Guerre commerciale : la Chine acculée

Rédigé le 17 septembre 2018 par | Indices, sociétés et marchés, Toutes les analyses Imprimer

guerre commerciale Chine Etats-UnisLa plupart des bourses européennes ont ouvert en léger recul et une certaine nervosité est palpable en ce début de semaine. La saison des résultats trimestriels n’a pas encore débuté et les considérations macroéconomiques prévalent dans l’esprit des investisseurs, alors que l’administration Trump continue de montrer les muscles face à la Chine.

A en croire le très sérieux Wall Street Journal, le président américain aurait en effet demandé à son équipe de préparer un nouvel arsenal de mesures commerciales contre l’Empire du Milieu. 200 Mds$ d’importations chinoises semblent ainsi en passe de faire l’objet de droits de douane, mais à hauteur de 10% et non de 25% comme les observateurs l’ont longtemps redouté. Un moindre mal ?

En attendant l’officialisation de ce nouvel uppercut à la face de Pékin, il faut tout de même rappeler la main tendue du secrétaire au Trésor Steven Mnuchin, lequel avait invité la semaine dernière plusieurs hauts fonctionnaires chinois à poursuivre les négociations. Coup de bluff ? Fausse volonté d’apaisement ? A moins que l’insaisissable président américain, dans un énième accès de colère, ait finalement décidé de tout envoyer valser…

Comme Philippe Béchade nous l’explique dans son article du jour (si ses analyses macroéconomiques et géopolitiques, véritables mines d’informations, vous intéressent, je vous invite à le suivre sur Béchade confidentiel), cet épisode n°2572 de la guerre commerciale tombe quoi qu’il en soit au plus mal pour l’Empire du Milieu, touché par le typhon Mangkhut, qui a lourdement frappé Hong Kong, Macao et l’activité portuaire du très industriel Sud-Est du pays.

Par ricochet, ces dégâts ne sont cependant pas non plus sans conséquences pour les Etats-Unis, les exportations chinoises vers l’Oncle Sam s’en trouvant sérieusement perturbées.

Apple, Intel et Qualcomm bientôt dans le collimateur de Pékin ?

D’une façon plus générale, la Chine dispose par ailleurs aussi de plusieurs atouts pour rendre à la Maison-Blanche la monnaie de sa pièce, voire pire… J’ai ainsi déjà évoqué plusieurs fois dans ces colonnes la dévaluation du yuan, processus volontaire malgré les dénégations du gouvernement, qui raffermit le dollar et tend à pénaliser les grands exportateurs américains ; et le (quasi-)monopole mondial de l’Empire du Milieu sur les terres rares, levier méconnu, mais potentiellement redoutable. Que se passerait-il en effet si Pékin décidait d’en restreindre l’accès ?

La Chine pourrait également jouer sur la fibre patriotique, en appelant par exemple ses concitoyens à boycotter les smartphones d’Apple (US0378331005-AAPL) au profit de ceux de Huawei ou de Xiaomi, et plus globalement bloquer l’accès aux entreprises américaines à des composants électroniques incontournables.

Nous pourrions d’ailleurs bientôt avoir un avant-goût des dommages collatéraux de la politique agressive de Donald Trump à cet égard, avec la suspension forcée des activités de l’équipementier télécoms chinois ZTE en raison des sanctions de Washington. Un arrêt brutal qui pourrait avoir de sérieuses conséquences sur l’ensemble du secteur de l’électronique et affecter quelques poids lourds américains de la cote comme les fournisseurs Qualcomm et Intel.

Le président américain ne s’y est visiblement pas trompé, ayant déclaré hier être disposé à débattre avec son homologue Xi Jinping pour permettre à ZTE de reprendre du service.

Un motif d’espoir ?

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Guillaume Duhamel
Guillaume Duhamel

Guillaume Duhamel suit l’actualité boursière au quotidien depuis plus de 5 ans. Historien diplômé de l’Université de Paris IV-Sorbonne et journaliste de formation, passé également par le sport et le développement durable, il voue un intérêt particulier aux small et midcaps, ainsi qu’aux secteurs de l’énergie et de l’aéronautique

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