Gentiloni parie sur l’europhilie des Italiens… c’est plus que risqué !

Rédigé le 24 janvier 2018 par | Toutes les analyses Imprimer

europhilieL’europhilie : qu’en pense l’Italie ?

Évoquant les législatives du 4 mars en Italie, le très aristocratique président du Conseil italien Paolo Gentiloni vient de déclarer ce matin à Davos qu’il n’était pas question d’envisager une alliance avec la coalition de droite menée par Silvio Berlusconi, créditée de 36,5% des intentions de vote.

Berlusconi ne pourra se présenter comme successeur de M. Gentiloni (étant inéligible) mais il demeure le leader de Forza Italia, et le ciment avec les deux forces d’extrême droite, la Ligue du Nord et Fratelli d’Italia.

Impossible pour Berlusconi de gouverner sans faire soit alliance Matteo Renzi (très minoritaire avec 31% des voix), ou le Mouvement 5 étoiles (encore plus minoritaire, avec 28% d’intentions de vote). En revanche, Forza Italia + 5 étoiles, cela fait près de 54% d’anti-Européens et d’eurosceptiques !

Europhilie des Italiens

M. Gentiloni veut se convaincre qu’en dépit de l’hostilité de ses concitoyens envers Bruxelles, les Italiens restent très pro-Europe. Il pense qu’ils se souviendront au moment de voter dans quelle panade se retrouvent les Britanniques après le Brexit.

Il y a une vie après l’Europe

Il y a peut-être « panade » en termes de processus de séparation d’avec Bruxelles. Mais en termes de performances économiques, le Royaume-Uni s’en sort bien mieux que l’Italie. Plus de croissance, plein emploi, regain industriel. Bref, du pain béni pour ceux qui souhaitent démontrer qu’il y a une vie en dehors de l’Europe.

Mais pas avec 140% de ratio dette/PIB et 450Mds€ de solde négatif vis-à-vis de l’Allemagne !

Italie : vers une victoire des eurosceptiques ?

L’Italie se dirige d’ici 6 semaines vers une victoire des eurosceptiques. Mais aucune formation politique n’aura la majorité. Il serait peut-être temps que les marchés s’en préoccupent ?

Philippe Béchade
Philippe Béchade
Rédacteur en Chef de la Bourse au quotidien

 

Philippe Béchade rédige depuis 15 ans des chroniques macro-économiques et boursières ainsi que de nombreux essais financiers.

Intervenant régulier sur BFM Business depuis mai 1995, il est arbitragiste de formation, analyse technique et fut en France l’un des tout premiers traders et formateur sur les marchés à terme. Rédacteur et analyste contrarien pour la Bourse au Quotidien, vous trouverez son fil de news en temps réel sur cette page ou sur Twitter

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