Grande Correction au G20

Rédigé le 25 juin 2010 par | Apprendre la Bourse Imprimer

Par Vanessa Popineau, pour la Rédaction

La prochaine réunion du G20 se tiendra les 26 et 27 juin à Toronto — précédée du G8 ce jeudi. Dans ce contexte de crise mondiale, les pays les plus riches — de dettes ? — de la planète statueront autour des solutions à mettre en place pour soutenir au mieux nos économies en perdition — en sous-texte ici nos économies occidentales. Les résolutions prises seront cruciales pour l’avenir.

Comme l’a dit récemment Bill Bonner dans les colonnes de La Chronique Agora, « nous sommes au début d’une Grande Correction. » Pour lui une Grande Correction :

« C’est ce qu’on obtient quand un grand nombre de choses doivent être corrigées en même temps. Lorsque la crise de 2007-2009 est arrivée, les économistes ont immédiatement commencé à parler de « reprise ». Mais il n’y avait aucune chance de voir l’économie revenir à ce qu’elle avait été — c’est-à-dire aux excès, à l’exagération et à la fragilité. Elle ne pouvait faire demi-tour. Elle devait avancer. »

Elle devait avancer… et effectivement elle continué sa route, sur des chemins scabreux la conduisant ainsi, de plan de relance en émissions obligataires, vers le surendettement et l’austérité. Comme le souligne Cécile Chevré dans La Quotidienne de MoneyWeek :

« L’économie est malade. Et pas un malade imaginaire. Mais les médecins qui se penchent sur son cas sont eux des imposteurs. Des médecins imaginaires.

Quand l’économie est tombée malade, ils ont appliqué ce qu’ils pensaient être des traitements de cheval : une baisse des taux directeurs (ce qui revient à inonder l’économie de liquidités) et des plans de relance massifs — qui ont créé des déficits tout aussi massifs.

Au final, la croissance peine à reprendre. Nos doctes docteurs se grattent la tête et reprennent les consultations pour dénicher les nouveaux remèdes qui pourraient sauver l’économie occidentale. Malheureusement, ils n’arrivent même pas à se mettre d’accord. »

Résultat ? Nous sommes dans le pétrin. Face à ce constat, peut-on raisonnablement parler de reprise ? Oui, une reprise a bien été générée… mais elle bat son plein hors de nos contrées occidentales — dans les pays émergents ! De notre côté, il s’agit plutôt d’un semblant de reprise alimentée par d’abondant discours politico-médiatiques.

Des belles paroles à la réalité il y a plus qu’un gouffre. Emploi, déflation, immobilier : la crise persiste et signe. Chômage cannibale, chiffres de l’immobilier friables et consommation fluctuante, assurance-vie, retraite : l’euthanasie financière des retraités français est programmée… A ce stade peut-on encore parler de reprise — sinon en termes mensongers ? Visiblement le G20 à du pain sur la planche.

De notre côté, que devons-nous faire pour conserver notre pouvoir d’achat ? Que ce soit dans Vos Finances ou dans Défis & Profits, nos analystes s’accordent sur un point. Nous devons nous intéresser aux pays émergents. Nous devons nous positionner là où il y a de la croissance. Comme le constate Ingrid Labuzan :

« La donne a changé. Nous autres investisseurs, nous nous intéressons de près aux BRIC pour leur potentiel de croissance, portée par une classe moyenne en pleine explosion, qui a soif de consommer. Figurez-vous que les entreprises françaises elles-mêmes — et je ne vous parle pas seulement des mastodontes du CAC 40, mais bien des petites PME — regardent elles aussi vers les émergents. »

En conséquence, comme le dit si bien Frédéric Laurent :

« Optons pour un stratégie Euro-émergente. Il s’agit d’investir sur des valeurs européennes, mais qui orientent désormais leur stratégie et leur développement sur les zones de croissance, et dont le chiffre d’affaires est de plus en plus généré par ces zones à fort potentiel. Pour conjurer la croissance molle qui grevait nos pays européens, il est nécessaire de composer avec des pays qui ont du jeu. Dès lors, notre nouveau playground se trouve dans les zones situées plus à l’Est de notre globe, notamment en Asie. »

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