GUERBET : AUTOPSIE D’UNE DESCENTE AUX ENFERS

Rédigé le 29 août 2013 par | Biotechs et Medtechs, Mid et Small Caps Imprimer

Moi qui suis un passionné de tennis au point de suivre quasiment tous les tournois, je compare souvent ce sport à la Bourse.

Vous avez des joueurs auxquels personne ne croit et qui font un jour une apparition remarquée et s’installent dans le paysage sportif durablement… Tenez, Jerzy Janowicz, un Polonais sorti de nulle part qui a été en finale a Bercy l’an dernier. Il est dans les vingt meilleurs joueurs du monde aujourd’hui : même s’il a perdu hier à Flushing, il a été en demi-finale de Wimbledon cette année.
A l’inverse, certains joueurs brillent à un moment puis entament une longue descente aux enfers. C’est l’impression que j’ai pour GUERBET (FR0000032526). J’avais abordé cette valeur dans mon bilan de l’été, et je souhaite y revenir aujourd’hui de manière plus approfondie.

Le spécialiste des produits de contraste destinés à l’imagerie médicale a connu un plus haut annuel à 142,50 € le 5 mars dernier. Je vous ai dit d’ailleurs que GUERBET était l’une des premières valeurs que j’avais conseillée dans Mes Valeurs de croissance.
Après avoir touché les 142,50 € donc, GUERBET a entamé une baisse qui a conduit le titre sur un plus bas de 81,60 € (-43%) pour remonter sur les 87,40 € actuellement.

Groupeflo

Tout a commencé le 6 mars dernier par la publication des résultats annuels du groupe.

Le résultat opérationnel progresse bien de 41% à 31,7 M€, permettant à la marge opérationnelle de se rapprocher des 8%.
Mais cette publication est également teintée de prudence avec un discours du management peu optimiste. Il n’en fallait pas plus pour que l’action perde plus de 17% le jour même pour chuter sur les 116 €.

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A ce moment, l’action se paye encore sur un PER de 18 (même en tenant compte de la baisse du 6 mars). Le titre repart à la hausse pendant quelques séances avec l’autorisation de l’agence américaine du médicament (la FDA) de commercialiser son produit vedette, le Dotarem, produit de contraste pour IRM. Mais très vite les mauvaises nouvelles reprennent le dessus car la rupture de la croissance est bel et bien là : les revenus trimestriels ont chuté de 6% au premier trimestre.

L’action prend alors la direction des 100 € et se stabilise autour de ce niveau. La déception s’amplifie fin juillet avec l’annonce d’un net tassement des résultats du groupe : le résultat opérationnel est recul de 30% à 15,2 M€ pour l’ensemble du semestre et le bénéfice net chute de 27,5% à 10 M€.
Pire : le groupe précise alors que la rentabilité opérationnelle sera comprise entre 6,5% et 7,5% pour l’année, avec un chiffre d’affaires qui tournera entre 395 et 405 M€, soit finalement un coup d’arrêt brutal dans la croissance.

De quoi provoquer le 26 juillet, date de présentation des résultats, une nouvelle baisse de l’action de 17,4% autour des 89 €.

Vous le voyez, la chute de l’icône a été rapide.

Pour pouvoir regagner le terrain, il va falloir que GUERBET reconstruire son image boursière et devra prouver aux investisseurs qu’elle va pouvoir renouer avec la croissance.

Lorsqu’on regarde les ratios boursiers du groupe, on ne peut pas être complètement rassuré. Le PER ressort ainsi à 16 actuellement alors que la VE/ROC est encore de 13… Des niveaux assez élevés.

Je suis sûr que certains d’entre vous vont me dire qu’il est bizarre de passer d’un PER de 18 à un PER de 16 alors que l’action a perdu quasiment 25% dans le même temps.
En fait, les investisseurs ont réajusté leurs prévisions de bénéfice au fur et à mesure des mauvaises nouvelles. Ils ont ainsi fortement abaissé leurs prévisions de bénéfice par action au gré des publications décevantes si bien que même aux cours actuels, le titre n’est pas attractif.

Il faudra beaucoup de temps avant que GUERBET ne redevienne le Rafael Nadal – absent pendant de longs mois des courts de tennis et dont le retour en fanfare devrait lui assurer très prochainement la première place mondiale.

Peut-être auriez-vous souhaité que je vous parle des marchés en général aujourd’hui.
Sauf que pour moi, il faut attendre et ne pas se précipiter en analyses : certes, les indices ont chuté mardi, mais finalement, la baisse s’est vite contenue. Pour l’instant, les liquidités reviennent sur les valeurs refuge que sont l’or (repassé sur les 1425 $ l’once) et sur le pétrole, mais pour les small caps, peu d’impact pour l’instant comme je l’expliquais mercredi matin sur le site.
Si vous voulez des analyses plus techniques sur les indices, je vous renvoie plutôt à mes collègues Gilles Leclerc et Mathieu Lebrun qui ont eux posté des analyses graphiques précises des principaux grands indices mondiaux et des supports et niveaux à jouer. Encore une fois, cela ne concerne pas les small caps pour l’instant.

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Eric Lewin
Eric Lewin
Rédacteur en Chef de La lettre PEA et Mes valeurs de Croissance

Journaliste pour BFM Business et dans d’autres médias… conseiller pour un fonds Small Caps chez CFD Asset Management… responsable de la salle de marché chez EuroLand Finance… consultant pour dirigeants d’entreprise…

Le parcours professionnel d’Eric Lewin est tout simplement remarquable – et représente un atout considérable pour vos investissements : un carnet d’adresses rempli, l’expérience de la réalité des publications de résultats, de la manière dont les « insiders » et les institutionnels fonctionnent…

Cette expérience multi-facettes lui permet de lire entre les lignes des marchés – et de révéler aux lecteurs de La lettre PEA des conseils de tout premier ordre pour se constituer un PEA alliant solidité… et économies d’impôts !

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