Hermès, un cadeau empoisonné ?

Rédigé le 11 juin 2018 par | Actions, Analyses indices, Big caps, Cac 40, Indices, sociétés et marchés, Trading, Bourse Imprimer

Eric vous en a parlé la semaine dernière : Hermès (FR0000052292-RMS) intégrera l’indice CAC40 lundi prochain en remplacement de LafargeHolcim (CH0012214059 – LHN).

À la suite de cette annonce, on pourrait être tenté de vouloir passer à l’achat.

En effet, qui dit « intégration au CAC40 » dit « obligation d’achat » pour les gestions, trackers et autre fonds d’investissement dont tout ou une partie des actifs vise à coller à l’indice. Leur mandat ou leur mode de fonctionnement ne leur laisse pas le choix : ils sont contraints et forcés d’en acheter pour satisfaire à leurs obligations.

Donc le cours de l’action doit logiquement progresser.

A moins…. qu’une autre partie des investisseurs en profite pour « refourguer » ses positions après une hausse spectaculaire de l’action ; soit pour prendre ses bénéfices et aller voir ailleurs parce qu’elle juge la valorisation un poil tendue, la configuration technique incertaine et le risque de déception sur les résultats futurs non négligeable.

Je vous propose aujourd’hui de passer en revue la configuration du titre afin de savoir ce que VOUS allez faire ces prochaines séances.

Hermès a cassé en mars dernier une zone de résistance située vers 450€ en dessous de laquelle elle végétait depuis un an. Cette résistance est ensuite devenue un support (« S » sur le graphique ci-dessous) ce qui a permis au titre de s’appuyer pour s’envoler sur une double résistance (pastille rouge). Les 600€ correspondent à la projection du report d’amplitude horizontaux (flèches oranges), et au report de l’amplitude du canal haussier (flèches obliques blanches).

Cotation élevée pour Hermès à son arrivée dans le CAC40

Pour agrandir le graphique, cliquez dessus

Il se trouve que l’action a soudainement décroché autour des 600€ au moment même où l’entrée du groupe au CAC40 a été annoncée.

Mieux vaut attendre un pullback

À ce stade et en se fondant uniquement sur l’analyse graphique, on sait déjà que même si la dynamique long terme est haussière, on ne passe acheter juste sous cette résistance des 600€ – du moins tant qu’elle n’est pas vaincue.

Pour se positionner dans ce genre de configuration, il est (nettement) préférable d’attendre un pull back.

À cet égard, le premier niveau de support intermédiaire (« S-I », le petit segment bleu pointillé sur le graphique) se situe vers 535€ (les reports d’amplitudes intermédiaires sont représentés par les flèches bleues verticales).

Si l’on achète maintenant, quel est le potentiel ? Moins de 8% avant de revenir sur la zone de résistance, ce qui est bien trop peu pour un investisseur de moyen terme.

Autre question essentielle : dans ce cas, où placer son stop ? Vu la volatilité, ce serait autour des 500€, ce qui revient grosso modo à risquer de perdre 14% pour ne gagner que 8%.

Donc acheter Hermès, je veux bien, mais il faut que le jeu en vaille la chandelle ! En d’autres termes, que le titre revienne vers la zone des 450 / 500€.

Les brokers dégradent à tout-va

Si l’on regarde maintenant la chose sous l’angle fondamental, ce n’est pas brillant non plus.

Le consensus des analyses valorise en effet Hermès à … 470 €, soit la zone graphique que je viens de mentionner pour repasser à l’achat.

Dans le détail, Exane BNP Paribas vient tout juste de dégrader son opinion de « neutre » à « sous-performance », avec objectif de cours de 498€. Credit Suisse est également passé de « neutre » à « sous-performance », avec un fair value de 480€, tandis que HSBC a révoqué son opinion « conserver » au profit d’un rating « alléger ».

Il faut dire que la valeur se traite avec un PER de plus de 47 fois les bénéfices (Eric Lewin revient d’ailleurs sur ce ratio dans son article), ce qui est énorme et ne va pas aider les calculs de valorisation du CAC une fois qu’elle y sera intégrée.

Ensuite, à chacun sa propre façon de faire et surtout sa façon de voir les choses. Mais pour ce qui me concerne, après des publications record et un tel ratio je me dis que la moindre petite déception pourrait peser fortement sur le titre. Et qu’au contraire il faudrait de nouveaux et puissants relais pour franchir la résistance des 600€.

Comme il n’y en a pas dans l’immédiat, je recommande de rester à l’écart et vous préviendrai à la fin de la prochaine consolidation si nous avons un point d’entrée acceptable à ce moment-là.

Bonne semaine à tous,

Gilles,

Les bons du Trésor italien dérapent encore…

Mots clé : -

Gilles Leclerc
Gilles Leclerc
Trader

Gilles a tout d’abord commencé dans la grande finance. Avec un MBA de la prestigieuse université américaine de Hartford, il a ensuite intégré la direction Financière IBM Europe et ensuite d’IBM Corporation (headquarters mondial). Puis, peu à peu, la passion boursière le gagnant, il s’est tourné vers les activités de trading.

Cela fait maintenant 20 ans que Gilles trade sur les marchés et il se consacre exclusivement à cette activité depuis une dizaine d’années.

Dès 2008, il fut l’un des premiers à pressentir les modifications profondes qu’allaient occasionner l’utilisation intensive des algorithmes sur les marchés financiers ; il a su s’adapter en mettant en place de nouvelles stratégies de trading répondant à ce nouvel environnement. Il créa donc son propre système de trading tout à fait spécifique et basé sur des concepts innovants.

De façon à prouver la validité de son approche, il reste l’un des rares traders/analystes à poster régulièrement ses prises de position en « Live » sur un site d’Analyse Technique de renommée ( Univers Bourse ) où il partage l’intégralité sa méthodologie.

Il intervient désormais dans La Bourse au Quotidien afin de partager son expérience et de proposer ses analyses et sa méthode au plus grand nombre.

Laissez un commentaire