Et si une guerre constituait le meilleur moyen d’éradiquer la dette us ?

Rédigé le 17 novembre 2017 par | Toutes les analyses Imprimer

Dans un précédent article, mon collègue Jim Rickards vous indiquait qu’il estimait à 70% la probabilité d’une guerre entre les Etats-Unis et la Corée du Nord.

Mais la Corée du Nord n’est pas le seul pays avec lequel Trump souhaite déterrer la hache de guerre…

guerreTrump ressort la hache de guerre avec l’Iran

Sa politique diplomatique semble toute entière consacrée à plonger les États-Unis dans un conflit qui provoquerait à coup sûr un effondrement des marchés. Mais cela sans que la responsabilité des banques centrales soit engagée ! Après fait avoir fait des confettis avec les traités commerciaux et engagements climatiques signés par Barack Obama, Donald Trump semble déterminé à mettre fin à l’accord sur le nucléaire iranien. Il a d’ailleurs qualifier ce dernier de « pire transaction jamais conclue par les Etats-Unis ».

Dans un discours presque ignoré par les marchés, prononcé le 13 octobre, Donald Trump a dénoncé les violations répétées des engagements iraniens concernant le traité nucléaire et le soutien de Téhéran au terrorisme.

Nucléaire iranien : une vérification pas assez robuste selon Donald Trump

En fait, Donald Trump accuse l’Iran de se soustraire (sans aucune précision de date et de circonstances) aux inspections par des fonctionnaires de l’Agence internationale de l’énergie atomique de l’ONU (AIEA). Les experts internationaux affirment pourtant que l’Iran s’est débarrassé de tout son uranium hautement enrichi et de 99% de son stock d’uranium faiblement enrichi. Les installations destinées à l’enrichissement ont été fermées. Du béton a été coulé dans le cœur de son réacteur au plutonium qui aurait pu fournir l’uranium nécessaire aux armes nucléaires

Toujours selon Yukiya Amano – chef des inspecteurs de l’AIEA – l’Iran a fourni des réponses adéquates à la longue liste de ses questions concernant les activités liées au nucléaire militaire. Cela devrait donc réfuter l’allégation de Trump selon laquelle l’Iran avait empêché les inspecteurs d’armes de l’AIEA d’entrer dans les bases militaires.

M. Amano a déclaré que « jusqu’à présent, l’AIEA a eu accès à tous les endroits qu’elle devait visiter. À l’heure actuelle, l’Iran est soumis au régime de vérification nucléaire le plus robuste au monde. « 

Certainement pas assez « robuste » aux yeux de Donald Trump. En effet, dans son discours du 13 octobre sous-entend que l’Iran aurait pu poursuivre le développement d’un arsenal nucléaire dans d’autres installations souterraines secrètes. Il n’avance aucune preuve, mais il lui suffit de rappeler que l’Iran dispose du savoir-faire (ce qui est incontestable) et de fustiger la mise au point de missiles balistiques qui n’ont effet guère d’intérêt stratégiques s’ils ne sont équipés d’une ogive nucléaire.

Iran : y aurait-il plutonium sous roche ?

Cette évidence ne saurait être niée. Mais l’autre évidence, c’est que le discours était construit comme celui défendu devant l’ONU par Colin Powell concernant les armes de destruction massive de Saddam Hussein, les fausses preuves en moins mais le mensonge sur le refus des inspections en plus… ! Ou alors, il faut que Donald Trump précise qu’il exige que n’importe quel site suspect puisse être visité et que chaque refus prouverait qu’il y a plutonium sous roche.

Il convient de préciser que l’accord historique signé par les Etats-Unis, la France, la Grande-Bretagne, l’Allemagne, la Russie, la Chine, l’Allemagne et l’Iran, au bout de 13 ans de négociations, doit être confirmé au fil de l’eau et à date fixée par un calendrier au long cours.

Alors que Trump a refusé le 13 octobre de « certifier » l’accord (sans toutefois le dénoncer définitivement), la Grande-Bretagne, la France et l’Allemagne se sont empressées de signer une déclaration conjointe. Ces pays ont donc réaffirmé le maintien de l’accord avec l’Iran est « dans l’intérêt de sécurité nationale commun ».

Les Etats-Unis seuls face à une guerre contre l’Iran ?

Côté Maison-Blanche, la prochaine étape devrait logiquement consister dans le rétablissement des sanctions économiques à l’encontre de l’Iran. Mais à moins d’un énorme faux pas diplomatique de Téhéran (ou il faudra en inventer un… mais ce n’est qu’un détail !), il y a peu de chances que le Congrès accède à sa demande. Cela créerait d’énormes difficultés juridiques et commerciales pour les autres signataires de traité, qui sont tous solidaires. De plus, l’Iran n’aurait plus de raison d’autoriser les inspections de l’AIEA, ni de respecter les limites imposées à son programme nucléaire. Bernie Sanders souligne que « cela nuirait irrémédiablement à la capacité des Etats-Unis de négocier de futurs accords de non-prolifération ».

Pourquoi un pays du monde signerait-il un tel accord avec les États-Unis s’ils savaient qu’un président imprudent pourrait tout simplement dénoncer unilatéralement cet accord quelques années plus tard ?

Avec le risque d’un nouvel embargo sur l’Iran, le marché pétrolier mondial pourrait rapidement se retrouver dans une situation qualifiée de « tendue ». Heureusement, dans le dernier numéro de Béchade Confidentiel, Philippe et Gilles vous indique comment tirer profit de cette situation. Pour tout savoir, cliquez ici

Mon système évalue à 70% la probabilité d’une guerre entre les Etats-Unis et la Corée du Nord

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Philippe Béchade
Philippe Béchade
Rédacteur en Chef de la Bourse au quotidien

 

Philippe Béchade rédige depuis 15 ans des chroniques macro-économiques et boursières ainsi que de nombreux essais financiers.

Intervenant régulier sur BFM Business depuis mai 1995, il est arbitragiste de formation, analyse technique et fut en France l’un des tout premiers traders et formateur sur les marchés à terme. Rédacteur et analyste contrarien pour la Bourse au Quotidien, vous trouverez son fil de news en temps réel sur cette page ou sur Twitter

2 commentaires pour “Et si une guerre constituait le meilleur moyen d’éradiquer la dette us ?”

  1. […] source (s) voir lien (s) ci-dessous. = http://labourseauquotidien.fr/guerre-constituait-meilleur-moyen-eradiquer-dette-us/ […]

  2. Je n’y crois pas du tout. Ni a la guerre contre la Corée, ni contre Iran
    (83 million habitants…tous fervent nationalistes). Apres la guerre avec la
    Coree, il faudra réunir les deux, donc créer un géant économique de
    78 million d’habitants, concurrent direct de la Chine et du Japon. Sans
    parler que l’homme coréen, il a les qualités les deux, sans leurs défauts…

    J’attends d’oncle Sam plutôt un piège pour l’Etat Orwellien, une bonne
    Dien-Bien-Phu, pour forcer a modifier de son trajectoire pathologique
    dont lui même secrètement rêve .

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