L’indice portugais : risque de correction à moyen terme

Rédigé le 29 mars 2010 par | Autres indices Imprimer

Après la Grèce, Fitch vient d’abaisser mercredi dernier la note du Portugal de AA à AA-, avec une perspective négative, mettant une pression supplémentaire sur l’Union européenne et sur l’euro, qui a cassé nettement ses plus bas de février à 1,3430 et accéléré à la baisse à la faveur d’un dollar qui, mécaniquement se renforce.

C’est donc une « bonne » occasion pour moi de m’intéresser aujourd’hui à l’indice portugais, le PSI20. Jeudi, Philippe Béchade vous vous expliquait que  le DAX30 risquait une forte correction. Moi-même, j’étais déjà revenu sur l’Espagne et l’Ibex35 en janvier dernier.

La situation portugaise est proche de celle de la France…Avec un déficit public de 9,3%, le Portugal est certes loin des critères de Maastricht à 3%, mais fait mieux que l’Espagne ou la Grèce. D’ailleurs, il fait quasiment jeu égal avec les 8% de la France…

Dans cette logique, un abaissement de la note de l’Espagne, de l’Italie ou de la France n’est donc plus inenvisageable à moins qu’il soit plus facile de « s’attaquer » aux petits pays…

On notera également que le Portugal et l’Espagne sont très liés. L’Espagne représente ainsi 30% des exportations portugaises, et la contraction de 2,9% du PIB portugais en 2009 n’y est pas totalement étrangère. L’Espagne me semble d’ailleurs un danger beaucoup plus préoccupant que le Portugal pour la Zone euro. Le pays est également dans le collimateur de Fitch. J’explique en détail mon point de vue sur l’indice espagnol dans le prochain MoneyWeek.

Le PSI20 en tendance négative depuis octobre 2009Mais revenons à ce qui nous intéresse, avec le graphique journalier de l’indice vedette portugais, le PSI20 :

Graphique du PSI20, l'indice du Portugal

La configuration de l’indice est très intéressante et s’illustre par une certaine originalité par rapport à ses homologues européens.

Ainsi, contrairement à l’Eurostoxx, le PSI a fait son plus haut en octobre 2009, et non en janvier, et loin de s’approcher des niveaux de janvier, il a retracé 61,8% de son mouvement entre le 11 janvier et le 5 février, à 8 180 points le 19 mars dernier, avec une précision diabolique qui confirme la théorie d’Elliott et des retracements de Fibonacci.

Les indicateurs mathématiques confirment d’ailleurs la tendance négative depuis octobre 2009, en particulier le RSI à 14 jours sur notre graphique ci-dessus, qui reste coiffé par une oblique baissière contre laquelle il a buté à nouveau récemment.

6 800 points : le niveau à surveillerTant que nous serons en dessous des 8 180 points, une poursuite de la correction de l’indice est donc probable, avec en ligne de mire les points bas de février à 7 150 points, et surtout les 6 800 points, bas du gap du 30 avril au 4 mai 2009, qui correspond également aux anciens points bas de mai et juin 2009. Enfin, ce niveau des 6 800 points coïncide également avec le retracement de 61,8% de la progression de l’indice de mars à octobre 2009, un niveau qui pourrait être encore une fois déterminant !

Si au contraire nous parvenions à dépasser les 8 180 points, un rebond plus important vers les plus hauts de janvier pourrait être envisagé, même si ça ne remettrait pas en cause le risque de correction à moyen terme pour autant.

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Sebastien Duhamel
Sebastien Duhamel

2 commentaires pour “L’indice portugais : risque de correction à moyen terme”

  1. Bonjour Madame Monsieur,
    Je me demandes si on peut comparer la situation du PORTUGAL et celle de la France. Je pense qu’il faut tenir compte (entre autres) du nombre d’habitants .
    Je dirai donc que la situation du PORTUGAL est proche de celle de la GRECE ou lieu de  » La situation portugaise est proche de celle de la France… »
    Mais je peux me tromper.

    Nombre d’habitants environs.
    Grèce 10 millions, France 66 millions.

     »
    ◊ La situation portugaise est proche de celle de la France…
    Avec un déficit public de 9,3%, le Portugal est certes loin des critères de Maastricht à 3%, mais fait mieux que l’Espagne ou la Grèce.
    D’ailleurs, il fait quasiment jeu égal avec les 8% de la France…  »

    Pour info:
    Nombre d’habitants environs.
    Grèce 10 millions
    portugal : 10 millions
    Espagne 40 millions
    Italie 59 millions
    France 66 millions

  2. Bonjour Monsieur,

    Pour vous répondre, peu importe ici la population du pays, puisque l’on compare les dettes en fonction du pourcentage du PIB d’un pays à l’autre, ce qui permet de mettre en rapport les différents pays de façon objective.

    En vous remerciant de votre intérêt, et en vous souhaitant une très bonne journée.

    Sébastien Duhamel

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