Histoire des cryptomonnaies : le Bitcoin en une leçon (partie 3)

Rédigé le 9 octobre 2017 par | A la une, Apprendre la Bourse, Bitcoin & cryptomonnaies, Taux & Devises Imprimer

Aujourd’hui, nous continuons notre article sur « le Bitcoin en une leçon » en quatre chapitres (comment ça « contradictoire » ? Pas du tout), avec la troisième partie. Un petit résumé, si vous venez de nous rejoindre.

Il y a quelques semaines, un collègue m’a envoyé quatre questions. Je ne saurais dire si c’est à cause des litres de thé vert matcha ou du café très très serré consommés ce matin-là, mais j’ai fini par écrire un long texte que j’ai décidé de transformer en série d’articles.

Voici les questions d’origine :

Je commencerai par une petite remarque.

Les opinions que je vais vous présenter aujourd’hui ne représentent certainement pas celles de l’écosystème des crypto-monnaies dans son ensemble. Une bonne partie de ses représentants seraient même sans doute en total désaccord avec moi. Ce n’est pas grave.

Mes deux précédents articles étaient plutôt explicatifs (partie 1 et partie 2). Aujourd’hui, je vous livre plutôt une sorte d’article d’opinion, plus prédictif. J’en ai déjà les yeux tout embués. Donc prenez tout ça avec un grain de sel.

Parce que les prédictions, notamment quand elles concernent l’avenir, peuvent être des créatures très changeantes.

« Quelle est, selon vous, la crypto-monnaie dont la légitimité est la plus grande ? »

La plus légitime reste le Bitcoin.

Je pense que la concurrence entre la monnaie et les crypto-monnaies est enthousiasmante et très utile. Mais il y a trois choses à garder à l’esprit.

1) Rien n’est breveté. Tout est en open source. Aucune innovation n’aura de chance de prospérer sans livrer tous ses « secrets » (ce qui pourrait avoir pour conséquence paradoxale de rendre le Bitcoin plus fort et l’immense majorité des monnaies alternatives superflues).

Et puis soyons honnête…

2) TOUTES les crypto-monnaies sont des copies (ou des « embranchements ») du Bitcoin. La plupart d’entre elles n’ajoutent aucune valeur à l’écosystème, et l’on s’en rendra forcément compte tôt ou tard.

Dans neuf cas sur dix, celles qui apportent effectivement quelque chose de nouveau verront le Bitcoin leur voler cette innovation pour l’ajouter comme couche supplémentaire : elles se feront cannibaliser.

Parce que…

3) Le Bitcoin reste le réseau le plus sûr de la planète (et celui qui inspire le plus confiance.) Il a gagné bataille après bataille et en est toujours ressorti plus fort (l’informatique quantique pourrait être le cygne noir du Bitcoin, mais nous en reparlerons la semaine prochaine).

Si le Bitcoin a survécu jusqu’à maintenant, c’est parce qu’il constitue une excellente couche neutre. C’est le secret de son succès : on peut l’utiliser pour y construire énormément de choses, et la plupart d’entre elles ne nécessitent pas l’existence d’une monnaie marginalement différente.

On peut dire la même chose d’Internet : le réseau n’est qu’un simple système d’envoi de colis. Internet en tant que tel n’est pas intelligent. Mais les gens peuvent l’utiliser pour faire des choses incroyablement sophistiquées.

Je pense que la même chose sera vraie pour le Bitcoin.

Le Bitcoin dévorera sa propre descendance

Si une crypto-monnaie offre une nouvelle possibilité, il est quasiment certain que la communauté grandissante du Bitcoin trouvera un moyen de l’utiliser.

Selon James Altucher, « 99% des crypto-monnaies sont des arnaques complètes. Et oui, il y a bien une bulle des crypto-monnaies. » Je suis d’accord.

Selon moi, il y a encore une belle marge de progression sur le marché des monnaies alternatives avant que cette bulle n’explose, mais elle finira par se dégonfler. L’argent sera alors récupéré par quelques acteurs clé – en l’occurrence, le Bitcoin.

Disons que le Bitcoin est une grande carafe d’eau, et que les autres monnaies alternatives sont de petits verres. Depuis plusieurs années, l’eau se déverse d’abord dans la grande carafe. Mais environ la moitié est ensuite transférée vers des crypto-monnaies alternatives et spéculatives.

Beaucoup de ces monnaies n’ont pas la moindre utilité et ne servent qu’à des « baleines » (de gros poissons dotés de beaucoup de capital pour influencer de minuscules marchés) pour diffuser de fausses nouvelles. Quelque chose finira bien par déclencher un exode de masse. Et la majorité de l’eau sera immédiatement reversée dans la grande carafe du Bitcoin.

Cela ne signifie pas que de nouvelles crypto-monnaies ne seront pas créées à l’avenir – ni qu’aucune nouvelle monnaie n’aura sa chance.

Je pense simplement que le Bitcoin restera la monnaie la plus légitime – l’étalon-or. (C’est là que beaucoup de gens ne sont plus d’accord, et affirment que le Bitcoin pourrait facilement perdre sa place sur le trône. Nous verrons bien.)

Quoi qu’il en soit, une distinction claire sera faite entre les monnaies alternatives dignes de ce nom (couche 2) et la monnaie de singe (couche 3). Certaines crypto-monnaies alternatives pourront se hisser sur le devant de la scène, mais la différence de capitalisation boursière entre les monnaies de la couche 2 et celles de la couche 3 sera impressionnante (si vous voulez investir puis ne plus y penser, la meilleure solution est de déterminer quelles monnaies passeront du niveau micro aux rangs des mâles alpha dans notre meute de loups.)

L’avènement des chiens de garde

L’atterrissage des monnaies alternatives pourrait se faire plus en douceur que celui d’autres bulles par le passé. Plutôt qu’un exode violent, il est possible que le processus commence doucement, à mesure que des données plus précises deviendront disponibles, grâce à des services « chiens de garde » qui auront la confiance de la communauté. Des crypto-détectives capables de déchiffrer le code, d’y lire un message et de le traduire dans un langage clair. Ils démystifieront les nouvelles monnaies et aideront les investisseurs à faire la différence entre les bonnes affaires et les énormes tas de fumiers de manière fiable, facile à comprendre et divertissante.

Des systèmes de réputation naîtront sans doute aussi, et permettront de suivre les développeurs et d’évaluer les équipes derrière les crypto-monnaies sur la base de leurs performances passées. Les arnaqueurs à l’origine de monnaies pourries par le passé, créées dans le seul but d’arnaquer les plus naïfs et de gagner de l’argent rapidement, seront bien vite détectés.

Les gens commenceront à voir le vrai visage de la cryptosphère. à ce stade, le battage médiatique commencera à s’affaiblir : la poussière retombera.

À long terme, je pense que seules quelques petites monnaies alternatives (le top 10, peut-être ?) auront une chance de vraiment devenir grandes.

crypto-monnaies Certes, le Litecoin n'est pas fondamentalement différent du Bitcoin, mais si le Bitcoin est l'or numérique, le Litecoin est l'argent. Il est le bras droit du Bitcoin : plus petit et beaucoup plus flexible, il permet de tester les innovations préalablement à leur mise en oeuvre par le Bitcoin. Le Litecoin est aussi très populaire en Chine. Pour toutes ces raisons, je pense qu'il réussira sans doute à se maintenir à long termeCe sont les développeurs de monnaies de niche qui auront les meilleures chances, ceux qui offrent des options très spécifique mais à fort potentiel. Monero, par exemple, ne fait aucun compromis en matière d’anonymat. Ethereum/Ethereum Classic propose des contrats intelligents/applications décentralisées. Et puis il y a le Litecoin.

Certes, le Litecoin n’est pas fondamentalement différent du Bitcoin, mais si le Bitcoin est l’or numérique, le Litecoin est l’argent. Il est le bras droit du Bitcoin : plus petit et beaucoup plus flexible, il permet de tester les innovations préalablement à leur mise en oeuvre par le Bitcoin. Le Litecoin est aussi très populaire en Chine. Pour toutes ces raisons, je pense qu’il réussira sans doute à se maintenir à long terme.

Quelques monnaies alternatives que j’apprécie

Encore une fois, pour récapituler, le Bitcoin lui-même est une « couche neutre ». Vous pouvez l’utiliser pour faire énormément de choses. Son système de gouvernance est conçu pour être verrouillé. Il est très difficile d’y apporter des modifications fondamentales. Il est donc également difficile de modifier le réseau de manière substantielle sans provoquer de conflit ou de mouvement de résistance massive.

Les innovations véritablement révolutionnaires, selon moi, naîtront en marge du Bitcoin et seront des ajouts (les microtransactions pourraient, par exemple, s’effectuer « hors chaîne » via des services décentralisés sans visibilité, avant d’être regroupées et enregistrées sur la blockchain du Bitcoin comme une seule transaction).

Cela dit, d’autres monnaies futuristes me plaisent également.

J’apprécie le respect de la vie privée affiché par Monero et ZCash – je pense qu’ils perdureront dans l’écosystème. Le Litecoin aussi, pour les raisons mentionnées ci-dessus (même si les gains risquent de ne pas être aussi impressionnants que pour les plus petites monnaies). J’apprécie plus Ethereum Classic qu’Ethereum (c’est une question de principe). [NDLR : découvrez comment trader sur les cryptomonnaies et surtout quelles sont celles qui vont vraiment vous enrichir !]

Et puis, il y en a une autre que je trouve très convaincante : Nexus. Mais je dois faire davantage de recherches. J’en saurai plus après la conférence du mois prochain à Aspen, à laquelle j’assisterai.

C’est tout pour aujourd’hui.

Dans la dernière partie de notre série, nous parlerons de l’avenir du secteur bancaire et de la gouvernance.

 

Par Chris Campbell, initialement publié sur Libre d’Agir

 

 

Histoire des cryptomonnaies : Le Bitcoin en une leçon (partie 1)

Mots clé : - - -

La Rédaction
La Rédaction

Un commentaire pour “Histoire des cryptomonnaies : le Bitcoin en une leçon (partie 3)”

  1. […] Author […]

Laissez un commentaire