La démographie nous promet 50 ans de déprime boursière

Rédigé le 16 juin 2011 par | Big caps Imprimer

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Rédacteur de La Lettre de Marc Mayor _______________________________

Observez bien le graphique ci-dessous : à quoi vous fait-il penser ? Au prix d’un actif financier qui flambe ?

Raté : c’est la courbe de la population mondiale.

Mais vous avez raison, elle ressemble diablement à la courbe d’une bulle spéculative. Pour une simple raison : la taille et la composition de la population déterminent l’évolution des marchés boursiers.

C’est pourquoi les niveaux des actions (en termes réels, c’est-à-dire hors inflation) pourraient être divisés par un facteur compris entre 2 et 6 d’ici 10 ans.

Graphique: évolution de la population mondialePour agrandir le graphique, cliquez dessus

Là, je vous sens dubitatif, et vous vous demandez où et comment j’en arrive à cette conclusion. Laissez-moi vous expliquer.

A chaque âge son investissement préféré On comprend instinctivement que l’économie réelle dépend de la taille de la population : plus de bouches à nourrir encouragent à investir pour produire davantage, ce qui augmente les revenus et pousse par la suite les gens à se reproduire, considérant l’avenir radieux qu’ils entrevoient. Ce cercle vertueux touche également le monde de la finance, bien entendu.

L’accroissement de la population en âge d’investir provoque une augmentation de la demande de titres boursiers ; soit pour financer le développement de l’économie réelle (un développement généré par l’augmentation de la population, je le rappelle aux distraits) ou pour se constituer un matelas en vue de la retraite ou d’un investissement important à un horizon temporel donné.

Il est donc logique que les marchés boursiers aient progressé de manière quasi ininterrompue depuis les années 1950 : la population mondiale n’a pas cessé de s’élargir depuis ce moment-là. L’arrivée des fameux baby-boomers, les gens nés juste après la guerre, et qui ont profité de l’expansion économique pour se constituer un bon capital, explique ce puissant mouvement haussier.

Mais en observant le phénomène de manière plus précise, on comprend que les différentes classes d’âge d’une population ont des besoins différents en matière de finance et d’investissement. Si l’on reprend notre exemple, les actions permettant de financer l’économie réelle seront plus recherchées par les classes d’âge plus jeunes, qui veulent de la performance avant tout. Ceux désirant alimenter leur retraite seront plus intéressés par les obligations et leurs rendements moins élevés, mais certains (OK, presque certains… me font remarquer les détenteurs d’obligations grecques).

La pyramide des âges évolue… L’avantage d’une population est qu’elle évolue de manière relativement prévisible : statistiques à l’appui, il est possible de savoir précisément combien d’adultes seront en vie et âgés de 25 à 40 ans dans vingt ans, par exemple. Ou de connaître le nombre d’individus qui arriveront à la retraite dans vingt ans. Comme l’évolution des marchés financiers dépend de celle de la population, on obtient donc un moyen de prévoir comment les Bourses vont se comporter à l’avenir.

Des chercheurs de l’université de Yale ont travaillé sur un tel outil en 2002, dans leur papier Demography and the long-run predictability of the stock market. Les professeurs Geanakoplos, Magill et Quinzii ont étudié les conséquences des changements dans la pyramide des âges.

Si la population croissait de manière uniforme et stable, le poids relatif de chaque classe d’âge serait constant ; donc la demande des différentes classes d’actifs financiers serait stable elle aussi. Mais dans la réalité, la progression de la population n’est pas linéaire – le graphique ci-dessus en fournit une illustration parlante.

Etudiant la population américaine, les universitaires ont découpé le XXe siècle en cinq périodes de vingt ans, marquées par une alternance de natalité forte puis de natalité faible ; avec la génération des baby-boomers des années 1950 comme symbole d’une période de natalité débridée. Aux Etats-Unis donc, les chercheurs de Yale ont trouvé que le rapport entre le nombre d’enfants en 2002 et le nombre d’adultes en milieu de vie va reculer à environ 0,9 en 2018 (il frisait 1,2 au début des années 2000).

Les enfants de 2002 deviendront de jeunes adultes en 2022 et les adultes qui étaient jeunes en 2002 deviendront alors des adultes en milieu de vie ; une génération laisse de la place à la suivante, en gros. Comme chaque classe d’âge a des besoins financiers distincts, l’impact sur la demande d’actions et d’obligations est considérable.

… malheureusement, dans le mauvais sens pour les marchés boursiers ! La conclusion : une chute substantielle des niveaux de valorisation des actions est à attendre au cours des vingt prochaines années, écrivaient les chercheurs en 2002. De près de 30, le ratio PE (cours de l’action/bénéfice par action) devrait chuter jusqu’à 16, voire 5 d’ici 2022.

Vous voulez une mauvaise nouvelle ? Le SP 500 affiche un ratio supérieur à 20 actuellement ; il devrait donc encore reculer.

Allez, une deuxième mauvaise nouvelle ? Les chercheurs ont également identifié un cycle de 40 ans pour le prix des actions, qui ressemble beaucoup aux cycles de 50 ans identifiés par Nikolai Kondratieff il y a bientôt cent ans ; après les 40 ou 50 dernières années de hausse, cela promet un demi-siècle de souffrances pour ceux qui ne savent pas comment générer des profits de manière neutre au marché… ou trouver les vraies bonnes pépites indispensables.

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Marc Mayor
Marc Mayor

Marc Mayor est le fondateur et président d’Inside ALPHA, une entreprise helvétique spécialiste des approches financières éliminant le risque de marché (investissements dits « ‘neutres au marché »). Depuis plus de 10 ans, Marc analyse avec humour et sagacité le comportement des initiés de la Bourse, notamment dans les colonnes de sa rubrique hebdomadaire « Le Coin des Insiders », qui paraît chaque vendredi dans le quotidien financier L’Agefi (Suisse).

Auteur à succès, il préside aussi un cycle régulier de conférences réunissant des investisseurs, tant professionnels que privés, notamment sur le thème des métaux (de base ou précieux) et de l’énergie (fossile, nucléaire ou renouvelable).

4 commentaires pour “La démographie nous promet 50 ans de déprime boursière”

  1. Le plus grave dans cette affaire c’est quand même la tête de la courbe, comment notre Terre va-t-elle supporter tout ce monde. La surpopulation est le problème principal de l’humanité celui qui ruinera à néant tous les efforts que nous pourrons faire en matière d’environnement.
    Quand à la capitalisation boursière, pardon, de le dire sur ce site, mais ce n’est pas le principal finalement c’est purement conventionnel c’est la valeur que nous voulons bien attribuer au actifs. Le coeur du problème c’est quand même le monde réel et la beauté de la nature.

  2. Bonjour
    merci pour votre post ;
    vous comprendrez que même si vous pensez que ce n’est pas le plus important, nous n’abordons ici que l’aspect financier bien évidemment !
    cordialement,

  3. Incroyable ce que les financiers peuvent se prendre pour le nombril du monde ! Annoncer un repli de la bourse pour un demi siècle parce que le monde va littéralement subir une explosion démographique, ce n’est plus de la bourse, c’est de l’hibernation ! Est-ce que ce ne serait pas plutôt aux analystes financiers qui participent à la programmation des marchés actions de prendre en compte la physionomie du monde telle qu’elle se dessine à travers l’évolution de la démographie pour adapter les marchés actions à la nouvelle donne ?

  4. Et quand il y a trop de monde sur terre, d’après-vous que fait-on ?
    Jusqu’à maintenant cela s’est résolu par des guerres
    Est-ce un scénario impossible ?
    Avec des conséquences sur les bourses bien sur, mais qui profiterons de toute manière à certains

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