Assujettis à l’ISF, vous n’avez encore rien vu : Syriza va faire le pire de ce qu’avait prévu la Troïka

Rédigé le 4 décembre 2015 par | Toutes les analyses Imprimer

Alexis Tsipras entérine un projet fiscal d’avant l’accession de sa formation politique Syriza au pouvoir : sous la pression de la Troïka, le précédent gouvernement avait concocté une merveille de procédure inquisitoriale (inventaire complet de tous les éléments de patrimoine et de « richesse » du citoyen grec) pour tenter de faire rentrer de l’argent dans les caisses de l’État.

Il aurait paru logique que Tsipras enterre un projet de loi qui devrait battre tous les records d’impopularité… et qui apparaît de surcroit totalement inapplicable… Mais non : il va bien entrer en vigueur au 1er janvier.

Les grecs – assujettis ou non à l’impôt – devront déclarer absolument tout ce qu’ils possèdent, les biens immobiliers et voitures, les dépôts bancaires avec l’adresse des banques (sur le sol grec ou à l’étranger).

Mais également leurs économies en liquide (si la valeur est supérieure à 15 000 €, ce qui va être facile à vérifier en soulevant 12,5 millions de matelas ou en creusant dans 4 millions de jardins), les bijoux (montés) ainsi que les diamants et les pierres précieuses (le gouvernement devra recruter 100 000 experts gemmologues pour sélectionner les vrais des faux cailloux, l’or 18 carat de l’or 9 carat, bien distinguer l’argent, le platine et l’or blanc).

Cette petite formalité baptisée « déclaration d’avoir » tient tout juste sur 56 pages mais certains milliardaires pourraient avoir besoin du format en 995 pages… de quoi les occuper quelques semaines.

En fait, ce projet fiscal est génial : pour éplucher tous les dossiers, fouiller de fond en comble les habitations – de la cave au grenier et dépendances comprises – de tous les déclarants, expertiser tous les bijoux, toutes les œuvres d’art, évaluer la valeur argus de tous les véhicules, etc., il va falloir au bas mot pas loin de 500 000 fonctionnaires à plein temps, flanqués d’autant d’huissiers et de forces de l’ordre pour mater les rébellions citoyennes.

Cela ne va peut être pas rapporter grand chose au FISC mais au moins le chômage sera vaincu !

Philippe Béchade
Philippe Béchade
Rédacteur en Chef de la Bourse au quotidien

 

Philippe Béchade rédige depuis 15 ans des chroniques macro-économiques et boursières ainsi que de nombreux essais financiers.

Intervenant régulier sur BFM Business depuis mai 1995, il est arbitragiste de formation, analyse technique et fut en France l’un des tout premiers traders et formateur sur les marchés à terme. Rédacteur et analyste contrarien pour la Bourse au Quotidien, vous trouverez son fil de news en temps réel sur cette page ou sur Twitter

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