin est tout simplement remarquable – et représente un atout considérable pour vos investissements : un carnet d’adresses rempli, l’expérience de la réalité des publications de résultats, de la manière dont les « insiders » et les institutionnels fonctionnent…

Cette expérience multi-facettes lui permet de lire entre les lignes des marchés – et de révéler aux lecteurs de La lettre PEA des conseils de tout premier ordre pour se constituer un PEA alliant solidité… et économies d’impôts !

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