Risque de consolidation sur Hermès, tout un secteur menacé

Rédigé le 1 novembre 2010 par | Big caps Imprimer

Responsable analyste de Levier7, un service de trading ultra-réactif sur les produits dérivés

Dans un marché relativement peu actif et très attentiste avant LA réunion de la Fed cette semaine — nous serons enfin fixés sur l’ampleur des mesures de soutien à l’économie par le quantitative easing –, un secteur a fait l’actualité : le luxe. Et plus particulièrement Hermès.

Cela fait un moment que je surveille cette action et ce secteur. Il me semble aujourd’hui particulièrement intéressant d’en parler au moment même où certains signaux techniques se sont confirmés sur un titre qui est pour moi le symbole des excès de ce secteur.

Le samedi 23 octobre, LVMH annonçait qu’il venait d’acquérir 14,2% d’Hermès. Bien sûr, le but n’est pas d’en prendre le contrôle, et la société en commandite par actions complique les choses. Mais Bernard Arnault n’est pas le premier venu, et il a acquis les titres à une moyenne de 80,50 euros, notamment via des options…

On notera que l’action n’a pas coté à ce prix-là depuis plus d’un an — et cela fait déjà une jolie plus-value pour l’un des hommes les plus riches de France. Mais pour l’actionnaire d’Hermès, cela est-il intéressant ?

Lundi matin, suite à cette annonce et dans une euphorie qui en bon contrarien, m’agaçait, Hermès a battu des records historiques et s’est apprécié de plus de 15%, terminant la séance à plus de 202 euros — après un plus haut en séance à 207,75 euros.

A ce tarif-là, le titre a gagné plus de 120% depuis le début de l’année. C’est la plus forte progression depuis le début de l’année sur le SRD, alors que le CAC 40 est à peine à l’équilibre. Cela est-il bien raisonnable ? Bien évidemment que non, d’autant que la société est valorisée plus de 60 fois ses bénéfices.

La bulle se dégonfle
Pour être encore plus clair avec vous, depuis l’accélération de début juillet, Hermès était selon moi entré dans une phase de bulle.


Graphique: HermèsCliquez sur l’image pour l’agrandir.

Le graphique ci-dessus, vous aidera certainement à clarifier les choses. Comme vous pouvez le constater, comme bon nombre d’action, jusqu’à juillet dernier Hermès suivait une tendance forte le long de sa ligne de tendance haussière en cours depuis ses plus bas de mars 2009.

Depuis juillet, le parcours graphique de la valeur nous indiquait qu’il se tramait quelque chose d’anormal. Les indicateurs ont commencé à ne plus suivre la hausse… l’action est entrée dans une phase d’excès avec une progression — quasi verticale — de 100% passant de 100 à 207 euros.

La hausse de 15% survenue lundi dernier n’est pas sans me rappeler, dans une moindre mesure, France Telecom en 2000, qui était à l’époque également surévalué. La hausse de 25% qui a permis au titre de dépasser les 200 euros a donné suite à une sévère correction.

Bien sûr, la situation est différente et la survalorisation d’Hermès moins importante. Mais techniquement, le graphique me rappelle des souvenirs… Les derniers acheteurs qui ont acquis des titres le lundi ont dû avoir, mardi et mercredi matin, des réveils sacrément difficiles. Le titre a perdu 25% en deux jours !

Où en est-on maintenant ?
Désormais, la configuration est baissière — à moyen terme — sur le titre sous les 210 euros. Les indicateurs mathématiques confirment cette idée. Le RSI à 14 jours a en effet cassé un support horizontal à 66 qui devient maintenant une solide résistance.

Toutefois, à court terme, la valeur est revenue s’appuyer sur le support des 155 euros, et un rebond devrait donc se mettre en place en direction de la zone des 180/185 euros, correspondant à un retracement de 50% du premier mouvement de baisse. Au-delà, nous pourrions même tester à nouveau les 200 euros. Mais la réaction des vendeurs au niveau de ces résistances serait sûrement forte si elles étaient à nouveau testées, et la correction aura ensuite pour objectif le solide retracement de 50% de toute la dernière phase de hausse à 133€, qui correspond également à une zone de support horizontale. Nous nous approcherions alors de la droite de support ascendante qui sera à environ 121€ dans quelques jours.

Le secteur des biens de consommations bientôt touché ?
Je terminerai avec un graphique du secteur dans lequel se trouve Hermès, et des valeurs comme LVMH, Richemont, L’Oréal… le Stoxx 600 Personnal&Household (Biens de consommation) :


Graphique: Secteur des biens de consommationCliquez sur l’image pour l’agrandir.

Depuis dix-huit mois, ce secteur a fait beaucoup mieux que le marché. Et cela est tout à fait logique. Le luxe, et plus généralement les biens de consommation sont parmi les premières activités à profiter de l’activité économique — notamment en début de cycle. Les gérants ont donc surpondéré ce type de valeur dans leur portefeuille.

Toutefois, compte tenu des niveaux de valorisation qui ont été atteints, il est probable que ce phénomène ne durera pas éternellement. Nous assisterons même probablement à une rotation sectorielle en direction de valeurs plus attractives et moins onéreuses que le luxe — un secteur beaucoup trop cher pour bon nombre d’entre-nous…

Et c’est ce que nous dit l’analyse technique sur notre graphique. Le secteur se rapproche en effet de ses plus hauts de 2007 à 432 points. D’ailleurs, depuis quelques mois, il se situait dans une phase d’excès qui commence maintenant à se répercuter sur les prix. La consolidation sur Hermès pourrait donc ne pas être un cas isolé et s’étendre au secteur — avec un retour sur celui-ci vers la zone de support des 352/360 points.

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Sebastien Duhamel
Sebastien Duhamel

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