En attendant le violent rebond du sterling

Rédigé le 26 février 2010 par | Matières Premières Imprimer

La Banque d’Angleterre rassure…

Mardi matin, plusieurs membres du Comité monétaire étaient réunis autour du gouverneur King pour répondre aux questions du Parlement relatives à l’inflation.

Et si King a rapidement voulu rassurer sur les risques d’une grande dépression, selon lui « éliminée », le Comité monétaire s’est révélé beaucoup moins optimiste quant à la sortie de crise et leur politique monétaire qui les mènent dans le gouffre…

A contre-courant de tous…

Charles Bean s’est ainsi félicité que la dépréciation de la livre ait soutenu les exportateurs qui n’ont pas eu à baisser leurs prix et ont ainsi pu préserver leurs marges.

Cela en dit long sur la stratégie du Royaume-Uni qui profite allègrement de la liberté que lui procure la gestion de sa propre monnaie pour jouer sur les cours.

Dans le même élan et alors que tout autour de la planète les banques centrales évoquent les stratégies de sortie de crise, les membres de la Banque d’Angleterre, à contre-courant, n’ont pas hésité à affirmer qu’un nouveau recours au quantitative easing serait envisagé si besoin.

Et des besoins… il yen a !

Un « meilleur déficit » que celui des voisins… Sur la question du déficit, les réponses sont pour le moins étonnantes. En effet, M. King et ses amis considèrent que leur déficit est « mieux » que le déficit des voisins.

C’est un peu comme si être contaminé par le même virus que votre collègue, mais dans un état moins avancé, devait vous rassurer sur votre santé.

Si la maturité de la dette anglaise est plus éloignée que celle de la Grèce par exemple, n’oublions pas qu’un déficit qui approchera bientôt les 180 milliards est en train de se creuser. Ajoutez à cela l’absence de signes clairs de reprise, et vous avez un cocktail qui pourrait mettre le pays dans une situation inquiétante.

« La reprise est fragile »

… annonçait timidement King ce matin.

Mais peut-on même parler de reprise avec un PIB qui atteint péniblement les +0,1% au quatrième trimestre 2009 selon la première estimation ?

Graphique du PIB de la Grande-Bretagne

Jusqu’où ira la livre ?

A l’heure où j’écris cet article, la livre sterling, après avoir échoué sur le retracement des 50% de la baisse (de juillet 2008 au point bas de janvier 2009), a rompu le support à 1,60 et prend la direction plein sud pour viser potentiellement la prochaine résistance importante à 1,5080 $ US.

Graphique du GBP/USD

Cependant, il faudra rester prudent et bien surveiller l’inflation qui, si elle s’installait plus solidement dans les mois qui viennent, obligerait les autorités anglaises à réagir en évoquant un resserrement monétaire.

Aussi, le potentiel de baisse en dessous de 1,5080 $ US me paraît limité, et il sera peut-être prochainement temps de redevenir acheteur sur la monnaie anglaise qui, dès les premières rumeurs de hausse de taux, explosera à la hausse pour rejoindre son point d’équilibre vers 1,6500 $ US.

Bon trade.

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Jérôme Reviller
Jérôme Reviller

Passionné de finance et autodidacte, Jérôme Revillier dirige aujourd’hui une société de gestion spécialisée sur le marché des changes. Il collabore avec des investisseurs particuliers avertis, des institutionnels ou encore des hedge funds cherchant de la performance absolue.

Vous pouvez croiser Jérôme sur des salons comme Actionaria, le salon du Trading ou le salon de l’Analyse Technique – il parcourt aussi la France, la Suisse et la Belgique pour rencontrer les investisseurs et leur faire partager son approche bien particulière des marchés.

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