Hermès : toujours aussi rentable mais pour combien temps ?

Rédigé le 17 février 2015 par | Apprendre la Bourse, Big caps, Toutes les analyses Imprimer

Année après année, le groupe de luxe confirme son positionnement unique, qui lui octroie une rentabilité bien supérieure à la moyenne sectorielle. L’année 2014 ne fera pas exception avec une marge opérationnelle attendue à 31%, certes en léger retrait par rapport aux 32,4% record de 2013 mais tout de même extrêmement satisfaisante. A titre de comparaison, LVMH a affiché l’an dernier une rentabilité de 19% : la différence est nette.

Hermès (FR0004254035) veut être reconnu comme un artisan producteur de beaux objets à fort contenu créatif. La fabrication d’un seul sac demandera par exemple de 15 à 20 heures de travail à un des artisans de la marque. De même, 85% des produits Hermès sont fabriqués en France. D’où des prix très élevés pour les produits maisons qui, souvent, profitent aussi d’un effet de rareté : il n’est pas rare de se rendre dans l’une des boutiques de l’entreprise pour ne pas y trouver le produit désiré.

hermes 15 février 2015

Doit-on y voir une stratégie visant à maintenir une artificielle rareté ? Il est difficile de répondre. Mais plusieurs amis m’ont raconté qu’ils ‘s’étaient rendus au vaisseau amiral de la rue du Faubourg-Saint-Honoré et en étaient revenus bredouille. Etonnant quand on sait qu’une paire de bottes A’ pour femme coûte 1 800 euros et qu’un sac Kelly peut atteindre la coquette somme des 6 000 euros…

Le groupe peut aussi se prévaloir d’une présence mondiale. En 2014 son chiffre d’affaires a progressé de 9,7% à 4,1 Md d’euros, le continent européen comptant pour 35% de l’activité, une part moins importante que l’Asie, qui en représentait 46%. Le groupe est aussi présent sur le continent américain où il effectue 17% de son activité. Ainsi, la faible croissance économique en Europe, où les ventes n’ont augmenté que de 6,9%, a été largement compensée par les 10,4% de la croissance asiatiques. En 2014, la maroquinerie et sellerie (44% du CA) a dynamisé l’activité avec une hausse de 12,7% mais ce sont la bijouterie et les arts de la table (7%) qui ont connu la plus forte croissance avec une progression de 13,7%.

Cette année 2015 devrait rester de bonne facture et le groupe anticipe des ventes, à taux de change constants, en hausse de +8% contre +11% en 2014 en raison d’un environnement de marché beaucoup plus incertain. C’est bien donc… mais on note à présent une régression des ventes : y aurait-il un nouveau challenge à relever pour Hermès ? Le groupe ne s’essouffle-t-il pas un peu ? Pour ma part, si j’ai pu admirer la force d’Hermès ces dernières années, je dois dire que je commence à être sceptique sur la poursuite de la progression du groupe.

L’action est stable depuis le début de l’année, et fait donc moins bien que le CAC 40 (+10,4%).

Il faut dire que la société a perdu une large part de son aspect spéculatif depuis la sortie de LVMH du capital. Une OPA s’éloigne… si bien qu’on on revient aux classiques ratios boursiers pour évaluer le titre. Et de ce côté-là, on peut parler d’une société extrêmement chère. Regardez : l’action Hermès se paye aux cours actuels sur un PER 2015 de 30 ou encore sur une VE/ebit autour de 20… Ce qui est particulièrement cher et engendre donc une capitalisation boursière d’environ 31 Md d’euros.

C’est énorme ! A titre de comparaison ‘LVMH pèse moins de trois fois Hermès, avec un CA sept fois pourtant plus élevé. Très franchement, à part son modèle unique, je ne trouve plus vraiment de catalyseurs à la hausse sur la valeur. N’oublions tout de même pas que sur 5 ans sa progression boursière atteint plus de 200%. Je ne serai donc pas surpris si l’action consolidait dans les semaines à venir et perdait du terrain.

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Eric Lewin
Eric Lewin
Rédacteur en Chef de La lettre PEA et Mes valeurs de Croissance

Journaliste pour BFM Business et dans d’autres médias… conseiller pour un fonds Small Caps chez CFD Asset Management… responsable de la salle de marché chez EuroLand Finance… consultant pour dirigeants d’entreprise…

Le parcours professionnel d’Eric Lewin est tout simplement remarquable – et représente un atout considérable pour vos investissements : un carnet d’adresses rempli, l’expérience de la réalité des publications de résultats, de la manière dont les « insiders » et les institutionnels fonctionnent…

Cette expérience multi-facettes lui permet de lire entre les lignes des marchés – et de révéler aux lecteurs de La lettre PEA des conseils de tout premier ordre pour se constituer un PEA alliant solidité… et économies d’impôts !

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