Il y a énormément d’argent à gagner en jouant l’éclatement des bulles

Rédigé le 7 juin 2017 par | Indices, sociétés et marchés, US Imprimer

A l’heure actuelle, un grand débat fait rage chez les analystes de marché, sur la question de savoir si une bulle sévit sur les marchés actions américains ou pas.

Les haussiers (bulls) se réfèrent aux solides rapports financiers du premier trimestre, aux perspectives de croissance positives établies par la Fed, au faible niveau de chômage, au dynamisme du marché immobilier, ainsi qu’à d’innombrables signes que l’on associe, historiquement, à une expansion économique persistante et à des cours élevés.

Les baissiers (bears) se réfèrent à une productivité en baisse, aux écueils démographiques, à la stagnation des salaires, aux ratios cours/bénéfices exagérés, à la reprise économique la plus faible de l’histoire des Etats-Unis, à une faible participation à la main-d’œuvre, et aux incertitudes entourant le programme de Trump – autant de raisons justifiant, selon eux, une correction des cours imminente.

Les deux camps ont raison. La difficulté, en science des bulles, c’est que le débat est totalement subjectif. Le moteur des bulles est psychologique. Il n’existe aucune définition chiffrée correspondant à une bulle. Au mieux, voici ce que peuvent dire ceux qui prophétisent une bulle : « je sais la reconnaître quand j’en vois une ».

En vérité, lorsqu’elles sont là, les bulles peuvent durer bien plus longtemps que prévu. Tout le monde s’en souvient, Alan Greenspan a qualifié le marché actions de bulle en 1996, lors de son discours sur « l’exubérance irrationnelle ». Il avait raison, mais il avait également trois ans d’avance. La bulle n’a pas éclaté avant fin 1999. Les gens ont gagné énormément d’argent en surfant sur le marché de 1996 à 1999, sous réserve d’avoir vendu au bon moment. Mais beaucoup ne l’ont pas fait.

En matière d’analyse de bulles, la clé consiste à observer ce qui la provoque. Si vous identifiez bien les dynamiques cachées, vous améliorez vos chances d’empocher d’énormes profits et d’éviter des pertes.

En se basant sur les données remontant au krach de 1929, la bulle actuelle a tout l’air d’être du type à provoquer d’énormes pertes brutales chez les investisseurs. A l’heure actuelle, le marché est particulièrement sensible à une violente correction, voire pire. Mais si vous appliquez une bonne stratégie au bon moment, vous pourriez gagner énormément, même (et surtout !) si les marchés s’effondrent.

Avant de nous présenter la meilleure façon de jouer les dynamiques de bulle, observons les éléments tangibles démontrant que cette bulle existe bien.

L’indicateur que je privilégie est le ratio cours/bénéfice de Shiller, corrigé des variations saisonnières (ratio CAPE). Ce ratio cours/bénéfice a été mis au point par Robert Shiller, économiste à l’université de Yale et lauréat du prix Nobel.

Plusieurs caractéristiques le distinguent des autres ratios cours/bénéfices que l’on vante à Wall Street. La première, c’est qu’il se base sur les bénéfices enregistrés sur 10 ans. Cela lisse les fluctuations fondées sur des facteurs psychologiques, géopolitiques et liés aux matières premières, lesquels ne devraient pas peser sur l’évaluation fondamentale d’une action.

La deuxième caractéristique, c’est qu’il ne s’appuie que sur le passé. Cela élimine ces scénarios trop optimistes concernant les perspectives de résultats, tant appréciés par Wall Street.

La troisième caractéristique, c’est que ces données pertinentes remontent jusqu’à 1870, ce qui permet d’effectuer de solides comparaisons.

Le graphique ci-dessous représente ce ratio de Shiller de 1870 à 2017. Deux conclusions s’en dégagent immédiatement. A l’heure actuelle, le ratio est quasiment au même niveau qu’en 1929, juste avant le krach qui a déclenché la Grande Dépression. La seconde conclusion, c’est qu’actuellement, le ratio est plus élevé qu’il ne l’était juste avant la crise de 2008.

Aucun de ces points de données ne prouve de façon catégorique l’existence d’une bulle. Le ratio était beaucoup plus élevé en 2000, lorsque la bulle Internet a éclaté. Rien ne permet d’affirmer que le marché va s’effondrer demain.

Mais le ratio de Shiller actuel valorise les actions à 182% du ratio médian de ces 137 dernières années. Etant donné que, par nature, les cours reviennent à la moyenne, ce ratio envoie des signaux de tempête, même si nous ne pouvons savoir exactement où et quand l’ouragan va débarquer.

Ratio de Shiller Pour agrandir le graphique, cliquez dessus

Après avoir établi la probabilité d’une bulle, nous pouvons à présent nous intéresser aux dynamiques de la bulle. L’analyse débute avec le fait qu’il existe deux types de bulles distincts.

Nous verrons demain ce qu’ils sont, et essayeront de comprendre dans quel type de bulle nous sommes… et quels sont les risques de krach qu’elle comporte.

*** Jim Rickards travaille sur les risques de marchés depuis plus de 45 ans. Il est passé chez City Group, a participé à gérer la faillite de LTCM en 1997 en tant qu’avocat d’affaires… a été recruté comme consultant en risques financiers par la CIA… et à présent, il prédit la fin du règne du dollar… et une once d’or à 10 000 $. Pour savoir ce que vous devez faire pour en profiter, lisez le livre de Jim Rickards ici.

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Jim Rickards
Jim Rickards
Rédacteur en chef de Strategic Intelligence

James G. Rickards est le rédacteur en chef d’Intelligence Stratégique, la toute nouvelle lettre d’information lancée par Agora Financial aux Etats-Unis. Avocat, économiste et banquier d’investissement avec 35 ans d’expérience sur les marchés financiers de Wall Street, Jim est également l’auteur de Currency Wars et de The Death of Money, deux ouvrages devenus best-sellers du New York Times. Enfin, Jim est également chef économiste pour le fonds d’investissement West Shore Group.

Il est également rédacteur en Chef de Trades Confidentiels et Alerte Guerre des Devises.

En savoir plus sur le service d’Intelligence Stratégique.

Un commentaire pour “Il y a énormément d’argent à gagner en jouant l’éclatement des bulles”

  1. Bonjour,

    Merci mais comment intégrez vous le fait que les taux d’intérêt, qui actualisent les résultats futurs, sont au plus bas et n’ont plus rien à voir aux taux des années 1970 à 2000 par exemple ? Il serait intéressant de ramener cette courbe aux taux d’intérêt de chaque période. En effet, vous savez bien que cours d’une action est sa séquence de résultat futur ramenée aux taux d’intérêt. Aujourd’hui les taux sont très bas et remontent très légèrement. Il y a des années les taux avoisinaient les 5 à 7%. Cela ne donne pas du tout le même cours si on actualise ou non les résultats futurs.

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