La Grèce réussira-t-elle à trainer Mario Draghi devant les tribunaux ?

Rédigé le 17 juillet 2015 par | Toutes les analyses Imprimer

Selon le quotidien britannique The Independent, le gouvernement grecque voudrait porter plainte contre la colossale banque d’affaires Goldman Sachs. Le but d’un tel procès ? Tenter de récupérer la commission, d’un peu plus de 500 M€, touchée par la plus initiée des banques pour les conseils et services rendus de 2001 à 2004. À cette époque, Goldman Sachs assistait la Grèce dans la préparation de son dossier pour intégrer la zone euro, autrement dit, l’aidait à dissimuler l’ampleur de son déficit.

Toujours selon The Independent, Athènes s’était alors vu proposer des produits financiers suffisamment complexes pour continuer de s’endetter en restant en dehors des radars bruxellois.

Pour mémoire, Mario Draghi, l’actuel président de la Banque centrale européenne (BCE), a été de 2002 à 2005, vice-président de la branche européenne de la banque d’affaires américaine ; il a cependant toujours nié avoir été informé de ces manœuvres de maquillage des comptes publics.

Il faut bien comprendre que la visée de cette affaire, est plus politique qu’économique : 500M€ ne représente qu’un goutte d’eau dans l’océan de dettes qu’a à rembourser l’État grec (quelque 320 Mds€ au total, prochaine échéance de 3,9 Mds€ le 20 juillet prochain), par contre, forcer Mario Draghi à témoigner lors d’un procès opposant l’Etat grec à la banque Goldman Sachs, aurait une forte puissance symbolique qui ne pourrait que jouer en faveur d’Alexis Tsipras, le Premier ministre grec,  et de son parti Syriza…

 

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