Hausse 13 avril : merci de raisonner comme le marché

Rédigé le 14 avril 2016 par | Indices, sociétés et marchés, Toutes les analyses Imprimer

Incroyable !

Les opérateurs ont eu une nuit pour réfléchir, remobiliser leur sens critique, se remettre de leur effet de sidération après le surgissement de la plus forte hausse de l’année 2016 et même depuis le 5 octobre dernier.

Mais non, dans tous les commentaires des plus grandes agences de presse et des « grandes maisons » (je parle des banques), la même explication revient obstinément :

« Les marchés ont pris +3,3% grâce aux bons chiffres des exportations chinoises. »

Si vous ne raisonnez pas comme le marché, comment voulez-vous gagner de l’argent ?

C’est vertigineux !

Je résume:

  1. Un rebond de +11,5% des exportations en mars après -25% en février. C’est la fin des ennuis pour la Chine.
  2. Le consensus tablait sur +10% (faut pas se mouiller, des fois qu’on soit déçu), donc +11,5%, c’est vraiment une divine surprise.
  3. Le FMI avertit que le système bancaire chinois est au bord de l’implosion. On s’en fiche maintenant que les exports ont fait +11,5%

Ou présenté autrement :

Le FMI nous explique sans même s’embarrasser de précautions oratoires que les banques chinoises croulent sous les créances pourries et que la situation devient explosive. Mais le marché estime que c’est sans importance, puisque les exportations de brosses à chaussures, de coques plastiques pour téléphones portables, de casseroles en inox, de stylos publicitaires, de chaussettes, d’écrans de télévision ont rebondi de +11,5% en mars (c’est Pékin que le dit).

En revanche, la baisse de -0,3% des ventes de détail aux États-Unis contre +0,1% anticipé, cela n’a aucune importance puisque ce chiffre n’a d’impact que sur 70% du PIB américain et seulement 100% de la croissance.

Négligeable !

Mots clé : - - -

Philippe Béchade
Philippe Béchade
Rédacteur en Chef de la Bourse au quotidien

 

Philippe Béchade rédige depuis 15 ans des chroniques macro-économiques et boursières ainsi que de nombreux essais financiers.

Intervenant régulier sur BFM Business depuis mai 1995, il est arbitragiste de formation, analyse technique et fut en France l’un des tout premiers traders et formateur sur les marchés à terme. Rédacteur et analyste contrarien pour la Bourse au Quotidien, vous trouverez son fil de news en temps réel sur cette page ou sur Twitter

Laissez un commentaire