L’hypothèse que l’OPEP n’évoque pas alors que le pétrole flambe au-delà des 57$/baril

Rédigé le 7 novembre 2017 par | A la une, Pétrole Imprimer

L’OPEP vient de publier une étude qui ne va pas contribuer à faciliter la compréhension du rally haussier de +36% en ligne droite du WTI depuis le plancher des 42,1$ du 21 juin dernier.

OPEPL’accélération des 4 dernières semaines (+17% entre 49,1 et 57,6$) laisse songeur, et plus encore depuis ce mardi matin puisque l’OPEP estime que la  production de pétrole de schiste des Etats-Unis, va fortement progresser ces prochaines années.

La production mondiale d’hydrocarbures liquides (pétrole et GNL, ou gaz naturel liquéfié) devrait grimper de 96,5M barils/jour en 2017 vers 101MS barils/jour d’ici 2 ans (début 2020).

L’offre des pays « non-OPEP’ devrait croître de pratiquement +10% (de 57 à 62M barils/jour d’ici 2022) dont 75% proviendraient des seuls Etats-Unis, les 25% restants étant largement fournis par le Brésil (offshore profond) et le Canada.

Cela soulève 2 questions : pourquoi le Venezuela qui possède la plus grande réserve de pétrole prouvée (certes offshore) ne fait pas partie de l’équation en matière de hausse future de l’offre d’or noir ?

La seconde question est : qui accroît sa consommation d’énergie fossile dans des proportions « paraboliques » cette année ?

J’avance une hypothèse qui demeure confidentielle – mais je l’assume – puisque je l’ai déjà défendue dans une récente vidéo: le « minage » de Bitcoins, et des autres cryptodevises.

Cette activité est extrêmement gourmande en kilowatt et une étude de Digiconomist (publiée par BFM) révèle que cette activité représenterait l’équivalent de la consommation énergétique d’un pays comme le Nigeria (185M d’habitants consommant 25 térawatts/an).

Oui, le « minage » intensif tel qu’il se pratique au rythme actuel (notamment au Venezuela, en Corée du Nord, en Russie…) requiert des térawatts d’électricité (et la conso croît de façon exponentielle avec la complexification de la blockchain)… à tel point que des systèmes de récupération de chaleur sont installés sur certains sites où tournent des milliers de PC équipés de cartes graphiques surpuissantes.

Les « fermes à Bitcoin », souvent situées près d’une source de courant bon marché où dans des pays où l’électricité est vendue bien en dessous de son coût de revient, ce qui est le cas dans de nombreux pays en voie de développement, dont les centrales sont fortement consommatrices de charbon ou de fioul.

En Europe ou en Californie où les énergies renouvelables sont privilégiées, la note d’électricité explose: « miner un ‘BTC' » devient ruineux !

J’attends avec impatience qu’un spécialiste produise une évaluation solide de l’empreinte carbone du Bitcoin (et des autres « cryptos »)… et je parie que les chiffres qui seront obtenus (il serait question de 13 tonnes de CO2 par Bitcoin, chiffre en en croissance également exponentielle, vont donner le vertige, ou provoquer de sévères quintes de toux !

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Philippe Béchade
Philippe Béchade
Rédacteur en Chef de la Bourse au quotidien

 

Philippe Béchade rédige depuis 15 ans des chroniques macro-économiques et boursières ainsi que de nombreux essais financiers.

Intervenant régulier sur BFM Business depuis mai 1995, il est arbitragiste de formation, analyse technique et fut en France l’un des tout premiers traders et formateur sur les marchés à terme. Rédacteur et analyste contrarien pour la Bourse au Quotidien, vous trouverez son fil de news en temps réel sur cette page ou sur Twitter

Un commentaire pour “L’hypothèse que l’OPEP n’évoque pas alors que le pétrole flambe au-delà des 57$/baril”

  1. C’est que nous allons vers la guerre M.Philippe. Les USA veulent prendre la place de la russie pour vous alimentez en gaz, L’arabie veut la guerre dans son coin et si ça pête en Corée, alors combien de barils pour faire rouler ce spectacle ? Oui le minage, mais l’armée consomme comme un trou sans fond. Merci pour votre bulletin quotidien et bravo à l’équipe !

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