La Tragédie grecque, Acte VII : la perte de souveraineté

Rédigé le 17 février 2017 par | Statistiques et données macro, Taux & Devises Imprimer

Pierre Moscovici plaide pour un allègement de la dette hellénique, ce dont l’Allemagne et Wolfgang Schaüble ne veulent absolument pas entendre parler. Pour l’Allemagne, la Grèce doit payer l’intégralité des sommes négociées lors des accords signés l’été dernier... même si chacun sait que ce pays est incapable de faire face à ses échéances.

Et le FMI le reconnaît ouvertement et a donc menacé de se retirer du plan de soutien dès lundi prochain, le 20 février, si aucune solution n’était proposée. Le 20 février, c’est dans trois jours… Vous êtes prêt à des tensions sur la zone euro ? parce que ça risque de secouer fortement (voir l’interview que j’ai réalisée avec ma collègue Simone Wapler sur le sujet).

La Troîka ne fera donc rien, sachant que ses statuts lui interdisent de prêter à un pays notoirement insolvable et la Grèce le resterait même en détruisant encore plus impitoyablement les ultimes décombres de son système social.

Sur le papier, la Grèce peut pourtant payer…

En ce qui concerne les excédents primaires de la Grèce qui justifient, aux yeux du gouvernement allemand, de se montrer intraitable puisque la Grèce peut payer (sur le papier), ils ne sont que le fruit d’acrobaties comptables et d’interprétations hédonistes des flux financiers largement fictifs. Le pays reste complètement au fond du gouffre économique et subit une récession aussi profonde que celles des Etats-Unis de fin 1929 à 1933… mais qui dure désormais depuis deux fois plus longtemps.

Si le FMI se retirait, la Grèce et ses banques perdraient le soutien de la BCE et devrait faire appel au MES (encore des emprunts, encore plus de dettes) ; le pays franchirait un nouveau cran dans l’assujettissement à ses créanciers européens, chacune de ses dépenses, chaque initiative budgétaire étant soumise à autorisation.

La Grèce perdait ainsi toute forme de souveraineté, dans des proportions jamais observées depuis la seconde guerre mondiale, l’occupation militaire en moins et les réunions de crise dans les beaux hôtels en plus…

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Philippe Béchade
Philippe Béchade
Rédacteur en Chef de la Bourse au quotidien

 

Philippe Béchade rédige depuis 15 ans des chroniques macro-économiques et boursières ainsi que de nombreux essais financiers.

Intervenant régulier sur BFM Business depuis mai 1995, il est arbitragiste de formation, analyse technique et fut en France l’un des tout premiers traders et formateur sur les marchés à terme. Rédacteur et analyste contrarien pour la Bourse au Quotidien, vous trouverez son fil de news en temps réel sur cette page ou sur Twitter

Un commentaire pour “La Tragédie grecque, Acte VII : la perte de souveraineté”

  1. la Grèce doit payer l’intégralité des sommes négociées lors des accords signés l’été dernier.. dixit l’Allemagne par la voix de son maître Schaüble.
    Il
    Il me semble que cette Allemagne était un peu moins pressée de rembourser ses dettes , qui par 3 fois ont été annulées au cours du 20e siècle !!! Quel toupet, quelle morgue, quelle suffisance. L’Allemagne sera toujours ce qu’elle a toujours été, c’est à dire une puissance hégémonique, qui aimerait certainement recréer le saint empire germanique !

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