G20, Dow Jones : retour de la confiance, mais besoin de souffler pour Pâques

Rédigé le 9 avril 2009 par | Analyses indices, Autres indices, US Imprimer

La fin de la semaine dernière a été marquée par un événement planétaire que beaucoup attendaient, notamment sur les marchés financiers : le G20. Nos médias nous l’ont pour la plupart vendu comme un formidable succès… mais quel est vraiment le bilan ?

C’est la fin du secret bancaire, se réjouit le communiqué final, et des listes ont été établies : une liste noire des paradis fiscaux — réduite à trois pays ; mais aussi une liste gris clair, et une gris foncé. Je vous assure, ce ne sont pas des blagues ! Plus de régulation concernant les hedge funds et les rémunérations des dirigeants a été exigée.

Donc concrètement… A part un plan global de 1 000 milliards pour les institutions financières, dont 500 milliards de plus pour le FMI, qui pourra vendre de l’or (certains l’auront noté au passage…) pas grand-chose de concret malheureusement.

On notera par exemple que la question des actifs dits toxiques, en particulier les CDS (Credit Default Swaps) n’a pas été évoquée ; ni la question du dollar comme monnaie de référence, ou encore celle d’un plan de relance énergique à court terme. Sur ce dernier point, les Etats-Unis et la Chine ont en effet fait des efforts beaucoup plus importants en termes de PIB que l’Europe. Chez nous, les plans de relance dépassent de peu les 1% du PIB en moyenne, alors que le FMI recommande au minimum 2%, et que celui de la France, pour l’anecdote, est inférieur à 1% de notre PIB…

Cette grande opération de communication semble avoir donné un peu plus de confiance aux marchés financiers, et c’est tant mieux. Les marchés, c’est aussi et surtout de la psychologie (d’où l’intérêt de l’analyse technique), mais pour les résultats concrets de cette réunion, sur la régulation, comme sur les autres sujets, je demande à voir dans les mois qui viennent…

Mais comme promis, revenons justement à l’analyse technique, à la situation à court et à moyen terme des indices américains, et notamment du Dow Jones Industrial, dont vous trouvez ci-dessous le graphique journalier.

Graphique du Dow Jones Industrial

Fin janvier dernier, je vous parlais dans ces colonnes du S&P 500, son « grand frère« , alors autour des 850 points, et de mon objectif à 741 points, niveau majeur s’il en est, correspondant au point bas de l’année dernière, mais aussi proche de celui d’octobre 2002.

Ce point, qui équivaut sur le Dow Jones au support des 7 450, a été atteint quelques semaines plus tard, puis finalement cassé après une hésitation de quelques jours, pour une nouvelle accélération baissière, qui aurait pu avoir pour objectif les 600 points. Il s’est arrêté un peu avant, les indices étant en bas de canal baissier, comme le secteur bancaire. Je vous ai d’ailleurs proposé une analyse sur ce secteur, il y a un peu plus d’un mois, vous permettant de profiter de ce rebond, et les indicateurs de sentiment le confirmant ensuite.

Quelle est la situation à moyen terme ? A moyen terme, comme je l’ai souligné dans mon dernier billet, ce rebond semble différent des autres sur le plan technique, et les volumes hebdomadaires sur le fameux Dow Jones, notamment, ont été significatifs début mars.

Le RSI à 14 semaines, pour ne citer qu’un seul indicateur mathématique, a également donné un signal d’achat à moyen terme en dépassant l’oblique baissière contre laquelle il butait depuis mai 2007, le mois dernier.

Pour ne rien gâcher, certaines statistiques commencent à confirmer ce que l’analyse technique nous permettait d’anticiper, avec une diminution des stocks, et un début de reprise dans l’immobilier aux Etats-Unis.

Toutefois, un changement de psychologie du marché prend du temps, et cela demandera à être confirmé dans les prochains mois. Mais si nous ne cassons pas les 6 469 points comme je l’envisage, après une saine consolidation, le rebond pourrait alors se poursuivre à moyen terme. Vous pourrez alors viser les 8 293 points, puis le rebond devrait accélérer vers la zone psychologique des 10 000 points, pour buter enfin sur la résistance horizontale à 10 360 points, ancien point bas d’un certain mois de septembre 2008… qui coïncide à quelques points près avec le retracement de 50% de la baisse depuis 2007, à 10 334 points.

Quelle est la situation à court terme ? Sur le graphique ci-dessus du Dow Jones, la tendance à court terme depuis octobre 2008 est limpide. Elle reste baissière, et s’inscrit parfaitement dans ce canal, s’appuyant alternativement en bas de ce canal puis butant en haut de celui-ci. La dernière réaction du 6 mars dernier en bas de canal à 6 469 points a d’ailleurs été puissante, et d’une précision remarquable. Elle a d’ailleurs été confirmée le lundi suivant par le stochastique que l’on voit sur le graphique, celui-ci repassant au-dessus de la zone des 20, et donnant un signal d’achat à court terme.

Aujourd’hui, ou en sommes-nous ? Nous nous approchons maintenant du haut de ce canal baissier sur le Dow Jones, celui-ci étant à 8 250 points cette semaine. A court terme, cette résistance sera très difficile à passer. Elle correspond qui plus est au retracement de 23,6% de toute la baisse d’octobre 2007 à mars 2009 sur l’indice, à 8 293 points.

Enfin, sur le plan des indicateurs mathématiques, on note un certain essoufflement ces derniers jours, et le RSI à 14 jours bute contre une oblique baissière au niveau des 62 qu’il n’a pas réussi à franchir depuis octobre 2007 !

Après avoir repris près de 25% en un mois, à court terme, une consolidation du mouvement initié en mars est donc probable, avec des objectifs au niveau des supports à 7 450 points et 7 100 points.

Le « newsflow« , flux de nouvelles économiques, à court terme, après le chiffre du chômage de vendredi dernier aux Etats-Unis, de 8.5%, soit plus de 5 millions de chômeurs depuis début 2008, deux fois plus qu’à cette date, avec les premiers résultats du sinistre premier trimestre dans les jours qui viennent, pourrait d’ailleurs inciter les opérateurs à prendre quelques bénéfices appuyés, alors même que nous approchons du haut de canal baissier, ce serait une nouvelle preuve de la complémentarité de l’analyse financière classique et de l’analyse technique !

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Sebastien Duhamel
Sebastien Duhamel

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