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Hausse du Mitbel : ce que disent les (mauvais) chiffres

Rédigé le 25 mai 2016 par | Analyses indices, Apprendre la Bourse, Autres indices, Indices, sociétés et marchés, Toutes les analyses Imprimer

Nombreux sont les commentateurs restant un peu sans voix devant la hausse de +4% du baromètre de la Bourse de Milan – l’indice Mibtel – en l’espace de 10 heures de cotations, prises dans leur continuité.

Les (très mauvais) chiffres italiens nous permettent de mieux comprendre l’envol du Mibtel.

Il faut forcément qu’il y ait un catalyseur, ou ce qui revient souvent au même, une « anticipation » (terme politiquement correct pour désigner un délit d’initié).

Comme il n’y avait pas de déclencheur identifiable mardi, c’était surement un achat d’anticipation.

Maintenant que nous venons de prendre connaissance du chiffre des commandes à l’industrie italienne, la hausse de +4% de Milan perd de son mystère !

Ces commandes ont chuté de -3,3% en mars, leur pire performance depuis août 2015, après une hausse bien modeste de +0,7% en février.

En variation annuelle, la progression des commandes apparaît désormais nulle (+0,1%… c’est inférieur à la marge d’incertitude de l’institut Istat qui calcule ce baromètre mensuel).

Bon, oublions vite les commandes… nous allons certainement pouvoir nous rattraper avec les ventes réalisées par l’industrie italienne et toucher enfin du doigt quelle embellie conjoncturelle euphorise à ce point la bourse de Milan.

Mais là encore, nous tombons des nues puisque les ventes de l’industrie italienne se contractent de -1,6% en mars (soit le recul le plus marqué depuis août 2015).

C’est non seulement pire que prévu mais le score en glissement annuel fait froid dans le dos avec une chute de -3,6%… du jamais vu depuis août 2013.

Et l’Italie semble frappée du syndrome japonais : l’excédent commercial de 3,6Mds€ en avril s’explique essentiellement par un plongeon de -13% des importations (la demande intérieure dégringole après l’embellie du printemps 2015) en face à des exportations qui se contractent de -3,6% (toujours sur 12 mois).

Alors nous voulons bien faire semblant d’agréer le surgissement d’une vague « d’appétit pour le risque » depuis mardi matin… mais l’argument d’un « 49.3 » haussier déposé par la BCE nous paraît plus convaincant, non ?

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Philippe Béchade
Philippe Béchade
Rédacteur en Chef de la lettre Pitbull

 

Philippe Béchade rédige depuis 15 ans des chroniques macro-économiques et boursières ainsi que de nombreux essais financiers.

Intervenant régulier sur BFM Business depuis mai 1995, il est arbitragiste de formation, analyse technique et fut en France l’un des tout premiers traders et formateur sur les marchés à terme. Rédacteur et analyste contrarien pour la Bourse au Quotidien, vous trouverez son fil de news en temps réel sur cette page ou sur Twitter 

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